Accueil | Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Mot-clé - lecture

Fil des billets - Fil des commentaires

dimanche 5 septembre 2010

Dossier A.

Dossier A Whilhelm Endre, riche homme d'affaire Autrichien, a une passion : l'Atlantide. Il possède des documents importants qui permettent de relancer la recherche de l'île mythique, et réuni donc une poignée de mécènes pour les inciter à mettre leurs moyens en commun. Pour repartir en quête, Endre engage Iriya, un archéologue japonais déchu. Mais les mécènes, qui se rencontrent pourtant anonymement et masqués, sont assassinés les uns après les autres par une société secrète chargée de la protection de l'Atlantide. Ils finissent même pas avoir Endre. Iriya part malgré tout à la recherche de l'île, accompagné par Yuli Endre, la fille de l'homme d'affaire, sur les traces du récit de Socrate et d'illustres archéologues qui auraient approché l'Atlantide, en tentant de déjouer tous les pièges dressés sur sa route.

La trame de ce nouveau manga, publié en France depuis un an, ne semble pas d'une extrême originalité : le thème a déjà été rabâché un bon nombre de fois. Néanmoins, Dossier A. se révèle très efficace et intéressant à la lecture. Les deux héros principaux, Iriya et Yuli, voyagent beaucoup, ils nous emmènent partout sur la planète. La trame historique est très riche et très détaillée, on sent que les auteurs se sont très largement documenté : il est difficile de démêler les vraies infos (vraies données des mythes et légendes) de la partie scénarisée. Beaucoup d'informations liées aux légendes grecques, aux récits de l'Iliade / Odyssée ou aux Timée et Critias correspondent à des données réelles : le scénario emprunte beaucoup de données "exactes" pour forger son histoire, et cela le rend encore plus réaliste.

Les scénaristes ont aussi établi de nombreuses liaisons entre légendes européennes et japonaises. Je ne sais pas si elles sont réelles ou non, c'est du domaine du plausible, mais c'est une idée bien trouvée, et cela appuie les habituelles annotations sur les traditions japonaises que font les traducteurs.

L'histoire est centrée sur Iriya, mais les narrateurs ont fait le choix, entre certaines séquences très rythmées, de s'attarder sur les histoires personnelles des autres personnages, même très secondaires. Certains de ces apartés sont drôles, touchants, émouvants même, et racontent des moments de vie des personnages, des décisions qu'ils ont pris, des évènements qu'ils ont vécu, et qui expliquent leur comportement, leur mode de vie ou leur folie. Cela peut avoir un lien avec la quête de l'Atlantide, ou non : certains récits n'ont rien à voir avec l'histoire générale :-) La mère d'Iriya me fait mourir de rire... J'ai lu à gauche ou à droite que cela agaçait certains lecteurs, que l'histoire n'avançait pas très vite, mais moi cela ne m'a pas perturbé, bien au contraire : j'aime bien cet attachement aux seconds couteaux, et cela leur donne beaucoup de profondeur au récit et d'existence.

Il y a actuellement 5 tomes publiés en France (le 6ème sortira en octobre). L'histoire se déclinerait en une quinzaine de tomes au Japon (j'ai lu 14, 15 et 16 sur différents sites...). On sait donc où l'on va et à quoi on s'engage en lisant ce manga (il n'y a pas de mauvaise surprise, ce n'est pas le cas de tous : certains peuvent cumuler des dizaines de tomes sans véritable fin, d'autres semblent plus ou moins abandonné, comme le génial mais presque inachevé XXX Holic).

A titre personnel, j'y ai trouvé un attrait supplémentaire à la lecture : je trouve Iriya, le héros, extrèmement sexy. Moui, je sais, il faut être sacrément désaxé pour trouver un héros de manga sexy, mais ce n'est pas la première fois. Ulysse, Audric (le père de Jayce), Rock (le samouraï de la Terre dans Yoroiden Samurai Torūpā) : je les collectionne et les affectionne :-) . Je dois avoir un problème avec la représentation masculine dessinée. Cela me rappelle une anecdote : à ma première visite du grand musée de Montpellier, le Musée Fabre, lorsque je me suis installé ici en 2000, je suis tombé fou amoureux d'un jeune homme d'une vingtaine d'année, anonyme, dont le portait avait été peint au XIXème siècle... Le petit portrait, qui ne devait pas faire 20cm de coté et de haut m'a littéralement transporté et fait fantasmer pendant des jours... (coupdechaud)

Bref, je m'égare.

Un thème pas trop original mais un excellent traitement et une grande richesse dans la documentation : vous passerez un très bon moment avec Dossier A. !