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dimanche 27 juillet 2008

Yahoo Music Store : les clients honnêtes encore dindons de la farce

Chaînes Faute d'avoir su anticiper la révolution de la musique numérique, ou même d'avoir su s'y adapter, les maisons de disques se sont arc-boutées sur leurs monopoles et ont tout fait pour protéger leur modèle économique complètement dépassé à l'heure d'Internet et de la transmission de données rapide et quasi-gratuite.

Cela les a conduit notamment à mettre en place des systèmes de verrous numériques, avec la complicité des éditeurs de logiciels (Microsoft et Apple au premier rang), pour contrôler qui a le droit de faire quoi avec les fichiers de son ordinateur. Ainsi, lorsqu'une personne achète un fichier musical sur iTunes ou dans une autre boutique de vente en ligne, il récupère un fichier qui contient un certain nombre de droits (droits de lecture, droits de gravure, droits de copie sur des périphériques...). Ces droits, parfois en nombres limités (par exemple, x copies sont autorisées sur les lecteurs MP3, au delà, il n'est plus possible de faire cette opération), sont révocables. Ils sont vérifiés par des serveurs (iTunes ou Microsoft), qui valident les autorisations d'accès et les utilisations. En cas de panne ces serveurs (cela est arrivé chez Microsoft), les droits des utilisateurs ne sont plus reconnus, l'accès aux fichiers ou à certaines fonctions peut être bloqué.

Ces technologies, dites DRM, sont heureusement en voie de disparition. Elles restent très largement implantées dans les téléphones portables, sur les lecteurs MP3, dans les platines DVD, les décodeurs TV de nos fournisseurs d'accès à Internet... Mais les boutiques de vente de musique en ligne ont compris qu'elles ne posaient plus de problèmes qu'elles en solutionnaient. Et qu'elles n'embêtaient que les personnes honnêtes : les pirates de musiques eu ont vite fait de détourner le système. Cependant, grâce à un lobbying très intensif, les DRM ont été imposés dans le droit français en 2006 via la loi DADVSI. Dans ce texte sont notamment punis les contournements et cassages des mesures de protection comme les DRM...

Le sujet avait un peu disparu des écrans, pourtant le revoilà sur le devant de la scène : le 30/09, Yahoo Music Store va arrêter ses actuels serveurs de contrôle de DRM (actu sur le blog de SVM) pour les remplacer par une autre solution. Bilan : toutes les musiques protégées achetées via Yahoo Music Store ne seront plus utilisables en cas de réinstallation de l'ordinateur, de mises à jour de certains composants logiciels (Windows notamment), etc. Les utilisateurs honnêtes se sont encore fait bananer, les morceaux qu'ils ont acheté légalement ne sont pas réellement en leur possession pleine et complète. Le plus croustillant, c'est que, pour conserver leur musique, on leur conseille de la graver sur CD (mais cela ne s'apparente-t-il pas à un contournement des mesures de protection, puni de 6 mois de prison et 30000€ d'amende... ?).

Microsoft avait aussi annoncé la fermeture de son site de téléchargement de musique, MSN Music, avant de faire volte-face. On peut espérer que Yahoo fasse de même pour ses utilisateurs..

Les DRM sont nocifs ; voilà encore un exemple qui le démontre.




Deux exemples de problèmes liés aux DRM :

Mise à jour : On peut aussi lire l'intéressante interview de Jean-Bernard Magescas (président de Fon France) sur la loi Hadopi et le lobbying exercé par les Majors auprès des Gouvernements, notamment dans l'espoir de maintenir leur modèle économique.




(c) photo : SpejoBlancoNegro : original (licence : CC-ByCC-By-NDCC-By-NC).