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vendredi 13 mars 2009

Migration de printemps

Vue TGV J'ai vraisemblablement travaillé dans le bon sens fin janvier, en remettant mon rapport d'activité écrit, réécrit et réréécrit : je viens de passer la première étape d'un concours interne qui pourrait me permettre de monter un peu en grade [1]. C'est un soulagement de passer au travers du premier écrémage, mais le plus dur reste à faire : j'ai un oral en mai à Paris.

Le stress commence à monter puisque nous sommes nombreux sur les rangs, c'est loin d'être gagné : il y a encore 40 candidats pour 6 postes, il va falloir être brillant et convainquant. Et ne pas faire de gaffe, comme la fois où j'avais tutoyé le membre d'un jury qui attendait dans un hall, comme les candidats, en pensant que c'était un collègue... Ce qu'il était d'ailleurs, après tout :-) . Mais bon, je ne vous dis pas à quel point j'étais à l'aise en me présentant devant le jury (coupdechaud) . Heureusement que je n'avais pas eu l'idée de le draguer. Mais j'aurais pu, ça aurait été une gaffe de mon niveau...

Bref. Le coté positif de l'affaire, c'est que cela fait 1 ou 2 ans que j'ai envie de faire un saut à Paris, pour retrouver certains lieux que j'apprécie particulièrement et me faire quelques expos. Mon mari refuse de faire l'escapade sur un week-end prolongé, mais là, comme je suis "obligé" de faire le trajet, je compte bien en profiter, avec ou sans lui.

Paris au mois de mai, c'est quand même plutôt sympa, c'est même probablement l'un des meilleurs moments. Bon, je n'ai plus qu'à organiser l'ordre des musées 8-) .




(c) photo : Ciloé : original (licence : CC-By).

Notes

[1] Si je suis promu, je monterais en grade mais je perdrais un peu de salaire, du moins sur le court terme, pendant 1 ou 2 ans... Vive l'Administration...

mardi 30 décembre 2008

Fallait pas mater le vigile de la gare de Lyon

Réchauffez ce pauvre CRS ! Me voici de retour après les pérégrinations familiales de Noël. Ouf... Je reviens chargé de cadeaux et victuailles en tout genre, et notamment une demi-tonne de fromages du Massif Central, où habite ma frangine.

Le trajet de retour s'est bien passé, mais ça a failli mal tourner à Lyon Part-Dieu. Je n'ai jamais les yeux dans ma poche, et pendant les 90 minutes d'attente entre mes deux trains, mon regard a pas mal balayé les passants dans le hall de la gare. Sans forcément mater systématiquement, d'ailleurs : j'aime bien regarder les gens, aussi bien mecs que filles, pour essayer de deviner qui ils sont, ce qu'ils font, où ils vont, etc. Jusqu'à ce que mon regard croise celui d'un p'tit mec plutôt charmant, qui me retourne mon regard, direct droit dans les yeux. Je découvre trop tard qu'il s'agit en fait d'un agent de sécurité (CRS, police ou autre... Je ne me suis pas attardé sur l'uniforme), accompagné de deux militaires... Oups.

Ça n'a pas loupé. Il se dirige droit vers moi : "Bonjour monsieur, contrôle d'identité, vous avez vos papiers et votre billet de train ?". Et merde.

Sans faire le malin (je suis un garçon docile), je les lui tends. Il entame la conversation : "Monsieur, nous sommes en plan Vigipirate, votre train ne part pas tout de suite : est-ce que vous seriez prêt à vous soumettre à une fouille de vos bagages avec un chien, pour détecter des explosifs ou des stupéfiants ?".

Là je sens que ça part en couille : je n'ai rien à me reprocher, mais je commence à flipper un peu. Rhâ, la pression de l'uniforme et la peur des flics : nous sommes bien conditionnés... Je ne réponds pas assez vite à son goût, essentiellement parce que la seule réponse qui me vient à l'esprit, c'est "Une fouille ? Mmmm, oui, mais uniquement si c'est toi qui le fait, chéri.". Pas très approprié, dans cette situation (coupdechaud) . Bref, il enchaîne : "Vous savez, si vous avez des choses à vous reprocher, genre votre consommation personnelle, il vaut mieux que vous me le disiez tout de suite, cela vous évitera des problèmes après."

C'est là que ça fait tilt dans mon esprit : il n'a pas l'intention de me fouiller, il veut juste me faire un peu flipper pour que je lui balance ma "conso personnelle". Oulà là ils sont fins psychologues nos pandores (rolleyes) . Je suis rassuré, je lui balance donc quelque chose du genre "A moins que la fourme d'Ambert ne soit un produit illicite, non, je n'ai rien." Il me regarde de travers (rhoooooo qu'il est mignon quand il n'est pas content (love) ) et me rend mes papiers : "C'est bon, vous pouvez y aller. Joyeuses fêtes."

Une jeune maman, qui attendait à coté de moi, m'a regardé en se marrant : "C'est vrai que vous avez une tête de terroriste, vous êtes terrifiant. En attendant, heureusement que c'est vous qu'ils sont venu voir : j'aurais eu plus de problèmes si cela avait été moi !!". Ha bah bravo la maman (bravo) !

Le reste du voyage s'est bien passé. Mais il faudra vraiment que je récapitule un jour toutes mes histoires liées à la SNCF, y'en aurait des tomes et des tomes.



PS : Si le beau papa brun très poilus et aux yeux sombres qui était en face de moi dans le TGV veut confier ses enfants pendant une petite heure à sa femme et venir me faire des bébés, il peut sans problème, il lui suffit de me contacter sur le formulaire idoine "Me contacter" (love) .



(c) photo : FELIX LE FE - original (licence : CC-ByCC-By-CACC-By-NC).

samedi 6 octobre 2007

6 Octobre 1997 - Tournée méditerranéenne

Après avoir passé le cap des 30 ans, en février, je me suis surpris à regarder en arrière. 10 ans se sont écoulés depuis la fin de mon premier diplôme, un nombre rond symbolique, une excellente occasion pour ressortir mes notes et retracer quelques souvenirs de cette époque.

Massif de l'Esterel Ce lundi 6 octobre était une journée un peu spéciale. Nous partions tous très tôt en bus en "tournée forestière", c'est à dire une expé d'une semaine complète loin d'Annecy, sur une thématique précise. Destination : le sud de la France, pour une "tournée méditerranéenne".

Le lundi, après une grosse matinée de route, nous nous sommes arrêtés du coté de Forcalquier, à quelques pas de la Montagne de Lure. Un joli village plein de charme, entouré d'une végétation un peu rude. Sur place, nous avions rendez-vous tout l'après-midi avec un agent de l'ONF qui devait nous parler de la mise en valeur des hêtraies locales. La plupart des interventions que nous avons eu n'ont pas laissé une grande trace dans ma mémoire ; comme toujours, certaines étaient de qualité, d'autres moins intéressantes, voire carrément rasantes. Dans l'ensemble, grâce à mes deux années en Ardèche, j'avais une bonne connaissance des problématiques et des acteurs de la forêt méditerranéenne, je n'ai donc pas appris énormément de choses. Par contre, j'ai découvert beaucoup de coins et paysages que je ne connaissais pas. J'avais aussi le plaisir de voir que mes connaissances botaniques n'avaient pas trop baissé, j'ai été horrifié par certaines détermination de plantes faites par les enseignants. Comment peut-on confondre la méditerranéenne Clematis flammula et la très commune Clematis vitalba, même si ce sont deux clématites ?

En fin d'après-midi, nous avons quitté Forcalquier pour prendre la direction de Digne. Je connaissais déjà le coin pour avoir été en famille dans la réserve géologique (notamment pour admirer la célèbre et impressionnante dalle aux ammonites), mais de toute façon, nous n'étions là que pour quelques heures, juste pour la nuit. Nous étions hébergés dans un centre de vacances un peu à l'extérieur de la ville. J'en garde un assez mauvais souvenir, je crois que c'était un peu vétuste et pas très propre. En plus, nous étions en dortoirs de 6 ou 8, pour les mecs, et cela ne me mettait pas très à l'aise. Même maintenant, en étant gay bien assumé, je ne suis pas sûr d'apprécier :-D 8 mecs de 18 ans bourrés d'hormones dans une même pièce, je ne vous dit pas la nuit que certains ont passé. J'ai éprouvé un certain malaise à être le seul lit qui ne couine pas quand la lumière a été éteinte. Le réveil a été dur pour certains qui ont passé la nuit à se palucher le guignol.

Nous sommes partis tôt le lendemain, après un petit-déjeuner vite expédié, et avons quitté les Alpes de Haute-Provence pour rejoindre le Var, et plus précisément la commune de Montmeyan. Ce département étant l'un des plus boisés de France, il est extrêmement exposé aux problèmes d'incendies estivaux. D'ailleurs, il fait régulièrement et tristement la une des actualités l'été sur ce sujet. Nous avons rencontré un technicien forestier qui nous a parlé de la mise en valeur de la garrigue du Haut Var, et de la défense des forêts contre l'incendie. Après les quelques semaines d'activité de pompier, j'étais forcément très sensibilisé au sujet, et je me souviens avoir beaucoup discuté avec lui des différents dispositifs de protection proposés par le département.

Le soir, nous avons gagné Saint-Raphaël : un hôtel nous attendait pour passer la nuit. La soirée a été vraiment médiocre. Je ressentais un déphasage toujours plus important avec mes collègues, et cela s'est encore accru ce soir-là. Je suis un garçon ennuyeux raisonnablement sage, qui n'a jamais cédé à la facilité des drogues et qui ne boit pas ou vraiment très peu (un verre de vin pour accompagner un repas, oui ; du whisky-coca en perfusion toute la soirée avec juste pour but de se murger, non). Du coup, je me sentais complètement extra-terrestre en étant le seul à ne pas me décalquer la tête (et à ne pas vomir tripes et boyaux à 22h30). En bon ours mal léché, je me suis vite isolé sur un bout de plage (elle n'est vraiment pas large la plage de St-Raph, quand on connaît les plages atlantiques), pour ruminer de sombres pensées. J'étais dérangé de temps en temps par un collègue qui cherchait un coin discret pour vomir, puis à un moment avancé de la nuit, deux collègues un peu plus sobres que les autres sont venus me rejoindre. Nous avons beaucoup parlé, et c'est ce soir là qu'à commencé à germer le sentiment que je ne resterais pas longtemps dans cette formation.

Le réveil a été douloureux pour beaucoup, le lendemain, surtout pour quelques uns plus jeunes pour lesquels c'était la première grande escapade loin des jupons maternels, et donc, la première grosse cuite. Nous avions rendez-vous dans le très beau massif de l'Estérel. L'exceptionnelle géologie du site et l'influence du climat méditerranéen ont façonné un lieu extraordinaire. Malheureusement, il est très régulièrement ravagé par les incendies. Le sujet de l'intervention du jour était justement la protection des forêts du littoral méditerranéens et du cas particulier de l'Estérel ; je me souviens d'une magnifique journée, d'une très belle randonnée au coeur du massif, et de deux gardes forestiers passionnants. Et de ma satisfaction de voir certains des collègues traîner la patte, à cause des excès de la nuit... Je sais, je suis mauvais (des fois)...

Nous avons passé la nuit à Boulouris (une station qui semble sur la même commune que Saint-Raphaël, mais qui ne m'a laissé aucun souvenir...), puis sommes partis le lendemain pour Cogolin, un village situé au pied du massif des Maures (ce massif jouxte l'Estérel). La fatigue, les nuits courtes et ma mauvaise humeur commençait à me peser, et j'ai pas été très réceptif ce jour-là. Le sujet (la mise en valeur des peuplements des Maures) n'était pas très excitant. Est-ce là qu'on nous a montré les plantations de chêne-liège ? Je ne sais plus, mais cette partie là n'était pas trop mal. Ces chênes qui se protègent des incendies grâce à leur écorce (mais que l'on écorche à vif pour récupérer le liège) sont donc extrêmement exposés aux incendies. Si le feu passe après que le liège ait été prélevé, on ne peut guère espérer que l'arbre s'en sorte. Je suis sûr que c'est ce jour-là, par contre, que nous avons vu les plantations d'Eucalyptus. Cela m'a marqué car nos profs nous en avaient beaucoup parlé avant le voyage : les tentatives de plantation d'eucalyptus ont été nombreuses dans cette région, donc le climat est très propice (l'eucalyptus ne supporte pas le gel). Manque de chance, à chaque fois que les arbres arrivaient à une maturité suffisante (je crois qu'il pousse assez vite), un gel ravageait les cultures. Cela amusait beaucoup mes enseignants...

Nous avons passé la nuit en Avignon, dans un hébergement sur l'île de la Barthelasse. Avec quelques uns, nous avions été nous promener de nuit dans la ville, espérant pouvoir faire un tour sur le fameux pont (tourist power), mais une cruelle déception nous attendait : le pont n'était pas en libre accès (et même, si mes souvenirs ne me trahissent pas, était payant). Vous avons donc vadrouillé quelques heures sans but avant de rentrer sagement nous coucher.

Le dernier jour, nous étions attendus sur les pentes du Mont Ventoux, du côté de Sault. Nous avons rencontré un technicien de l'Office National de la Chasse, pour parler de la gestion des réserves de chasse dans les espaces boisés du Ventoux. C'était une très belle balade, par une journée mitigée (le climat en haut du Ventoux aux prémices de l'automne, c'est pas génial). L'intervenant était très intéressant : je ne suis pas un supporter de la chasse traditionnelle, je trouve cette activité barbare (du moins telle qu'elle est pratiquée par une majeure partie des chasseurs). Il existe néanmoins de plus en plus de chasseurs qui ont une vraie conscience de leur impact et de ce qu'ils peuvent apporter à l'écologie des régions qu'ils parcourent. Les chasseurs sont devenus des acteurs incontournables pour réguler les populations de nuisibles (les sangliers, par exemple... Même si l'explosion de la population de sangliers est due aux chasseurs), ou pour entretenir certains certain secteurs, ou tout bêtement pour entretenir les sentiers. Le gars de l'Office m'a donc un peu réconcilié avec les chasseurs.

Après une journée bien remplie, nous avons repris la route de la Haute-Savoie en fin d'après-midi. Nous sommes arrivés très tard dans la soirée, et la transition entre le climat méditerranéen et le climat montagnard nous a surpris. Les Savoies avaient basculé vers l'hiver. Il a fallu gratter les voitures pour enlever la glace, alors que nous n'avions qu'une envie : nous précipiter sous la couette. Il n'était pas loin de minuit quand j'ai regagné mon appartement. Complètement fourbu, il fallait quand même que je mette le réveil pour le lendemain matin : le groupe B avait informatique... Et dire que j'aurais pu zapper... Heureusement, l'école nous avait donné le lundi pour récupérer : deux jours n'étaient pas de trop.

Et moi, j'avais besoin d'un peu de solitude, après cette semaine oppressante passée en groupe.






Photo : la corniche de l'Estérel (c) Luiginter : original (licence : CC-By).