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Mot-clé - Socialistes

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lundi 30 mars 2009

Flagrant délit d'invention ou de mensonge

L'omniprésident Lorsque Sarko a fait son homélie devant ses ouailles, à St Quentin, il y a quelques jours, j'ai été très surpris par une information. Dans le discours de notre mésestimé président, il y avait un paragraphe sur l'existence d'un bouclier fiscal en Allemagne : ce bouclier limitait à 50% les prélèvements de l'Etat allemand sur les revenus, et était même inscrit dans la Constitution de l'Etat Fédéral. Et Sarko d'ironiser (en gros) : "les socialistes allemands n'y trouvent rien à redire, alors pourquoi les socialistes français me cassent les boules à vouloir restreindre notre bouclier fiscal à nous ?" [1].

Je n'avais jamais entendu parler de ça, mais je n'ai pas la science infuse, j'ai donc laissé passer. Et bien heureusement que certains médias veillent ! Grâce à Politique.net, qui cite Médiapart, j'apprends que ce bouclier allemand constitutionnel... n'existe pas ! Il s'agit d'une invention pure de Sarko ou de sa plume, toujours désireux de justifier ses lois iniques.

Encore une fois, plus c'est gros, plus ça passe... La prochaine sera encore plus énorme, promis.

Notes

[1] La citation réelle est la suivante : "Ne pas prendre par l'impôt direct plus de 50% du revenu d'un ménage, c'est un principe de liberté, de liberté. C'est un principe qui est en Allemagne inscrit dans la Constitution – nos amis allemands, principaux concurrents, principaux partenaires, notre grand voisin. Le principe que l'Etat n'a pas le droit de prélever plus de 50% de l'argent gagné par un contribuable allemand. Les Allemands y sont tellement attachés qu'ils l'ont inscrit dans la Constitution (...). Il ne viendrait naturellement à l'idée d'aucun membre de la CDU de revenir sur cet engagement, mais – plus intéressant – d'aucun socialiste allemand non plus. J'aimerais que ce que les socialistes allemands ont compris il y a 25 ans..."

jeudi 6 novembre 2008

Pendant que les militants socialistes votent...

Benoit Hamon Comme prévu, j'étais hier soir au meeting de Benoît Hamon, à Montpellier, ultime étape de son tour de France des sections socialistes avant le vote des militants (aujourd'hui). Ces derniers ont la lourde tâche de départager les 6 motions qui prétendent à la direction du Parti.

C'était intéressant, hier soir. La belle salle Pétrarque était pleine à craquer, ça fait plutôt plaisir. Après quelques minutes un peu laborieuses, Benoît Hamon a su se mettre en route et a fait un exposé intéressant. Ses idées sont vraiment raccord avec les miennes, je suis rassuré de voir qu'il y a encore des socialistes de gauche.

Après un long (et incontournable) passage sur la crise économique, il a parlé pendant un moment de la montée du nationalisme en Europe (nationalisme qui pourrait être accentué par la crise d'ailleurs). Il a aussi longuement martelé son opposition à la social-démocratie, qui a été un échec partout en Europe (la crise nous l'a démontré), et qui reste pourtant la bannière sous laquelle ont combattu plusieurs des autres prétendants à la place de Hollande. Cette stratégie, comme je le disais il y a quelques jours, est vouée à l'échec, et ne fera pas revenir les électeurs traditionnels du PS.

Quelques autres points abordés :

  • La critique des retraites par capitalisation, surtout à la lumière de la crise (il a mis un pavé dans la mare à Gérard Collomb, sur le sujet).
  • Les défaites du PS de 2002 et 2007 n'ont pas été des défaites liées à des éléments périphériques (du genre "pauvre crédibilité d'une candidate") mais provoquées par la faiblesse des idées et de la ligne politique des programmes.
  • Les dirigeants du PS, depuis 10 ans, entretiennent une défiance et un malentendu avec les électeurs (ils pensent que le peuple ne les a pas compris lors des élections de 2002 ou du référendum sur le Traité Européen).
  • Pour rétablir le pouvoir d'achat, les salaires doivent pendant un moment être indexés sur l'augmentation des prix, puis, à terme, sur les gains de productivité des entreprises.
  • Le service public est le patrimoine de ceux qui n'en ont pas.
  • Il ne faut pas assurer des services publics en les valorisant et en les évaluant uniquement sur des critères de profitabilité.

Le vote est toujours en cours au sein du PS. Je suis assez pessimiste (le gros des troupe va probablement voter pour Delanoë, Royal ou Aubry, les 3 poids lourds). Mais qui sait ?




Note spéciale pour Pascal (dans ma série : "j'aime la politique pour les idées, pas pour les hommes") : il est encore plus charmant en vrai qu'en photo, et a des yeux bleus magnifiques (love) .

lundi 3 novembre 2008

Benoît Hamon à Montpellier

Benoit Hamon Intéressante nouvelle : le socialiste Benoît Hamon, premier signataire et porteur de la "Motion C" pour le congrès du PS à Reims sera de passage à Montpellier mercredi 05/11. Il aura notamment une interview sur France 3 local (entre 18h30 et 19h00) et fera un meeting salle Pétrarque.

Même s'il n'est pas le plus connu parmi les candidats à la succession de Hollande, le nombre de ses partisans ne cesse de croitre : de plus en plus de militants du PS se rendent compte que confier le Parti à l'équipe Delanoë, longtemps pensée favorite, reviendrait à un statut quo par rapport aux dernières années. L'équipe Delanoë est, grosso modo, très proche de l'équipe dirigeante actuelle. Même si elle n'est pas sans qualités, elle n'est pas ce dont le Parti a besoin pour se rénover : l'immobilisme du PS depuis 2002 demande un changement profond de ses hiérarques.

Benoît Hamon offre plus que cela. Il prône un recentrage sur les valeurs originelles du PS, sans compromis avec la Droite (donc avec le Modem). C'est le seul moyen de renouer avec l'électorat naturel du parti. Lui qui incarne l'aile Gauche du PS est renforcé par la crise de cet automne. Je ne sais pas s'il peut l'emporter ou non ; j'aimerais bien, mais mes candidats favoris perdent presque toujours (coupdechaud) . La motion soutenue par Delanoë semble perdre de la vitesse, et c'est une bonne chose (selon moi). L'avenir du PS n'est pas de pencher vers le Centre.

J'irai très probablement au meeting mercredi. Ce sera une grande première pour moi, mon premier meeting politique. Si les militants du PS décident d'oser révolutionner leur parti, qui sait si ce ne sera pas le premier meeting d'une longue série ?




(c) photo : Parti socialiste - original (licence : CC-ByCC-By-CACC-By-NC).

dimanche 12 octobre 2008

Le nécessaire virage à gauche

A gauche toute ! Je viens de prendre enfin le temps de regarder les 17 minutes du discours de Benoît Hamon, lors de la présentation des motions socialistes, le 08 octobre, en préparation du Congrès de Reims. Voilà une vision du PS qui est fait du bien à entendre.

C'est grâce à Pascal que je me suis un peu plus intéressé à lui : il est moins fantasque que mon favori Montebourg (avec qui il a longtemps été proche) et ne m'a pas déçu comme Moscovici. Il est pour moi l'une des seules réelles alternatives crédibles pour le renouveau du PS, Les autres candidats au poste de Premier Secrétaire ont probablement de bonnes idées, mais peu présentent autant d'ambitions de changement et de retour aux sources du parti, à savoir le socialisme.

Car plusieurs candidats proposent de tendre vers le Social-libéralisme ; avec les évènements de ces derniers mois, on se rend compte qu'il s'agit d'une fausse piste. Même les Anglais, pourtant libérophiles, retournent vers le bon vieux refuge gauchiste en nationalisant les banques (même si tout le monde clame que c'est une nationalisation, pardon, une prise de participation temporaire). Il n'empêche, les faits sont là : l'interventionnisme est salvatrice quand les marchés sont pris de folie. Mais le régulateur n'a pas joué son rôle : au lieu d'être le pompier arrosant le brasier, il aurait dû prévenir et anticiper la catastrophe, qui nous pendait au nez depuis des années. Cela fait au moins deux ans que l'on sait aller vers une crise (l'éclatement de la bulle spéculative autour de l'immobilier était prévue) ; beaucoup ne la pensaient pas très importante, certains feignaient même de l'ignorer ou de ne pas y croire. Elle n'en a pas moins été l'étincelle embrasant le système. Les Etats auraient dû intervenir sur les marchés immobiliers pour éviter l'effet de contagion. Surtout que beaucoup (pas forcément les politiques, mais au moins les banquiers) savaient que la coque du navire était bouffée par les vers des "actifs toxiques".

Le Social-libéralisme à l'Anglaise est un échec. Il a montré son impuissance face à la crise. Prendre cette direction au PS serait une véritable erreur stratégique. Le monde (et la France en particulier, après 8 ans de règne sans partage de la Droite) a besoin de solidarité et de partage. Il n'est pas vivable pour notre planète ni pour notre espèce qu'une poignée de personnes affame les populations, transforme les travailleurs en esclaves devant bosser toujours plus, leur ruine la santé, épuise les ressources naturelles et ravage l'écosystème global juste pour que cette poignée d'élus se fasse toujours plus de pognon[1].

Le PS doit ouvrir la voie, car contrairement à ce que clame la Droite, ce ne sont pas les gens de Gauche les conservateurs et les rétrogrades. Le progrès, cela a quasiment toujours été la Gauche. Cela veut dire : assumer clairement le S de son sigle. Si l'on tient compte des données économiques actuelles, il est probable que les idées à gauche de la Gauche de Benoît Hamon et de ses comparses plaisent, et cela serait une bonne chose. Il faut que je me décide à finir la lecture de sa Contribution (c'est dense). J'ai aussi la Contribution de Martine Aubry sous le coude ; j'aime bien le personnage, mais je ne sais pas trop où elle se positionne sur le complexe et mouvant échiquier socialiste...

Le congrès qui va se dérouler à Reims est d'une importance vitale. C'est lui qui va déterminer si nous allons rempiler pour 5 ans de Sarkozysme en 2012. Et cela me fait frémir d'imaginer le PS dirigé par la même équipe que celle qui finit son mandat, avec juste un changement de chef, sans changement de ligne d'action.




Edit : Benoît Hamon était à Ripostes, dimanche soir sur France 5. Débat intéressant, mais c'est là qu'on se rend compte qu'au PS, ils ne sont pas très bons communicants, et qu'au Gouvernement, ils maitrisent parfaitement bien l'outil.

Notes

[1] "Tout ça pour qu'un p'tit con gagne des millions", comme chante Ridan dans Objectif terre.

mardi 26 août 2008

Le PS à la reconquête

A gauche toute ! Il y a des choses qui font plaisir à voir et à lire. Grâce au blog de Rénover Maintenant, on a accès au discours prononcé par Arnaud MONTEBOURG lors de la Fête de la Rose, le week-end dernier à Frangy-en-Bresse. Ce discours est très intéressant, je vous invite à le lire (Cela fait un peu peur : 17 pages... Mais il se lit vite, et puis il procure tellement de plaisir[1] que ça vaut le coup).

Le but du rapprochement de MONTEBOURG avec MOSCOVICI, AUBRY et bien d'autres est de dissocier la direction du Parti des potentiels présidentiables pour 2012. Car ce qui mine le PS actuellement, c'est la guerre intestine pour la conquête du Parti, et par suite, l'accès privilégié vers la présidentielle. L'énergie perdue dans ce combat n'est pas utilisée pour des choses plus constructives (comme par exemple : servir d'Opposition).

Un Premier Secrétaire qui n'aurait pas à se préoccuper de la course à la présidentielle, et qui rendrait au Parti une voix réelle d'Opposition, ce serait une très grande avancée. Il sera temps, plus tard (dans deux ou trois ans) de choisir, parmi les candidats, qui sera le représentant du PS pour la Présidentielle. Le PS ne doit pas laisser le terrain vierge au Gouvernement pendant tout ce temps, ce n'est pas possible. Pour les sympathisants, ce serait insupportable. Et cela ouvrirait une avenue à Besancenot (même si je l'aime bien et partage certaines de ses idées, ce n'est pas pour autant que je voterai pour lui ; mais son discours est tentant pour beaucoup).

Bien qu'il soit intelligent, Hollande n'avait pas le charisme qu'il fallait pour tenir et faire évoluer le Parti. Il était un bon dirigeant quand Jospin était à Matignon, mais depuis 2001, ce n'est plus trop ça. Une nouvelle tête un peu forte fera du bien au Parti et le redynamisera. Il faudra qu'il soit rassembleur, mais je pense que tous les pontes et les militants ont compris l'urgence de la situation et la nécessité de passer outre les divisions qui règnent depuis quelques années (je serais tenté de dire : depuis le traité de la Constitution Européenne). Il est nécessaire d'aller de l'avant et de militer pour l'unité, afin de combattre le sarkozysme. Car le Gouvernement se croit tout permis.

Le discours de MONTEBOURG rappelle quelques faits, à sa manière (impertinente).

  • Face à la perte de pouvoir d'achat, les ménages les plus exposés sont confrontés à des situations périlleuses. Le "travailler plus pour gagner plus" est un mensonge honteux, puisque ce n'est pas le salarié qui décide. Et les patrons, en ce moment, n'ont guère confiance en l'avenir, et tentent surtout d'adoucir les effets d'une économie mondiale fragile et incertaine.
  • Les foyers les plus riches de France ont vu leur pouvoir d'achat augmenter à la faveur d'un paquet fiscal dont le bénéfice est nul pour l'économie (ce sont les économistes libéraux et les crânes d'oeuf de Bruxelles qui le disent). Ce doux cadeau électoraliste a privé le pays de sa dernière marge de manoeuvre. Du coup, le Gouvernement n'a plus qu'une action possible : ne rien faire.
  • La gestion des dossiers écologiques est un trompe-l'oeil, rien de concret n'est réalisé, et certaines réformes faites par idéologie (privatisation des entreprises énergétiques) vont même dans le sens opposé. Les efforts sont faits par les collectivités locales (départements, régions), qui ont de nombreuses propositions à faire.
  • La crise économique mondiale, provoquée par la mondialisation financière, démontre parfaitement la perversité d'un système qui n'est pas régulé. Il aura fallu des milliards de pertes et la re-nationalisation de banques pour que les Etats s'en aperçoivent.
  • Le fichage massif, généralisé et multiple des français est en complète opposition avec la liberté bienveillante et absolue à laquelle sont soumises les banques, fonds de pension et autres paradis fiscaux.

Etc. De nombreux exemples et quelques propositions constructives émaillent le discours. Que personne ne me dise désormais que le PS n'a pas d'idées, qu'il n'a pas de propositions.

La Fête de la Rose sonne la première cloche du rassemblement du PS. J'ose croire que les prochaines semaines, puis le Congrès de Reims, appuieront mon espoir de voir repartir le PS à la reconquête de ses électeurs. Et du pays.




On lira aussi attentivement le billet de Pierre MOSCOVICI ainsi que son discours pour la même fête (je n'ai pas tout lu, mais c'est plus que prometteur), de même que le billet d'Yves FORMENTIN, qui dresse un bilan/cadre en tant que militant.

Notes

[1] Vous savez bien que j'aime bien Montebourg, je n'en ai jamais fait un secret. Il est quand même plus sexy que Fillon ou Lagarde. Et puis c'était être fan de lui ou de Wauquiez, et quand même, je ne pouvais pas être fan d'un élu UMP.