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Mot-clé - Rentrée

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lundi 30 août 2010

Tournant d'été (rentrée++)

Pont Van Gogh, Arles J'ai repris le boulot il y a quelques jours, après quasiment 4 semaines de vacances forcément méritées. Malgré quelques angoisses pré-reprise, je suis assez content de démarrer un nouveau cycle scolaire [1]. Il faut avouer que pour un enfant d'enseignants (oui, au pluriel), la rentrée est une chose naturelle, elle clôt une longue période de vie en famille. Le rythme des parents et des enfants est tellement bien synchronisé que cela m'a beaucoup perturbé lorsque j'ai fait mes premiers pas dans la vie active à 20 ans. Il parait que beaucoup d'enfants d'enseignants soufrent d'un déphasage en entrant sur le marché du travail : j'ai résolu le problème en choisissant un job très aligné sur les rythmes scolaires...

Quand j'étais écolier, j'adorais la période frénétique annonçant la rentrée. Nous revenions de vacances à l'extrême limite de ce qui était raisonnable, au mieux quelques jours avant la rentrée des profs, au pire, la veille. Cela me frustrait parfois un peu, car en grand amateur de papiers et de crayons, trainer dans les rayons des fournitures scolaires et des papeteries était pour moi un réel plaisir. J'aimais l'odeur des crayons de bois neufs, les couleurs attirantes des milles gadgets inutiles, la sensation magique d'écrire avec une nouvelle plume qui accroche encore un peu, et que l'on doit dompter.

La rentrée 2010 n'échappe pas à la règle, j'éprouve tous les ans cette époque une sensation de recommencement. C'est vrai à plus d'un titre. Mon boulot devrait assez peu évoluer malgré la promotion que j'ai pu obtenir avec mon concours de juin : il s'agissait surtout de faire reconnaitre que mon poste était bien un emploi de cadre. Grâce au truchement des primes que je perds en changeant de catégorie de fonctionnaire, je vais devoir faire une croix sur 15 à 20% de mon salaire [2] : mes projets immobiliers prennent un coup d'arrêt pour plusieurs années, il me faudra bien 6 ou 7 ans pour récupérer le manque à gagner...

Mais cela est assez finalement très accessoire.

Le plus gros changement de cette rentrée, c'est avant tout que mon mari retourne sur les bancs d'école. Alors qu'il habite quasiment avec moi depuis un an, il reprend le chemin de l'école pour devenir infirmier. Il ne sera pas très loin (à moins d'une heure de Montpellier), mais c'est malgré tout un changement de taille. J'ai un peu d'appréhension, forcément, ça va modifier notre quotidien. Je le vois plutôt comme un évènement positif qui nous sortira justement du quotidien et nous fera avancer. Mais chaque bouleversement révèle des peurs et une résistance au changement, que l'esprit dresse en remparts pour sa sérénité.

En attendant qu'il revienne [3], les week-end d'abord, puis définitivement dans 3 longues années, j'aurais un petit peu plus de temps libre. Par exemple pour bloguer.

Me voilà de retour ?





Illustration : le pont dit "de Van Gogh" à Arles.

Notes

[1] On en reparle à la fin du mois de septembre, bien sûr : cet état ne dure généralement pas (coupdechaud) .

[2] Vous noterez ma contribution à la réduction de la dette du pays ?

[3] Le premier qui m'appelle Pénélope, je lui pète le nez (needkill) .

mardi 26 août 2008

Le PS à la reconquête

A gauche toute ! Il y a des choses qui font plaisir à voir et à lire. Grâce au blog de Rénover Maintenant, on a accès au discours prononcé par Arnaud MONTEBOURG lors de la Fête de la Rose, le week-end dernier à Frangy-en-Bresse. Ce discours est très intéressant, je vous invite à le lire (Cela fait un peu peur : 17 pages... Mais il se lit vite, et puis il procure tellement de plaisir[1] que ça vaut le coup).

Le but du rapprochement de MONTEBOURG avec MOSCOVICI, AUBRY et bien d'autres est de dissocier la direction du Parti des potentiels présidentiables pour 2012. Car ce qui mine le PS actuellement, c'est la guerre intestine pour la conquête du Parti, et par suite, l'accès privilégié vers la présidentielle. L'énergie perdue dans ce combat n'est pas utilisée pour des choses plus constructives (comme par exemple : servir d'Opposition).

Un Premier Secrétaire qui n'aurait pas à se préoccuper de la course à la présidentielle, et qui rendrait au Parti une voix réelle d'Opposition, ce serait une très grande avancée. Il sera temps, plus tard (dans deux ou trois ans) de choisir, parmi les candidats, qui sera le représentant du PS pour la Présidentielle. Le PS ne doit pas laisser le terrain vierge au Gouvernement pendant tout ce temps, ce n'est pas possible. Pour les sympathisants, ce serait insupportable. Et cela ouvrirait une avenue à Besancenot (même si je l'aime bien et partage certaines de ses idées, ce n'est pas pour autant que je voterai pour lui ; mais son discours est tentant pour beaucoup).

Bien qu'il soit intelligent, Hollande n'avait pas le charisme qu'il fallait pour tenir et faire évoluer le Parti. Il était un bon dirigeant quand Jospin était à Matignon, mais depuis 2001, ce n'est plus trop ça. Une nouvelle tête un peu forte fera du bien au Parti et le redynamisera. Il faudra qu'il soit rassembleur, mais je pense que tous les pontes et les militants ont compris l'urgence de la situation et la nécessité de passer outre les divisions qui règnent depuis quelques années (je serais tenté de dire : depuis le traité de la Constitution Européenne). Il est nécessaire d'aller de l'avant et de militer pour l'unité, afin de combattre le sarkozysme. Car le Gouvernement se croit tout permis.

Le discours de MONTEBOURG rappelle quelques faits, à sa manière (impertinente).

  • Face à la perte de pouvoir d'achat, les ménages les plus exposés sont confrontés à des situations périlleuses. Le "travailler plus pour gagner plus" est un mensonge honteux, puisque ce n'est pas le salarié qui décide. Et les patrons, en ce moment, n'ont guère confiance en l'avenir, et tentent surtout d'adoucir les effets d'une économie mondiale fragile et incertaine.
  • Les foyers les plus riches de France ont vu leur pouvoir d'achat augmenter à la faveur d'un paquet fiscal dont le bénéfice est nul pour l'économie (ce sont les économistes libéraux et les crânes d'oeuf de Bruxelles qui le disent). Ce doux cadeau électoraliste a privé le pays de sa dernière marge de manoeuvre. Du coup, le Gouvernement n'a plus qu'une action possible : ne rien faire.
  • La gestion des dossiers écologiques est un trompe-l'oeil, rien de concret n'est réalisé, et certaines réformes faites par idéologie (privatisation des entreprises énergétiques) vont même dans le sens opposé. Les efforts sont faits par les collectivités locales (départements, régions), qui ont de nombreuses propositions à faire.
  • La crise économique mondiale, provoquée par la mondialisation financière, démontre parfaitement la perversité d'un système qui n'est pas régulé. Il aura fallu des milliards de pertes et la re-nationalisation de banques pour que les Etats s'en aperçoivent.
  • Le fichage massif, généralisé et multiple des français est en complète opposition avec la liberté bienveillante et absolue à laquelle sont soumises les banques, fonds de pension et autres paradis fiscaux.

Etc. De nombreux exemples et quelques propositions constructives émaillent le discours. Que personne ne me dise désormais que le PS n'a pas d'idées, qu'il n'a pas de propositions.

La Fête de la Rose sonne la première cloche du rassemblement du PS. J'ose croire que les prochaines semaines, puis le Congrès de Reims, appuieront mon espoir de voir repartir le PS à la reconquête de ses électeurs. Et du pays.




On lira aussi attentivement le billet de Pierre MOSCOVICI ainsi que son discours pour la même fête (je n'ai pas tout lu, mais c'est plus que prometteur), de même que le billet d'Yves FORMENTIN, qui dresse un bilan/cadre en tant que militant.

Notes

[1] Vous savez bien que j'aime bien Montebourg, je n'en ai jamais fait un secret. Il est quand même plus sexy que Fillon ou Lagarde. Et puis c'était être fan de lui ou de Wauquiez, et quand même, je ne pouvais pas être fan d'un élu UMP.

lundi 25 août 2008

Nouvelle rentrée

Rentrée des classes Bon sang, c'est terrible. J'ai repris le boulot ce matin et j'ai déjà envie de repartir en vacances.

J'ai repris le bon vieux rythme : lever à 06h45, une heure de muscu sport à la salle (ouch, ça fait mal de s'arrêter 3 semaines), une douche, on attrape le bus, on se précipite au boulot. Des étudiants m'attendaient déjà à mon arrivée à 08h45 :-/ . Ça commençait bien.

La matinée a été consacrée aux urgences habituelles de rentrée : mots de passe oubliés, machines défunctées pendant les vacances, remplacement d'ordinateurs portables volés ou passés sous les roues d'un bus, bouts de réseau tombé en rade, arrivée de nouveaux utilisateurs, virus ("J'ai reçu un mail d'UPS avec une pièce-jointe, et quand j'ai ouvert la pièce-jointe, bah mon ordi a planté.", "Vous attendiez un colis d'UPS ?", "Non" (restercalme) ). La routine. Mais comme une partie de l'équipe n'est pas encore revenue de congés, on a pas mal couru.

Mes serveurs tournaient encore, malgré deux coupures de courant brutales, la journée n'est donc pas si catastrophique que ça. Par contre, j'ai fait un rapide inventaire de l'état de mon parc informatique (je gère directement environ 150 machines, une toute petite portion du parc général), ce n'est pas joli joli, la semaine va coûter cher en petit matériel (rolleyes) .

Le gros des troupes étudiantes commence à débarquer en milieu de semaine prochaine, je serais donc dans les temps. Haaaaa vivement la livraison des nouveaux choupinous 2008 (love) ...




(c) photo : Julie70 : original (licence : CC-ByCC-By-CACC-By-NC).

jeudi 21 août 2008

Récession, inaction, communication

Moutons La bien-bronzée équipe qui nous gouverne le clame haut et fort, notre pays n'est pas en récession. Ils ont complètement raison, car la définition du terme est bien précise, et il faut que la croissance soit en baisse pendant au moins deux trimestres consécutifs pour que le terme puisse être appliqué. Ce qui n'est pas (encore) le cas chez nous.

Néanmoins, je suis très étonné, voire inquiet, par la surprise que notre gouvernement semble manifester devant les mauvais chiffres économiques qui sont tombés ces jours-ci, à commencer par le très mauvais chiffre de la croissance (+0,4% au lieu de +0,5% au 1er trimestre 2008, et -0,3% au second). De la même façon, il se réjouit de certaines nouvelles (par exemple la baisse de l’inflation de 0,2% en juillet) qui sont au mieux mal jaugée (la baisse est surtout liée aux soldes, comme tous les ans à la même époque, et la statistique mensuelle ne tient pas compte de cet effet saisonnier...), au pire du tripatouillage de chiffres honteux. Mais on ne va quand même pas le suspecter de bidouiller les chiffres quand même...

Il faudrait peut-être que le gouvernement ouvre des revues d'économie ou lise la presse. On sait depuis des mois que la croissance du PIB[1] ne se porte pas bien, et même l'INSEE au début de l'été avait estimé son augmentation à 0% pour un trimestre de 2008. Ça a juste été un peu moins bon que prévu, mais comme les caisses sont vides (celles des français aux bas et moyens revenus, pas celles de ceux qui ont bénéficié de ce bouclier fiscal tellement efficace économiquement), ce n'est pas étonnant.

Et encore, cela ne va pas s'arranger. Nous allons probablement avoir un nouveau coup de chaud sur le pétrole avant l'hiver (cela s'est calmé un peu, mais ça ne peut pas être durable). Et les économistes tirent la sonnette d'alarme à cause d'une très probable remontée du chômage[2], notamment à liée aux licenciements dans le bâtiment et les banques... Quelqu'un a songé à prévenir le gouvernement ?

Ha oui, me direz-vous, ce dernier a fait sa rentrée lundi, avec une belle opération de communication dans les journaux télé ("on est au travail"). C'est bien sûr un joli morceau de pipeau, ou, plus précisément, une fort judicieuse occupation de l'espace médiatique vacant. Il n'est cependant pas question de grandes mesures concrêtes, On ne veut pas inquiéter les ménages et les entreprises ou quoi ? Personne n'a lu les études sur le moral des français ou des patrons d'entreprises, qui n'ont jamais été aussi bas depuis leur création dans le milieu des années 80 ? Même les économistes libéraux sont inquiets et dénoncent la politique du gouvernement, on aura tout vu ; l'article d'Olivier Bonnet ("L’économiste Nicolas Bouzou tacle le gouvernement, le paquet fiscal au banc des accusés") est édifiant et à lire absolument.

Tout va bien Madame la Marquise ? Non, on fait l'autruche. Une loi de modernisation de l'économie a été adoptée en juillet, mais elle contient des mesurettes qui, au final, feront surtout le jeu des grands groupes et de la grande distribution, déjà tous puissants. Dans les journaux de la mi-journée, on voyait les producteurs de fruits et légumes protester contre les pressions de la grande distribution sur les prix d'achat. Mais à moins qu'une disposition légale ne l'empêche, pourquoi les agriculteurs ne créent pas eux-même dans les villes leurs coopératives de vente sans intermédiaires, des primeurs directement du producteur au consommateur ? Je suis convaincu que cela aurait du succès, tout comme les AMAP. En plus, à vendre plus cher pour eux mais moins cher pour le client final, sur un circuit de distribution séparé, ils gagneraient un pouvoir de pression majeur vis-à-vis des grandes surfaces.

Mais non, ne bougeons pas, tout finira bien par s'arranger. Puisque le gouvernement oeuvre, cela va aller mieux. D'ailleurs, cela a commencé, non ? Le pouvoir d'achat des familles augmente, le panier de rentrée scolaire coûte moins cher. Du moins, selon certaines associations (étrangement, celles qui sont proches de nos élus UMP, mais c'est bien sûr un hasard). Allez, la Comm' gouvernementale a fait sa rentrée et est en route ; c'est reparti pour des mois de propagande qui endorment la vigilance des citoyens. Tant qu'il y a de la Comm, au moins, on n'a pas le temps de penser aux choses qui fâchent.

Pour finir, une petite devinette : on a annoncé il y a quelques jours la baisse du prix du blé et quelques matières premières. Vous pensez que le prix des pâtes et du pain, qui ont beaucoup grimpé il y a un an, vont baisser[3] ?




(c) photo : James @ NZ : original (licence : CC-ByCC-By-NDCC-By-NC).

Notes

[1] Au passage, la mesure du PIB est-elle la variable économique la plus judicieuse ? Une catastrophe ou de simples embouteillages sont bons pour le PIB, alors qu'ils ne sont pas bons pour ceux qui les subissent. De plus, cette mesure ne prend pas en compte l'état de santé de la population ni la qualité de l'environnement, dégradés par l'activité économique, et qui ont un coût pour la société...

[2] Canard Enchaîné du 20/08/08, p. 2.

[3] Ok, j'admets être d'assez mauvaise foi, car les cours ont un peu baissé, mais les marchés restent très fébriles, et la moindre mauvaise nouvelle géopolitique ou climatique affole tout le monde.

samedi 8 septembre 2007

8 Septembre 1997 - Une nouvelle rentrée

Après avoir passé le cap des 30 ans, en février, je me suis surpris à regarder en arrière. 10 ans se sont écoulés depuis la fin de mon premier diplôme, un nombre rond symbolique, une excellente occasion pour ressortir mes notes et retracer quelques souvenirs de cette époque.

Massif du Semnoz Ma première semaine à Annecy a été des plus agréables. J'ai passé une semaine à flâner dans la ville, à découvrir des lieux agréables comme les bords du lac ou le massif du Semnoz. C'est effectivement une ville très appréciable, très jolie, et le beau soleil de ce début septembre transformait ces premiers jours sur place en petites vacances. Le reste du temps, je faisais du shopping pour la rentrée qui menaçait d'arriver, ou pour aménager mon appartement. Le pied quoi. Et puis c'était bien mérité, après le mois d'Août passé à travailler : il fallait bien que je dépense ce que j'avais gagné :-D

Sauf qu'il a bien fallu reprendre. Je suis allé en cours un peu à reculons, ce lundi 8 septembre. Je ne me sentais pas prêt : après les deux ans d'Ardèche, j'aurais dû faire un break pour me purger de tout ce qui s'y était passé, bon comme mauvais, mais surtout le bon. Je me retrouvais seul dans une ville, loin des deux autres G avec qui j'étais tout le temps fourré, loin de mon Tit, de Nathalie, Milo, Thierry... Dresser la liste des personnes qui me manquaient au quotidien me donnait le tournis, et me faisait systématiquement flancher le moral. Rappelez-vous qu'à l'époque, le téléphone était encore hors de prix, et Internet commençait tout juste à se répandre : il n'était pas facile de garder le contact.

Je ne me souviens pas en détail de ce jour de rentrée, ni de mes impressions en rencontrant mes futurs collègues. Ils me semblaient jeunes, mais n'avaient que 2 ou 3 ans de moins que moi, au grand maximum. J'étais malgré tout dans les plus vieux, sinon le plus vieux, et j'ai donc senti un décalage croissant. J'ai toujours été plus à l'aise avec des personnes plus âgées que moi, mais c'est rarement le cas avec des plus jeunes. Déjà très attiré par les garçons (même si je ne me ne le comprenais pas encore, ou ne me l'avouais pas), j'en ai quand même remarqué deux ou trois potables :-D Mais personne qui n'appartienne à la"famille", à première vue.

Le premier cours, de la botanique, m'a donné un sacré coup au moral. Le prof, qui était accessoirement notre prof principal, était un vieux bonhomme assez sympathique, avec un coté très Professeur Tournesol. Mais il enseignait la botanique de la manière où il avait dû l'apprendre, de façon très générale, très théorique et très académique. Heureusement que nous commencions par une sortie sur le terrain, car sinon cela m'aurait été insupportable ! A l'époque, j'avais un niveau correct en botanique (je sortais du BTS n°1, j'avais fait de cette matière ma spécialité... J'ai incroyablement perdu depuis), et j'ai épaté la galerie avec ce que je savais. Un moment de pur bonheur :-D (qui n'aime pas briller devant ses pairs ??). Malheureusement, les TD suivants s'avéreront beaucoup plus ennuyeux ; je n'ai jamais considéré que l'étude des diagrammes floraux constituait une bonne introduction à la bota ; l'idéal, c'est évidemment la pratique du terrain, la découverte des familles et des espèces par l'exemple, puis après, la formalisation avec des éléments théoriques. La transition avec mon prof d'Ardèche, un très grand passionné aussi, mais excellent scientifique et pédagogue, a été très rude. Après quelques heures de cours, mes nouveaux collègues étaient déjà dégoûtés par la matière.

J'ai aussi été assez dérouté par mon premier TD de "techniques forestières". Le but du TD était d'apprendre à manipuler quelques outils de base, du genre compas forestier. Après quelques minutes d'explications sur les différents outils, le prof nous a amené dans le bois derrière l'école, puis nous a demandé de faire des mesures. Nous nous sommes baladés quelques minutes en groupe, mesurant de ci de là quelques arbres ; mes connaissances botaniques aidant, nous avions moins de difficultés à déterminer les différentes essences. Nous avions fait le tour des outils en moins d'une demi-heure, mais en revenant vers l'orée du bois, il nous a été impossible de retrouver le prof. Après quelques recherches (à l'oreille), nous l'avons retrouvé, ronflotant gentiment sous un chêne...

Heureusement, toutes les sorties n'étaient pas aussi dépitantes. Nous avons profité du temps très clément des premiers mois d'automne pour faire de nombreuses excursions sur le terrain. La toute première était une expédition du coté de Samoëns, joli village savoyard, pour y voir une expérimentation de débardage par câble (1). Très impressionnant, ce dispositif permet d'évacuer les grumes grâce à un câble d'acier, un peu comme un tire-fesses véhicule les skieurs :-) Ce système n'est pas sans danger, notamment pour les forestiers qui réceptionnent les grumes en bas de la piste (imaginez plusieurs tonnes de bois lancées à toute vitesse dans une pente, même retenues par un câble), ou pour tous ceux qui ont la mauvaise idée de se trouver sur la trajectoire du câble de débardage...

Les cinq premiers jours de cours ont finalement été moins longs que prévu. J'étais malgré tout content de me trouver en week-end. Il n'y avait pas encore de cohésion de groupe dans la classe, donc nous sommes tous partis de notre coté. Beaucoup habitaient chez leurs parents, ou louaient des chambres à proximité de l'école. Nous étions très peu à habiter Annecy-même. Je n'ai donc vu personne ce week-end-là, pas plus que les autres qui suivirent, d'ailleurs. Je ne m'étais pas trop mal intégré dans la promo, je pense, mais il fallait du temps pour que les affinités se créent. Cela me changeait encore une fois de l'Ardèche, où nous étions toujours chez les uns ou chez les autres.

Le week-end fut donc passé à ne rigoureusement rien faire, si ce n'est me laisser vivre, et continuer la découverte de la ville et de mon quartier (Novel)...



(1) Une expérimentation similaire a eu lieu en 2006 dans le parc naturel régional des Monts d'Ardèche ; lire ici.






Photo : (c) Didier Halatre : original (licence : GNU Free Documentation License).

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