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Mot-clé - Pollution

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jeudi 26 février 2009

A propos du prix du pétrole

Couchant sur les champs pétroliers J'en parlais récemment, la crise financière et économique va bloquer les investissements en matière d'environnement : le cours du pétrole est tellement bas qu'il n'est plus du tout urgent de développer des alternatives énergétiques, contrairement à il y a 6 mois, où le pétrole était 4 fois plus cher.

Grâce à Tristan Nitot (une fois de plus), j'ai découvert un article de Jean-Marc Jancovici intitulé "Méfiez vous du pétrole pas cher !". L'auteur y explique la relation entre les récessions et le cours du pétrole, pointe du doigt le danger d'un pétrole peu cher, et explique l'intérêt de la taxe carbone, non pas pour éponger la dette de la suppression d'une autre taxe, mais simplement pour préparer l'avenir et avoir les moyens d'investir.

Citation :

Dans ce contexte, le pétrole redevenu peu cher est source de tous les dangers. Il laisse croire que le problème de l'approvisionnement a disparu, alors que c'est juste le reflet d'une demande qui baisse à cause de la récession ; il dissuade de faire les investissements structurants pour économiser l'énergie fossile, alors que ces derniers ne pourront être faits en une semaine "le moment venu", puisque cela concerne les logements, l'urbanisme industriel, les transports, la production électrique et même la structure des métiers (...).

A lire absolument.





(c) photo : swisscan : original (licence : CC-ByCC-By-CACC-By-NC).

vendredi 30 janvier 2009

Une victime de la crise : les investissements environnementaux

Article centrale solaire SVM Je vous l'accorde, je suis mauvais prévisionniste. Cet été, je croyais dur comme fer que le pétrole allait subir une nouvelle flambée de son cours, pour atteindre un niveau record incroyable. J'avais vu juste en pensant que l'hiver serait moche et rigoureux [1], mais je n'avais pas pris en compte le facteur crise, qui a complètement bouleversé les cours des matières premières, de l'énergie et de l'alimentaire : les spéculateurs avaient d'autres chats à fouetter, et la confiance dans le système boursier était quelque peu effritée.

Je n'ai donc pas du tout vu venir la baisse drastique du cours du pétrole, dont le prix a été divisé par 4 ou 5 en quelques mois (il est passé de presque 150€ en août à moins de 30€ en décembre, voir par ici). La tendance est à la hausse douce, mais on reste en dessous de 50€.

Ce très faible coût du pétrole, finalement assez inattendu, lié à la crise financière et à la difficulté d'emprunter, va faire des dégâts collatéraux durables : la réduction drastique des investissements dans le domaine de l'environnement et de l'énergie est en cours, les entreprises, administrations et particuliers ont d'autres urgences. L'environnement n'est guère une priorité : la meilleure preuve, c'est que notre Super-Ministre de l'Environnement s'est assis sur une partie de son Grenelle en proposant de nouveaux tracés d'autoroute comme support du plan de relance de l'économie. Autoroutes = ravages sur la faune et la flore = voitures et camions = CO2, et autres externalités négatives. Le plan prévoit aussi des lignes de TGV supplémentaires (alors que certaines étaient figées depuis des années), mais le TGV n'est pas une solution environnementale ultime : c'est bien pour les grands trajets inter-régions, c'est à dire une toute petite partie du problème. Pour les dessertes locales intra-région ou inter-urbaines, ce n'est pas la panacée : le maillage et la fréquence ne sont pas suffisants. RFF investit trop sur le TGV et pas assez sur les plus petites lignes, pourtant importantes en terme de bienfaits pour l'impact environnemental.

On se demande aussi ce que fait l'Europe dans ce domaine, en ce moment. Certes, quelques directives publiées récemment ne sont pas inintéressantes : la fin programmée des ampoules à filament, au profit des ampoules à économie d'énergie ou à LED est une bonne chose pour réduire notre boulimie d'énergie [2]. De même, la future obligation de plafonnement de consommation des appareils électriques, lorsqu'ils sont en veille, va dans le bon sens. Mais on a un peu l'impression qu'en dehors de quelques mesurettes ponctuelles, l'Europe ne bouge guère et qu'elle n'a pas d'ambition environnementale, alors qu'elle est l'échelon idéal pour une politique d'envergure que les Etats ne peuvent pas mener individuellement.

Le salut viendra-t-il par l'ouest ? On charge beaucoup la barque d'Obama avec tous les problèmes du monde, et il y a beaucoup d'espoirs dans son mandat. Certains sont fondés, d'autres non, mais son arrivée à la tête d'un des pays qui pollue le plus [3] pourrait amorcer un renouveau des politiques environnementales. Il ne sauvera pas le monde, mais ses premières mesures, quelques jours après son installation à la Maison Blanche, sont encourageantes. Ce serait étonnant (et ce serait une première) : et s'il tenait ses promesses ? [4]

Pourtant, il y a un gisement économique monstrueux à exploiter : un plan de relance par l'environnement (la fameuse relance verte) apporterait un souffle énorme à l'économie, et aurait un effet positif sur l'environnement et sur notre société. Ce n'est pas la voie qui a été choisie en France, d'après ce que j'ai pu voir ces derniers jours, et c'est bien dommage.

En fait, le plus inquiétant reste quand même la réduction des investissements dans la recherche et l'innovation. Il est urgent de trouver des solutions pour notre avenir énergétique. L'imminence du tarissement du robinet pétrolier et l'impasse des biocarburants devraient nous inciter à la réflexion et à la recherche de nouvelles pistes.

Il y a quelques bonnes idées qui circulent. Par exemple ce projet pharaonique, qui pourrait assurer l'indépendance électrique de l'Europe (rien que ça !). Ou alors le projet d'usine solaire qui produit de l'énergie même la nuit, en Espagne (cliquer sur la photo de ce post pour lire l'article publié le mois dernier dans SVM version papier) ou dans le Sahara (ce qui aurait l'avantage de fournir de l'énergie et des revenus aux pays limitrophes). Mais comment êtes audacieux et avoir des projets ambitieux quand vous n'êtes pas soutenus par une volonté politique forte et ferme ?

Notes

[1] Je peux toujours me reconvertir dans la météo ou la voyance.

[2] Enfin, les ampoules basse-consommation ne sont pas parfaite : leur recyclage n'est pas bien organisé, et elles contiennent pas mal de saloperies (mercure, etc.).

[3] Les USA sont les premiers émetteurs de CO2 au monde, juste devant la Chine... Mais la taille de la population n'est pas du tout la même.

[4] Pour la politique environnementale d'Obama, lire par exemple cet article, qui date d'avant l'élection, ou celui-ci, qui date d'après sa prise de poste.

jeudi 18 septembre 2008

Zut, je suis (presque) d'accord avec une mesure du Gouvernement

Basura electrónica Enfer ! Tout arrive. Le Gouvernement va pondre une liste des nouveaux produits qui seront soumis au système de bonus/malus environnemental, et il y a notamment dedans beaucoup de produits électroniques (ordinateurs, mobiles...). Voir l'actualité.

L'informatique est une industrie très polluante, et même si depuis 1 ou 2 ans, un mouvement de fond commence à faire prendre conscience de son impact négatif sur l'environnement, les efforts sont quand même assez limités. Quelques constructeurs ont une politique de recyclage, ou d'économie d'énergie ; ainsi, les principaux fabricants de processeurs (Intel et AMD) ont mis en parallèle leur habituelle course à la puissance et l'amélioration des performances énergétiques des processeurs. Un bon point, d'autant que la concurrence forcenée entre les deux entreprises les pousse à investir toujours plus dans ce domaine.

L'instauration d'un malus sur les produits les plus polluants et d'un bonus sur ceux qui le sont le moins, c'est une méthode qui n'est pas absurde. Cela permet de favoriser par le prix les appareils économes en énergie ou moins préjudiciables à l'environnement [1]. Cela a aussi un impact sur les constructeurs, qui ont tout intérêt à fabriquer des produits qui se vendent bien, et donc, qui ont une nuisance moindre.

Il faudrait profiter du débat pour avoir une réflexion en profondeur sur nos usages de la technologie. Ce serait très bien si cela pouvait aussi améliorer l'évolutivité ou la "réparabilité" des produits, car c'est un point noir de l'électronique : ils tombent très vite en désuétude, alors qu'on pourrait concevoir leur évolutivité dès le départ. Et ils coûtent plus cher à réparer qu'à bazarder et à racheter (les imprimantes ou les téléviseurs sont de bons exemples). Et sans verser dans l'intégrisme antitechnologique (un comble), il serait bien qu'on ait une vision un peu plus long-termiste de la technologie. Un exemple : le format de stockage DVD commence à peine à s'imposer et à s'installer qu'on tente de le remplacer par le format blu-ray. Mais les promoteurs de ce format ont prévenu : ils ne lui prévoient pas un avenir de plus de 5 ans ! Pourquoi tant de précipitation ? Heureusement, l'engouement pour ce format HD n'a pas l'air de prendre (les foyers, qui viennent tout juste de finir de s'équiper de lecteurs DVD et ont fini de renouveler leur vidéothèque VHS sont un peu réticents, et on les comprend).

Attention cependant à la tentation d'instaurer cette taxe pour faire du fric et remplir le tonneau des Danaïdes des finances publiques. Théoriquement, les recettes apportées par le malus de la taxe serviront à financer le bonus. Néanmoins, on ne peut pas exclure qu'une partie des fonds s'égarent malencontreusement pour d'autres projets non environnementaux. Je n'ai aucune idée de la manne que cela pourra représenter, mais les guignols qui nous dirigent font feu de tout bois.

D'autre part, il faut bien prendre garde à ce que cette taxe soit équitable et qu'elle touche tout le monde, particuliers comme entreprises. Il ne faut pas se tromper de cible. Les foyers ne produisent que 4% des déchets, le reste étant dû principalement à l'industrie [2]. Il faut responsabiliser les entreprises quant à leur impact sur l'environnement, qui a un coût énorme pour la société et qui n'est imputé à personne.

Quand on voit ces bâtiments des zones industrielles pleines de bureaux dont les lumières restent allumées toutes la nuit, on se dit que ce n'est que la partie émergée de l'iceberg et qu'il y a du pain sur la planche...




(c) photo : manuelfloresv - original (licence : CC-By).

Notes

[1] Cela a plutôt bien fonctionné pour le bonus/malus sur les véhicules, puisque les ventes des gros véhicules gourmands se sont effondrées, mais cela a aussi été favorisé par le prix exorbitant des carburants.

[2] Chiffres donnés par le Canard Enchaîné du 17/09/08, p. 1.

mercredi 23 juillet 2008

Un doute m'effleure...

Bombe nucléaire à Bikini ... Vous pensez qu'ils le font exprès ?

samedi 19 juillet 2008

Privatisation d'Areva : allons-nous tous iradier (de bonheur) ?

Bombe nucléaire à Bikini C'est amusant, quand même, la loi des séries. En quelques jours, deux incidents annoncés comme mineurs ont ponctué l'actualité : le 09/07 dans le Vaucluse et le 17/07 dans la Drôme. Le premier a aussi permis de révéler une pollution plus ancienne des nappes phréatiques, non détectée jusque là (sympa pour les riverains qui utilisaient l'eau depuis des années...). Tous ont été provoqués par des filiales d'Areva.

Ces petites pollutions de niveau 1 (de 80 à 100 par an, selon la PDG d'Areva, Anne LAUVERGEON, dont une dizaine imputables à Areva), même très mineures, sont donc fréquentes, et bien peu médiatisées. J'ai cherché sur le site de l'Autorité de Sûreté Nucléaire quelles étaient les statistiques d'alerte de chacun des niveaux, mais je n'ai pas trouvé (Ce site fait peur... Le nombre d'incidents de radiothérapie est affolant...). Il n'y a guère de transparence, et on sent bien que le problème réside souvent dans la délégation du travail aux sous-traitants, qui ne prennent pas toutes les précautions ou qui ne forment pas bien leur personnel (souvent intérimaire).

Au passage, on notera qu'une fois de plus, on fait dire n'importe quoi aux sondages : une enquête explique que les Français ont plus peur du réchauffement climatique que du nucléaire. C'est sûr qu'à choisir entre la peste et le choléra, on prendra le moins pire. Mais on compare deux choses différentes qui ont juste un égal potentiel de destruction. On pense souvent que sur le long terme, la modification du climat est pire, mais il semble que seule l'espèce humaine soit très menacée (du moins dans ses habitudes actuelles), car moins capable de s'adapter. Les autres évoluent, quand elles le peuvent suffisamment vite. Le nucléaire est aussi un problème sur le long terme puisque nous léguons à des centaines de générations un formidable stock de matière toxique. Deux ou trois générations d'humains du XXème siècle se permettent de laisser à des centaines d'autres le soin de gérer leurs déchets mortels. Moi, ça me choque un peu, quand même.

Dans ce contexte, la préparation de la privatisation d'Areva m'inquiète. Cela pourrait aussi me révolter politiquement, car c'est au passage un cadeau de notre nabotnanoprésident à son copain Bouygues (lire ici, ici ou ici). Il est déjà difficile pour une Areva, propriété de l'Etat Français, d'assurer une parfaite sécurité de ses activités. Qu'en sera-t-il lorsqu'elle aura le statut complet de société privée, avec objectif unique de faire du chiffre (pour gaver ses actionnaires) ? La sécurité sera-t-elle aussi prioritaire ? Question subsidiaire, le démantèlement des centrales sera-t-il effectué par elle, ou, comme je le vois venir, ce coût pharaonique sera-t-il payé par les citoyens, sur le principe de la "mutualisation des pertes et de la privatisation des profits" ?

Il urgent de se rendre compte que certains secteurs ne doivent pas être privatisés.

Dernier point, Areva est en train de négocier la création de centrales nucléaires un peu partout dans le monde. Le nucléaire a la cote, à cause des cours du pétrole. Outre le danger évident de multiplier les risques, notamment dans des zones géopolitiquement instables, on accentue encore plus la pression sur les ressources en combustible, qui est en stock très limité. On reproduit exactement le même schéma qu'avec le pétrole : notre espèce est viscéralement incapable d'apprendre de ses erreurs. C'en est navrant. Et si nous allions un peu de l'avant, pour une fois, et que nous investissions dans l'avenir et les énergies renouvelables, qui, par essence (hu hu, si l'on peut dire :-D ), sont inépuisables ?

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