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samedi 19 juillet 2008

La possibilité d'une mer

Un bâteau perdu sur le fond de la mer d'Aral Mince, deux billets "environnement" à la suite. Mais je ne peux que partager avec vous cette information, vue dans le JT de France 2 ce soir, pour ceux qui seraient passé à coté.

Le magasine Thalassa s'est souvent fait écho de cette terrible catastrophe environnementale, car elle est très emblématique et démontre de manière impressionnante l'impact destructeur que nous avons sur la planète.

La baisse du niveau de la mer d'Aral La mer d'Aral, 4ème mer intérieure du monde, située entre le Kazakhstan et l'Ouzbékistan, couvraient dans les années 60 environ 70000 km². A cette époque, les deux pays appartenaient à l'URSS, et l'Union avait décidé d'y intensifier la culture du coton. Pour arroser ces terres très arides, les deux fleuves qui alimentaient principalement la mer d'Aral ont été détournés. Le résultat ne s'est pas fait attendre : le déficit en eau a provoqué la baisse du niveau de la mer, qui, en l'an 2000, ne faisait plus que 50% de sa superficie initiale, et moins de 20% de son volume. Un énorme désert remplaçait les surfaces qu'occupait auparavant la mer. Et dans celle-ci, l'augmentation de la salinité a fait des ravages sur l'écosystème, de nombreuses espèces ont disparu. Et les populations locales, qui survivaient grâce à la mer, ont été obligées de fuir ou de vivre dans le dénuement, loin de l'eau, avec pour nourriture quelques rares espèces de poisson qui supportaient la concentration en sel.

La catastrophe a commencé à émouvoir lors de l'éclatement de l'URSS, et une première solution a été tentée à la fin des années 90, avec la construction d'une digue qui permettait de réalimenter la partie nord de la mer. Mais cette digue, en se rompant en 1998, sembla sonner le glas de la mer d'Aral.

Une nouvelle tentative a été faite entre 2003 et 2005 : un nouveau barrage de 13 ou 14km a été construit. Depuis, petit à petit, les choses semblent s'améliorer. Le niveau de l'eau est remonté de 6m dans la partie nord de la mer, et la végétation et les poissons sont revenus. Désormais, 15 espèces de poisson sont vendus sur les étals des boutiques alentours, alors qu'on n'en trouvait qu'une seule il y a encore peu de temps. Le commerce s'est relancé, et le Kazakhstan exporte à nouveau du poisson d'Aral, notamment en Ouzbékistan. Grâce à cet argent, une école a pu être ouverte.

Cependant, tout n'est pas rose au bord de la mer d'Aral. Déjà, il faudra énormément de temps pour que la mer retrouve un niveau acceptable ; il a fallu 40 ans pour la vider, de nombreuses années seront nécessaire pour pallier cette situation. D'autre part, seule la partie nord remonte. La partie sud, isolée, reçoit bien peu d'eau pour le moment. Et comme la gestion par l'Ouzbékistan du fleuve qui alimente cette zone semble calamiteuse, cela risque de ne pas s'améliorer tout de suite. Enfin, la forte quantité de sel mais aussi le reliquat de pesticides et d'engrais semblent avoir un impact sur les populations : le nombre d'enfants atteint de malformations est apparemment très alarmant, et il n'est pas impossible qu'une crise sanitaire et humanitaire couve chez les riverains d'Aral.

Malgré ces mauvaises nouvelles, je ne peux qu'être sensible à cette lueur d'espoir qui semble apparaître pour la mer d'Aral. Mes racines bretonnes sont forcément très attachées à la mer, quelle qu'elle soit : c'est quelque chose qui est profondément empreint en moi, elle exerce sur moi une attraction et un pouvoir indescriptibles. La disparition de cette mer, bien sûr évoquée sur un thème émotionnel par les médias, ne m'a jamais laissé indifférent. Mais les choses changent, les ravages que nous provoquons se sont apparemment pas tous irréversibles : il est possible, dans certains cas, de réparer ou d'amoindrir les destructions que nous avons engendrées.

De nouveaux projets sont à l'étude pour renforcer et étendre le barrage qui permet à Aral de renaitre. C'est un évènement, car après sa quasi-destruction, la restauration de la mer d'Aral devient une possibilité tangible. La possibilité d'une mer...




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(c) photo : Jojo Cence : original (licence : CC-ByCC-By-CACC-By-NC).

(c) carte de la mer d'Aral : NordNordWest : original (licence : CC-ByCC-By-CA).