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dimanche 9 janvier 2011

Exposition "L'Or des Incas"

Affiche de l'expo L'or des Incas Même si je suis curieux de nature, c'est probablement parce que j'ai été plongé très tôt dans l'univers des "Mystérieuses cités d'Or" que j'ai une fascination aussi intense pour les civilisations de l'Amérique précolombienne. Que ce soit pour leur art, leurs impressionnants exemples d'architectures, ou pour leurs connaissances tant astronomiques qu'agricoles, les Aztèques, les Incas ou les Mayas provoquent chez moi une admiration sans borne.

Quand j'ai eu connaissance de l'exposition "L'Or des Incas" (à la Pinacothèque, Paris, jusqu'au 06 février 2011), j'ai réorganisé un déplacement que j'avais à Paris en décembre pour pouvoir faire cette visite ; je n'ai pas été déçu.

Par les objets qu'elle regroupe, l'exposition retrace les 3000 ans de l'histoire des peuples précurseurs des Incas (de -1500 à 1500), des premières tribus à l'Empire qui s'est effondré avec l'arrivée des espagnols. Des dizaines de pièces sont exposées, avec le parti pris de démontrer l'importance et l'omniprésence de l'or : le métal précieux était utilisé pour communiquer avec les dieux, comme lien avec le soleil. Il n'est donc pas étonnant de trouver majoritairement de nombreux objets rituels, dédiés à la caste dirigeante ou aux chamans, en or ou en argent : des masques funéraires, des gobelets, des parures, des vêtements ou tissus qui ont traversé les temps. Les peuples Incas possédaient une grande maitrise des sciences, et notamment de la métallurgie : il est très impressionnant de voir dans leurs réalisations ce grand travail de précision, pourtant ouvragé avec des outils finalement assez primitifs.

J'ai trouvé cette expo très bien agencée et intéressante. Elle regroupe de nombreux objets précieux et rares de toute beauté, que l'on a pas beaucoup l'habitude de voir [1]. Les textes explicatifs sont clairs, assez concis, et les panneaux sont très pédagogiques. Et même pas rébarbatifs... J'ai bien peu de reproches à faire. Il manque peut-être quelques explications sur l'usage de certains des objets présentés (les noms sont bien indiqués, mais quid de leur utilité ou de leur usage, pas toujours évident pour les béotiens ?). De plus, la visite est un peu courte : environ 2h en prenant mon temps et en lisant tous les grands panneaux d'explications. Avec un droit d'entrée à plus de 10€, ça me parait un peu cher... La culture a un prix, et il est de moins en moins abordable.

J'ai failli dire qu'il y avait beaucoup trop de monde, mais en fait non, ça c'est de ma faute : quelle idée de faire un musée à Paris, un dimanche après-midi de Décembre, par un temps pluvieux ?? (restercalme) .

Si l'histoire des peuples précolombiens vous intéresse, je ne peux que vous inciter à vous rendre à cette exposition. Il est toujours émouvant de voir ces objets qui ont traversé les siècles pour arriver jusqu'à nous : impossible de ne pas penser aux hommes et aux femmes qui les ont utilisés, qui sont morts sous leurs coups, qui ont été sacrifiés avec ou qui en ont été parés au moment de leurs funérailles, rite commun à quasi totalité de l'Humanité. Ces reliques sont des témoignages d'un gigantesque empire qui s'est très vite effondré sous le feu nourri des espagnols. Un anéantissement qui rappelle qu'une civilisation tient à bien peu de choses, et qui devrait nous inciter à réfléchir encore et encore...

Notes

[1] Je n'ai pas encore mis les pieds au musée des Arts Premiers, au quai Branly, je suppose qu'il y a aussi de très belles pièces.

dimanche 17 mai 2009

Retour sur la semaine écoulée

Jury 4x rouges La semaine passée a été rude pour mes nerfs. Mon oral a eu lieu mercredi, mais l'attente de l'épreuve est un moment difficile. J'étais prêt : cela fait 6 mois que je bosse mon dossier, et je me sentais particulièrement en phase. Comme le disait mon prof de bio au lycée à propos du bac : "ça ne sert à rien d'être prêt avant, ça ne sert à rien d'être prêt après, l'important, c'est d'être prêt le jour J". Ma méthode de travail m'a permis d'être au point cette semaine, et je redoutais tout décalage (pandémie de grippe, problème de transport, annulation d'épreuve, foudre divine...).

Pour éviter tout rebondissement dut à la SNCF, je suis arrivé à Paris la veille. Je me suis baladé en tendant le dos, espérant ne pas être obligé de me rapatrier en toute vitesse à l'hôtel pour cause de pluie. Je suis quand même rentré dans ma chambre d'hôtel deux heures pour fignoler certains détails de ma prestation du lendemain, mais l'idée était quand même de m'aérer et de me changer les idées.

La nuit fut courte, le stress commençait à gagner. Je suis allé faire un saut à Notre-Dame le matin, histoire d'honorer une vieille promesse, puis me suis dirigé vers le lieu du concours. Je me suis installé à un bar, pas loin de mon ministère, puis ai attendu que l'heure fatidique arrive (en toute sobriété, hein, parce qu'arriver saoul comme un cochon à un oral de concours, ce n'est pas forcément une bonne entrée en matière). La matinée fut interminable, j'avais l'impression d'avoir un gremlin dans l'estomac.

Je me suis présenté un peu en avance, ai attendu mon tour, puis suis entré en scène. Car un oral, c'est comme une représentation : il y a le trac quand on est dans les coulisses, et on doit assurer un show parfait quels que soient les idées qui nous traversent, les humeurs qui nous habitent, la fatigue qui nous assaille.

L'oral, qui dure 20 minutes a bien débuté ; je me sentais en confiance avec le jury, et le stress était parti quand je me suis installé. Mais les dernières minutes ont été très laborieuses, car l'un des membres du jury m'a posé des questions perturbantes. En gros, il mettait en doute des choses mentionnées dans mon dossier, et m'a même attribué des propos que je n'ai jamais écrit. Bref, j'ai été un peu désarçonné, et le reste de ma prestation en a évidemment pâti. Je suis sorti très déçu, persuadé d'avoir raté le coche. Quadruple rouge du jury pour Hubiquist ?

J'étais en colère contre moi, mais n'avais plus rien à faire. Il aurait fallu réagir en douceur, sur le coup, mais récuser une affirmation d'un membre du jury, c'est plutôt casse gueule... Bref, je commençais à ressasser à peine sorti de la salle d'examen. La journée promettait d'être chouette.

Pour me faire penser à autre chose, j'ai été passer mon après-midi au Musée du Moyen Age, à l'hôtel de Cluny, dans le 5ème ; cela faisait un moment que je voulais le visiter, et cela vaut le détour (même s'il est un peu en réaménagement en ce moment). Les pièces principales de ce musée sont les six tentures de la Dame à la Licorne, des œuvres magnifiques qui ont inspiré aussi bien Barjavel que JK Rowling (et un grand écart, un). Dans tous les cas, tous ces objets qui ont traversé les siècles jusqu'à nous me touchent bien au-delà de ce que je pourrais exprimer. Mention spéciale pour la guide qui a réussi à me faire sourire en rappelant que la corne de la licorne était une dent de narval ; une copine de Matoo, probablement.

J'ai pris le chemin de retour vers Montpellier en fin de journée (avant que la pluie ne tombe sur Paris, coup de bol), puis ai pris mon mal en patience en attendant la publication des résultats, vendredi dans la soirée. Le verdict est tombé, je n'en croyais pas mes yeux : j'étais reçu. OUF. J'ai relu au moins 5 fois pour être sûr que j'étais bien dans la bonne rubrique. J'ai fermé mon navigateur web, ai attendu 15 secondes, puis l'ai réouvert, et ai été à nouveau vérifier (coupdechaud) . Si, c'était bien ça.

Je suppose donc que les dernières questions du jury n'étaient que des tentatives de déstabilisation, pour voir jusqu'au je pouvais aller. Ben c'est tout vu, merci, j'adore être poussé dans mes retranchements pour le fun.

Qu'est-ce que tout cela va changer pour moi ? D'abord, un petit plus financier, enfin quand le Ministère prendra en compte mon nouveau statut, d'ici 4 à 6 mois (compter entre 100 et 200€ par mois, personne n'a été capable de me dire plus précisément). C'est toujours appréciable. Mais le vrai changement, c'est au niveau de la reconnaissance de mon travail : on admet enfin que le boulot que je fais depuis 6 ans n'est pas celui d'un exécutant de base, et que je faisais un peu plus...

Il reste encore plusieurs étapes avant d'être satisfait de mon statut administratif, mais j'ai la sensation d'avoir enfin franchi un cap. D'ailleurs, cela s'est senti sur mon activité du week-end : allégé d'un fardeau qui me pesait depuis 6 mois, je n'ai pas réussi à me mettre à faire quoi que ce soit.

Et ça fait un bien fou de ne rien avoir à faire...





Photo barbotée sur LePost.fr.

lundi 11 mai 2009

Lettre à Serge

Sun on back Je n'irais finalement passer mon concours à Paris que sur deux petites journées, demain et après-demain. Mon budget est des plus serrés, c'est la crise ma bonne dame. Mes séjours à la capitale sont très rituels : le cérémonial a été établi au début du présent siècle et il repose sur quelques passages obligés. Serge, un de mes amis montpelliérain expatrié à Paris, me racontait ses aventures et ses découvertes, et c'est ainsi, par procuration, que j'ai découvert son terrain de jeux. Je l'y ai rejoint une fois, et il a été un excellent guide. Il n'y habite plus, mais je sais d'ores et déjà quels mots je lui enverrais de Paris.

Salut Sergio,

Me revoilà en aventures à la Capitale, cela me fait une drôle d'impression de revenir ici après toutes ces années. Non pas que cela ait beaucoup changé, ce sont les mêmes habitants et la même météo, tu ne serais pas dépaysé. Mais il y a toujours ton empreinte, que dis-je, ton ombre qui plane à mes côtés quand je parcours ces rues où nous avons vadrouillé tous les deux.

En attendant de pouvoir rejoindre mon hôtel, j'ai été boire un café à ce bar dont tu avais fait ton QG, du coté de la Rue Mouffetard. Je n'ai pas revu la vieille que nous suspections être la sorcière de la rue éponyme, mais elle devait probablement être en train de préparer un mauvais coup. Je n'en reviens pas qu'on ait pu passer autant de temps à parler de ce conte et de cette pauvre vieille...

Je n'ai pas été marcher sur tes pas dans le Marais. Faut pas pousser quand même, j'ai déjà en mémoire pas mal de tes frasques, pas la peine de raviver dans mon esprit toutes celles que je veux oublier :-) . Je me demande combien de tes trophées j'ai pu croiser en deux jours, vu que tu es sorti avec la quasi totalité des gays de ton arrondissement :-p . Ha, si, j'ai quand même été manger rue de Lanneau, dans ce petit resto au nom qui t'allait si bien, le Petit Prince de Paris. On y est toujours bien reçu et bien servi, en plus d'être un vrai régal : cela n'a pas changé. Je me souviens de ce fameux soir où nous cherchions un restaurant dont la carte nous plaisait vraiment. Alors que nous lisions les milles promesses du Petit Prince, nous entendîmes "Tiens, tu crois que ces deux-là sont de la famille ?". Le son venait juste d'au-dessus de nous, d'une fenêtre du resto, où deux serveurs choupinous avaient oublié qu'elle était légèrement entrebâillée... Ou bien peut-être pensaient-ils être hors de portée de nos oreilles. En tout cas, devant leur confusion, tu leur as retourné un clin d'œil qui levait toute ambiguïté, en même temps que tu me disais : "Mmmm, je crois qu'on va manger ici !". Mardi soir, j'y ai bu un verre à toi et au souvenir mémorable de cette soirée.

Entre deux séances d'hospitalisation pour ton VIH et ta tumeur au cerveau, avant que tu ne perdes la mémoire, je t'avais promis qu'à chaque passage à Paris, si je le pouvais, j'irais allumer une bougie pour toi à Notre-Dame. Tu y avais trouvé refuge à plusieurs reprises et cela semblait tellement important pour toi, je ne pouvais pas refuser. Même si on fait difficilement plus mécréant que moi (coupdechaud) , j'ai tenu ma promesse.

Cela fait quasiment 7 ans jour pour jour que tu es mort, et pourtant chacun de mes passages par ici fait ressurgir de nombreux souvenirs. Je pense toujours aussi souvent à toi, même s'il y a longtemps que je n'attends plus ton petit coup de fil hebdomadaire. Ton absence a été difficile, au début, et mes longues marches le long des grands boulevards sans ta présence douce, tactile et taquine sont accompagnées d'un vide immense.

Un seul être vous manque, et même Paris semble dépeuplé.






(c) photo : Arnoarno - original (licence : CC-ByCC-By-NC).

vendredi 13 mars 2009

Migration de printemps

Vue TGV J'ai vraisemblablement travaillé dans le bon sens fin janvier, en remettant mon rapport d'activité écrit, réécrit et réréécrit : je viens de passer la première étape d'un concours interne qui pourrait me permettre de monter un peu en grade [1]. C'est un soulagement de passer au travers du premier écrémage, mais le plus dur reste à faire : j'ai un oral en mai à Paris.

Le stress commence à monter puisque nous sommes nombreux sur les rangs, c'est loin d'être gagné : il y a encore 40 candidats pour 6 postes, il va falloir être brillant et convainquant. Et ne pas faire de gaffe, comme la fois où j'avais tutoyé le membre d'un jury qui attendait dans un hall, comme les candidats, en pensant que c'était un collègue... Ce qu'il était d'ailleurs, après tout :-) . Mais bon, je ne vous dis pas à quel point j'étais à l'aise en me présentant devant le jury (coupdechaud) . Heureusement que je n'avais pas eu l'idée de le draguer. Mais j'aurais pu, ça aurait été une gaffe de mon niveau...

Bref. Le coté positif de l'affaire, c'est que cela fait 1 ou 2 ans que j'ai envie de faire un saut à Paris, pour retrouver certains lieux que j'apprécie particulièrement et me faire quelques expos. Mon mari refuse de faire l'escapade sur un week-end prolongé, mais là, comme je suis "obligé" de faire le trajet, je compte bien en profiter, avec ou sans lui.

Paris au mois de mai, c'est quand même plutôt sympa, c'est même probablement l'un des meilleurs moments. Bon, je n'ai plus qu'à organiser l'ordre des musées 8-) .




(c) photo : Ciloé : original (licence : CC-By).

Notes

[1] Si je suis promu, je monterais en grade mais je perdrais un peu de salaire, du moins sur le court terme, pendant 1 ou 2 ans... Vive l'Administration...