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Mot-clé - Nucléaire

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dimanche 10 août 2008

Une bombe nucléaire pour détecter la vie sur Mars ?

Mars et les Pléïades Je suis en congés pour 3 semaines, et profite de mon temps libre pour (entre autre) rattraper mon retard de lecture. En feuilletant le mensuel Ciel et Espace de Juillet, au coeur d'un dossier sur la planète Mars, je suis tombé sur un petit encadré qui m'a fait bondir... Un exobiologiste explique que s'il y a des traces de vie sur Mars, elles sont probablement enfouies sous la terre, à 1 ou 2 km de profondeur. Il n'exclut pas que cette vie existe toujours, au sein de réservoirs d'eau dont la température serait plus clémente qu'en surface.

Pour accéder à ces traces, il n'est pas opposé à l'usage d'une bombe nucléaire sur la planète rouge (kwa) . Selon lui, les couches profondes qui seraient ramenées à la surface ne seraient pas contaminées par les rayonnements, et les éventuelles traces de vie seraient intactes. Cependant, cela ne semble pas près de se faire, car selon lui, "les gens n'aiment pas l'idée de faire exploser un engin nucléaire sur une autre planète"[1]. Bheu dis donc, les gens ne sont pas drôles : on ne peut même plus faire péter ses bonbounettes où l'on veut.

L'idée m'a particulièrement atterré. Ce n'est pas que je préfère qu'on fasse exploser nos bombes sur Terre, on est bien d'accord. Mais le fait d'aller ravager une autre planète, d'aller en polluer sa surface, d'exposer ses éventuelles formes de vie aux radiations me choque un peu. Nous continuons à ravager notre propre planète malgré le fait qu'elle soit le seul ilot vivable de notre portion d'univers, et on pense déjà à aller sagouiner les planètes voisines[2]. C'est affligeant.

Dans le même numéro mais dans un autre registre, un article très intéressant a été publié sur l'effet supposé de la pleine lune sur les affaires humaines. Que ce soit les violences, les naissances, les décès, les suicides, les accidents, les catastrophes naturelles (...) aucune corrélation n'a pu être établie par les scientifiques entre ces évènements et les phases de la lune. Une tradition populaire très ancrée affirme pourtant que le nombre de naissances est plus important les nuits de pleine lune : une étude américaine portant sur 20 ans et 70 millions de naissances (de même qu'une autre faite en Europe, mais sur un nombre de naissances non indiqué) prouve que là encore, aucune corrélation n'existe. De quoi donner un coup de boule à un mythe bien enraciné. Et moi, j'aime bien quand ce genre de mythe est démonté...


(c) photo : adriangonsalves : original (licence : CC-ByCC-By-CACC-By-NC).

Notes

[1] Ciel et espace n°457, Juin 2008, p. 41.

[2] En plus, Mars est la seule planète vraiment candidate réaliste pour pouvoir accueillir une population humaine, si cela était nécessaire dans les siècles à venir.

mercredi 23 juillet 2008

Un doute m'effleure...

Bombe nucléaire à Bikini ... Vous pensez qu'ils le font exprès ?

samedi 19 juillet 2008

Privatisation d'Areva : allons-nous tous iradier (de bonheur) ?

Bombe nucléaire à Bikini C'est amusant, quand même, la loi des séries. En quelques jours, deux incidents annoncés comme mineurs ont ponctué l'actualité : le 09/07 dans le Vaucluse et le 17/07 dans la Drôme. Le premier a aussi permis de révéler une pollution plus ancienne des nappes phréatiques, non détectée jusque là (sympa pour les riverains qui utilisaient l'eau depuis des années...). Tous ont été provoqués par des filiales d'Areva.

Ces petites pollutions de niveau 1 (de 80 à 100 par an, selon la PDG d'Areva, Anne LAUVERGEON, dont une dizaine imputables à Areva), même très mineures, sont donc fréquentes, et bien peu médiatisées. J'ai cherché sur le site de l'Autorité de Sûreté Nucléaire quelles étaient les statistiques d'alerte de chacun des niveaux, mais je n'ai pas trouvé (Ce site fait peur... Le nombre d'incidents de radiothérapie est affolant...). Il n'y a guère de transparence, et on sent bien que le problème réside souvent dans la délégation du travail aux sous-traitants, qui ne prennent pas toutes les précautions ou qui ne forment pas bien leur personnel (souvent intérimaire).

Au passage, on notera qu'une fois de plus, on fait dire n'importe quoi aux sondages : une enquête explique que les Français ont plus peur du réchauffement climatique que du nucléaire. C'est sûr qu'à choisir entre la peste et le choléra, on prendra le moins pire. Mais on compare deux choses différentes qui ont juste un égal potentiel de destruction. On pense souvent que sur le long terme, la modification du climat est pire, mais il semble que seule l'espèce humaine soit très menacée (du moins dans ses habitudes actuelles), car moins capable de s'adapter. Les autres évoluent, quand elles le peuvent suffisamment vite. Le nucléaire est aussi un problème sur le long terme puisque nous léguons à des centaines de générations un formidable stock de matière toxique. Deux ou trois générations d'humains du XXème siècle se permettent de laisser à des centaines d'autres le soin de gérer leurs déchets mortels. Moi, ça me choque un peu, quand même.

Dans ce contexte, la préparation de la privatisation d'Areva m'inquiète. Cela pourrait aussi me révolter politiquement, car c'est au passage un cadeau de notre nabotnanoprésident à son copain Bouygues (lire ici, ici ou ici). Il est déjà difficile pour une Areva, propriété de l'Etat Français, d'assurer une parfaite sécurité de ses activités. Qu'en sera-t-il lorsqu'elle aura le statut complet de société privée, avec objectif unique de faire du chiffre (pour gaver ses actionnaires) ? La sécurité sera-t-elle aussi prioritaire ? Question subsidiaire, le démantèlement des centrales sera-t-il effectué par elle, ou, comme je le vois venir, ce coût pharaonique sera-t-il payé par les citoyens, sur le principe de la "mutualisation des pertes et de la privatisation des profits" ?

Il urgent de se rendre compte que certains secteurs ne doivent pas être privatisés.

Dernier point, Areva est en train de négocier la création de centrales nucléaires un peu partout dans le monde. Le nucléaire a la cote, à cause des cours du pétrole. Outre le danger évident de multiplier les risques, notamment dans des zones géopolitiquement instables, on accentue encore plus la pression sur les ressources en combustible, qui est en stock très limité. On reproduit exactement le même schéma qu'avec le pétrole : notre espèce est viscéralement incapable d'apprendre de ses erreurs. C'en est navrant. Et si nous allions un peu de l'avant, pour une fois, et que nous investissions dans l'avenir et les énergies renouvelables, qui, par essence (hu hu, si l'on peut dire :-D ), sont inépuisables ?

mardi 8 juillet 2008

Le nucléaire, ça ne pollue pas

Bombe nucléaire à Bikini C'est bien connu, le nucléaire est une énergie propre, c'est même Roselyne BACHELOT qui l'a dit. Sauf en cas d'incident. Mais ça n'arrive jamais, non ?

Et même pas je fais mon petit couplet sur les dangers de la privatisation d'EDF ou sur les filiales et sous-traitants qui font appel à des intérimaires mal formés. Rassurez-vous, je me rattraperai...

mercredi 4 juin 2008

Spectre nucléaire

Centrale nucléaire de Cruas Il s'agit apparemment d'un petit incident sans fuite radioactive (voir ici et là, plus complet), mais l'incident nucléaire dans la centrale de Krsko (Slovénie) me rappelle de mauvais souvenirs.

J'ai vécu mes 18 premières années à l'ombre d'une centrale du val de Loire, et jusqu'au sombre 26 avril 1986, je ne m'étais jamais posé de question. Evidemment, à 9 ans, cela semble normal, et quoi de plus innocent que ce très beau panache de vapeur blanche qui s'envole vers le ciel, point de repère visible de loin, et qui signifiait enfin l'arrivée à la maison quand nous partions en vacances et restions de longues heures dans la voiture... Bien sûr, ce panache était étrange et déplacé, gros nuage pelucheux même dans le plus bel azur des cieux d'été. Cela pouvait être beau.

Mais à partir du printemps 1986, ma vision des choses a changé. Et pas que la mienne, d'ailleurs : pendant plusieurs années (cela a dû s'estomper, plus de 20 ans après la catastrophe), quand la sirène des pompiers retentissait, la vie s'arrêtait, et tout le monde comptait le nombre de coups de sirène (une rumeur disait qu'un incident nucléaire serait signalé par 8 coups, mais je n'ai jamais su si c'était vrai ou non...). Je ne sais pas si je projetais ma propre peur, mais je crois qu'il y avait vraiment une inquiétude.

J'ai quitté ma région natale, mais il reste un petit fond d'angoisse quand je reste longtemps près d'une centrale nucléaire.

L'énergie tirée du nucléaire est bonne sur le papier. L'investissement est lourd, mais rentable : nous avons l'une des électricités les moins chères d'Europe (ça ne va pas durer), nous l'exportons beaucoup, et on peut être sûr que la bonne qualité générale de notre air lui doit énormément.

Mais... On ne peut pas éluder quelques soucis de taille : que fait-on des déchets ? La question est loin d'être réglée, et nous avons pour le moment judicieusement enterré le sujet, au sens propre, en espérant qu'une des nombreuses générations qui aura à les supporter trouvera une solution. Et il n'y a pas que les déchets de combustible : les matériaux de construction sont aussi partiellement dangereux. D'autre part, cela va nous coûter un oeil ou deux de démanteler les centrales quand elles seront arrivées en fin de vie : EDF a provisionné quelques millions en anticipation de ces dépenses, mais tout le monde s'accorde à penser que cela ne sera pas suffisant (en se basant sur l'expérience du démantèlement de la centrale de Brennilis, toujours en cours plus de 20 ans après l'arrêt de la centrale).

La filière nucléaire, très en vogue actuellement à cause des sommets atteints par le cours du pétrole, a-t-elle un avenir ? Notre nanoprésident semble le penser, puisque d'un coté, il essaye d'en vendre dans tous les pays qu'il visite (y compris les moins fréquentables) et de l'autre, il essaye de refiler en douce Areva à son copain Bouygues. Mais au delà de la durée de vie de nos actuelles centrales, le même problème que pour le pétrole se profile : les réserves de combustible ne sont pas infinies, et même si l'horizon de pénurie est lointain au rythme de la consommation actuelle, il se rapprochera de toute façon.

Et si pour une fois, on voyait vraiment notre approvisionnement en énergie sur le long terme ?





Photo : (c) Alain Bachellier : original (licence : CC-ByCC-By-NDCC-By-NC).