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Mot-clé - Microsoft

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dimanche 31 août 2008

Du dépôt abusif de brevets

Erreur Le système de brevet existe normalement pour protéger pendant quelques temps une innovation technologique ou industrielle : cela permet à l'inventeur du procédé d'en avoir l'exclusivité, notamment pour avoir un peu de temps afin de le commercialiser et amortir les coûts de recherche.

Mais des entreprises comme Microsoft font du système de brevet une utilisation particulièrement perverse. Ainsi, cette entreprise pond régulièrement des brevets quelques peu abusifs : le double-clic et la molette pour souris en 2004, et, il y a quelques jours, une méthode de défilement des documents par sauts d'une taille exacte (par exemple, défilement page par page).

Un autre exemple, pas tout frais : British Telecom avait demandé la reconnaissance de paternité des liens hypertextes (rien que ça...), et voulait percevoir des royalties. Cela aurait pu être destructeur pour le Web, puisqu'il repose essentiellement sur l'hypertexte. Heureusement, la demande a été rejetée en 2002.

Ces brevets n'ont pas cours en Europe, ils ne sont valides qu'aux Etats-Unis. Mais cela veut dire que là-bas, Microsoft est reconnu inventeur du procédé (alors qu'il existait longtemps avant ; pour le défilement page par page, il existait même déjà à la date de création de Microsoft), et donc que l'entreprise peut en interdire l'usage ou demander des royalties. Autre point choquant, c'est que les termes des brevets sont très vagues et très génériques, et peuvent couvrir de nombreuses autres inventions.

En Europe, jusqu'à maintenant, le principe d'antériorité est assez bien respecté : si un procédé existait de manière avéré avant le dépôt du brevet, ce dernier est généralement rejeté. De plus, les brevets logiciels sont plus ou moins bien encadrés ; ils ne sont en tout cas pas aussi permissifs qu'aux Etats-Unis. Mais les entreprises comme Microsoft, qui font beaucoup d'argent avec les brevets, usent de tout moyen pour que le droit européen dans ce domaine évolue vers la méthode américaine. Ainsi, sous la pression des lobbies, la Commission Européenne voulait autoriser les brevets logiciels. La réforme a été rejetée par le Parlement Européen, mais la vigilance reste de mise, les brevets logiciels pourraient revenir par la petite porte.

Pour aller plus loin sur le sujet :

mardi 22 avril 2008

Fin de série

Les 4400 Le week-end ayant été particulièrement moche, c'était une occasion inespéré de faire un ultime week-end couette avant l'arrivée de l'été (aujourd'hui). Du coup, j'ai regardé les 5 ultimes épisodes des 4400.

Attention, je vais spoiler un peu, donc si vous êtes fan de la série et que vous n'avez pas vu l'épisode 4/11, revenez un peu plus tard :-)

L'antépénultième épisode ("Combattre le destin", "Ghost in the Machine") m'a beaucoup amusé. Pour simplifier, dans la série, le patron de la plus grande boite informatique mondiale (Drew Imroth, président d'Ubient Software) serait l'un des grands méchants, un des "marqués", envoyé du futur pour éviter que les 4400 et les Positifs ne changent le monde.

Le fleuron d'Ubient, son système d'exploitation Enzyme, est présent partout, des serveurs aux PC en passant par les téléphones. Or, ce système d'exploitation avait été acheté une poignée de dollars à son auteur, Warren Trask, et Drew Imroth en a largement tiré des bénéfices : alors que Trask vivote, Imroth est devenu milliardaire. D'où une certaine amertume de Trask...

Ce dernier, après avoir pris de la promicine, a développé un don particulier : il a généré un virus informatique qui se répand à toute vitesse sur les réseaux, et qui a pour but d'attaquer Enzyme. L'attaque est fulgurante et réussie, les réseaux tombent, les serveurs flanchent, les PC et les téléphones ne fonctionnent plus. Les archives sont rendues inaccessibles, et tous les documents sont perdus. Une apocalypse informatique, qui touche le monde entier, et qui manque de peu de réduire Ubient à néant.

Toute allusion à des personnes existantes est purement voulue :-) En excluant bien sûr le dernier paragraphe purement science-fiction, remplacez Drew Imroth par Bill Gates, Warren Trask par Tim Paterson, et Enzyme par QDos, l'ancêtre de MSDos, et vous comprendrez que les scénaristes des 4400 ne sont pas allé chercher très loin cette partie de la série ! Seraient-ils libristes :-D ?

En tout cas, cela m'a beaucoup amusé de voir cette allusion très franche à l'histoire de l'informatique. La description de la pagaille qui règnerait en cas de diffusion d'un virus destructeur ciblant les systèmes Windows est assez bien faite, beaucoup d'entreprises ou d'administrations seraient bloquées, et cela aurait des conséquences catastrophiques sur l'économie, déjà pas très bien en point en ce moment :-)

Pour en revenir aux 4400, je dois dire que je suis soulagé par la fin de cette 4ème saison, que je voyais mal engagée. Mais non, ils ont réussi à faire une fin de saison qui se tient. A priori, il n'y aura pas de 5ème saison, mais la fin de celle-là est très équilibrée. Il reste quelques petites interrogations mineures, mais on ne reste pas planté devant l'écran final avec un bouquet infernal de rebondissements qui font criser quand on sait qu'on a encore 1 an à attendre avant la suite...