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Mot-clé - Martine Aubry

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dimanche 7 décembre 2008

Allez, au boulot !

A gauche toute ! Fin du spectacle au PS. Le cycle de renouvellement des organes internes vient de se clore hier samedi : après le vote des motions et le choix du Premier Secrétaire, la nouvelle direction du Parti Socialiste a enfin mis sur pied son Secrétariat National, l'organe qui gère le Parti.

En lisant l'organigramme et la liste les 38 personnes qui composent ce Secrétariat version 2008, je suis satisfait et trouve enfin une raison de croire que les choses vont changer au PS. Une petite flammèche d'espoir, qui, j'espère, ne sera pas soufflée par tout le vent que brassent les partisans de Ségolène Royal.

Le nouveau Secrétariat respecte la parité, fait une bonne place aux jeunes et aux représentants des minorités, et n'est pas exclusivement composé des habituels caciques : il y a beaucoup de nouvelles têtes. Le Parti semble aussi prendre un vrai virage à gauche : Benoît Hamon devient n°2 (il est nommé Porte-Parole), et Arnaud Montebourg n'est pas très loin (il est Secrétaire national chargé de la rénovation). Mais il y a beaucoup d'autres personnalités notables dans cette auguste assemblée :

  • à l'éducation, Bruno Julliard, ex-figure de la fronde anti-CPE ;
  • Patrick Bloche, autrefois porteur du projet de loi sur le PACS ;
  • Christian Paul, un des trop rares élus à bien maitriser les NTIC, chargé dans le Secrétariat National du "laboratoire des idées" ;
  • Olivier Dussopt, benjamin de l'Assemblée Nationale (il est député-maire d'Annonay en Ardèche).

Il va falloir quelques jours ou quelques semaines pour que les personnes et l'organisation se mettent en place, mais je suis assez confiant. Il suffit d'écouter Benoît Hamon sur France Info pour sentir l'impatience qu'il doit ressentir.

Et nous aussi, citoyens de base dont le coeur penche à Gauche, nous sommes impatients.

dimanche 12 octobre 2008

Le nécessaire virage à gauche

A gauche toute ! Je viens de prendre enfin le temps de regarder les 17 minutes du discours de Benoît Hamon, lors de la présentation des motions socialistes, le 08 octobre, en préparation du Congrès de Reims. Voilà une vision du PS qui est fait du bien à entendre.

C'est grâce à Pascal que je me suis un peu plus intéressé à lui : il est moins fantasque que mon favori Montebourg (avec qui il a longtemps été proche) et ne m'a pas déçu comme Moscovici. Il est pour moi l'une des seules réelles alternatives crédibles pour le renouveau du PS, Les autres candidats au poste de Premier Secrétaire ont probablement de bonnes idées, mais peu présentent autant d'ambitions de changement et de retour aux sources du parti, à savoir le socialisme.

Car plusieurs candidats proposent de tendre vers le Social-libéralisme ; avec les évènements de ces derniers mois, on se rend compte qu'il s'agit d'une fausse piste. Même les Anglais, pourtant libérophiles, retournent vers le bon vieux refuge gauchiste en nationalisant les banques (même si tout le monde clame que c'est une nationalisation, pardon, une prise de participation temporaire). Il n'empêche, les faits sont là : l'interventionnisme est salvatrice quand les marchés sont pris de folie. Mais le régulateur n'a pas joué son rôle : au lieu d'être le pompier arrosant le brasier, il aurait dû prévenir et anticiper la catastrophe, qui nous pendait au nez depuis des années. Cela fait au moins deux ans que l'on sait aller vers une crise (l'éclatement de la bulle spéculative autour de l'immobilier était prévue) ; beaucoup ne la pensaient pas très importante, certains feignaient même de l'ignorer ou de ne pas y croire. Elle n'en a pas moins été l'étincelle embrasant le système. Les Etats auraient dû intervenir sur les marchés immobiliers pour éviter l'effet de contagion. Surtout que beaucoup (pas forcément les politiques, mais au moins les banquiers) savaient que la coque du navire était bouffée par les vers des "actifs toxiques".

Le Social-libéralisme à l'Anglaise est un échec. Il a montré son impuissance face à la crise. Prendre cette direction au PS serait une véritable erreur stratégique. Le monde (et la France en particulier, après 8 ans de règne sans partage de la Droite) a besoin de solidarité et de partage. Il n'est pas vivable pour notre planète ni pour notre espèce qu'une poignée de personnes affame les populations, transforme les travailleurs en esclaves devant bosser toujours plus, leur ruine la santé, épuise les ressources naturelles et ravage l'écosystème global juste pour que cette poignée d'élus se fasse toujours plus de pognon[1].

Le PS doit ouvrir la voie, car contrairement à ce que clame la Droite, ce ne sont pas les gens de Gauche les conservateurs et les rétrogrades. Le progrès, cela a quasiment toujours été la Gauche. Cela veut dire : assumer clairement le S de son sigle. Si l'on tient compte des données économiques actuelles, il est probable que les idées à gauche de la Gauche de Benoît Hamon et de ses comparses plaisent, et cela serait une bonne chose. Il faut que je me décide à finir la lecture de sa Contribution (c'est dense). J'ai aussi la Contribution de Martine Aubry sous le coude ; j'aime bien le personnage, mais je ne sais pas trop où elle se positionne sur le complexe et mouvant échiquier socialiste...

Le congrès qui va se dérouler à Reims est d'une importance vitale. C'est lui qui va déterminer si nous allons rempiler pour 5 ans de Sarkozysme en 2012. Et cela me fait frémir d'imaginer le PS dirigé par la même équipe que celle qui finit son mandat, avec juste un changement de chef, sans changement de ligne d'action.




Edit : Benoît Hamon était à Ripostes, dimanche soir sur France 5. Débat intéressant, mais c'est là qu'on se rend compte qu'au PS, ils ne sont pas très bons communicants, et qu'au Gouvernement, ils maitrisent parfaitement bien l'outil.

Notes

[1] "Tout ça pour qu'un p'tit con gagne des millions", comme chante Ridan dans Objectif terre.