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Mot-clé - Mémoire

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lundi 11 mai 2009

Lettre à Serge

Sun on back Je n'irais finalement passer mon concours à Paris que sur deux petites journées, demain et après-demain. Mon budget est des plus serrés, c'est la crise ma bonne dame. Mes séjours à la capitale sont très rituels : le cérémonial a été établi au début du présent siècle et il repose sur quelques passages obligés. Serge, un de mes amis montpelliérain expatrié à Paris, me racontait ses aventures et ses découvertes, et c'est ainsi, par procuration, que j'ai découvert son terrain de jeux. Je l'y ai rejoint une fois, et il a été un excellent guide. Il n'y habite plus, mais je sais d'ores et déjà quels mots je lui enverrais de Paris.

Salut Sergio,

Me revoilà en aventures à la Capitale, cela me fait une drôle d'impression de revenir ici après toutes ces années. Non pas que cela ait beaucoup changé, ce sont les mêmes habitants et la même météo, tu ne serais pas dépaysé. Mais il y a toujours ton empreinte, que dis-je, ton ombre qui plane à mes côtés quand je parcours ces rues où nous avons vadrouillé tous les deux.

En attendant de pouvoir rejoindre mon hôtel, j'ai été boire un café à ce bar dont tu avais fait ton QG, du coté de la Rue Mouffetard. Je n'ai pas revu la vieille que nous suspections être la sorcière de la rue éponyme, mais elle devait probablement être en train de préparer un mauvais coup. Je n'en reviens pas qu'on ait pu passer autant de temps à parler de ce conte et de cette pauvre vieille...

Je n'ai pas été marcher sur tes pas dans le Marais. Faut pas pousser quand même, j'ai déjà en mémoire pas mal de tes frasques, pas la peine de raviver dans mon esprit toutes celles que je veux oublier :-) . Je me demande combien de tes trophées j'ai pu croiser en deux jours, vu que tu es sorti avec la quasi totalité des gays de ton arrondissement :-p . Ha, si, j'ai quand même été manger rue de Lanneau, dans ce petit resto au nom qui t'allait si bien, le Petit Prince de Paris. On y est toujours bien reçu et bien servi, en plus d'être un vrai régal : cela n'a pas changé. Je me souviens de ce fameux soir où nous cherchions un restaurant dont la carte nous plaisait vraiment. Alors que nous lisions les milles promesses du Petit Prince, nous entendîmes "Tiens, tu crois que ces deux-là sont de la famille ?". Le son venait juste d'au-dessus de nous, d'une fenêtre du resto, où deux serveurs choupinous avaient oublié qu'elle était légèrement entrebâillée... Ou bien peut-être pensaient-ils être hors de portée de nos oreilles. En tout cas, devant leur confusion, tu leur as retourné un clin d'œil qui levait toute ambiguïté, en même temps que tu me disais : "Mmmm, je crois qu'on va manger ici !". Mardi soir, j'y ai bu un verre à toi et au souvenir mémorable de cette soirée.

Entre deux séances d'hospitalisation pour ton VIH et ta tumeur au cerveau, avant que tu ne perdes la mémoire, je t'avais promis qu'à chaque passage à Paris, si je le pouvais, j'irais allumer une bougie pour toi à Notre-Dame. Tu y avais trouvé refuge à plusieurs reprises et cela semblait tellement important pour toi, je ne pouvais pas refuser. Même si on fait difficilement plus mécréant que moi (coupdechaud) , j'ai tenu ma promesse.

Cela fait quasiment 7 ans jour pour jour que tu es mort, et pourtant chacun de mes passages par ici fait ressurgir de nombreux souvenirs. Je pense toujours aussi souvent à toi, même s'il y a longtemps que je n'attends plus ton petit coup de fil hebdomadaire. Ton absence a été difficile, au début, et mes longues marches le long des grands boulevards sans ta présence douce, tactile et taquine sont accompagnées d'un vide immense.

Un seul être vous manque, et même Paris semble dépeuplé.






(c) photo : Arnoarno - original (licence : CC-ByCC-By-NC).

mardi 28 avril 2009

Montpellier de Janeiro

Grains de café Ce matin, en sortant de chez moi, j'ai eu la bonne surprise de sentir que la ville était couverte par une délicieuse odeur de café grillé. Cela arrive régulièrement, à Montpellier, mais il y avait longtemps que nous n'en avions pas profité.

Je suis ici depuis 2000, et il m'a fallu plusieurs années pour comprendre d'où venait ce phénomène mystérieux : quand un léger vent à dominance ouest souffle, il amène sur la ville la subtile odeur des usines de café Jacques Vabre de Lavérune, à quelques kilomètres de Montpellier. Un vrai régal, qui provoque chez moi plusieurs effets immédiats.

Dans un premier temps, il met tous mes sens en éveil. Je fais partie des accrocs au café, cela me sensibilise probablement, mais l'odeur de la torréfaction du café est bien particulière, extrêmement sensuelle et suave, et elle ne manque pas de me procurer un plaisir fou. C'est quasi orgasmique.

Cette odeur provoque aussi un effet madeleinedeproustien, et fait remonter à la surface de mon esprit des images de mon enfance. Nous allions tous les ans à Tours début Décembre en quête d'idées de jouets pour le Père Noël ; pour nous récompenser d'avoir été sages dans les boutiques noires de monde, nous allions chercher quelques loukoums au Damier Vert, un chocolatier-confiseur local bien connu [1]. Le chemin nous faisait passer devant un torréfacteur, peut-être rue des Halles, je ne sais plus, et l'odeur de café grillé embaumait une partie de la rue. C'est impressionnant ce conditionnement de l'esprit à associer une odeur et un plaisir gourmand en devenir...

Il y a un dernier effet supplémentaire, parfois un peu embarrassant quand j'y succombe. Les "rues parfumées de café grillé" provoquent chez moi une irrépressible envie de chanter une certaine chanson d'un groupe (heureusement ?) quasi-disparu, Gold. Inévitablement, je fredonne la chanson pendant 2 jours, sans pouvoir la bannir de mon esprit.

Activation du mode "je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans. etc." :


Gold - Rio de Janvier - Le Palais des Sports

Si Deezer semble bloquer la diffusion depuis le blog allez à cette page pour pouvoir entendre le morceau [2].





(c) photo : nasebaer - original (licence : CC-ByCC-By-NDCC-By-NC).

Notes

[1] Une vraie tradition familiale que l'on continue de perpétuer, même en dehors de Noël et même si nous n'avons pas été sages :-p

[2] Je ne vous l'ai jamais dit à quel point Deezer m'énerve ?

lundi 22 septembre 2008

Oubli de réveil

Réveil matin Je me lève théoriquement tous les matins vers 06h30 pour aller au sport, mais hier soir, peut-être parce que j'ai bu comme un trou au gros repas avec ma belle-famille, j'ai oublié de le mettre en marche.

En plein milieu d'un rêve étrange où je devais faire accoucher la mère de mes jumeaux (pour ceux qui ne suivent pas, 1) la vue du sang me fait tourner de l'oeil, 2) et je suis gay...), bam, je me réveille, avec une seule et unique pensée obsédante en tête : j'ai oublié de mettre le réveil !

Plutôt content de m'être réveillé dans la nuit pour rattraper un coup qui aurait pu finir en catastrophe du genre "ouverture de paupières à 09h00", j'attrape l'objet diabolique. Et là, je vois l'heure : 06h28.

Le fonctionnement de notre organisme, et tout particulièrement celui de notre cerveau m'impressionnera toujours. La machinerie humaine, c'est quand même bien foutu.




(c) photo : alecska - original (licence : CC-ByCC-By-CACC-By-NC).