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dimanche 17 mai 2009

Retour sur la semaine écoulée

Jury 4x rouges La semaine passée a été rude pour mes nerfs. Mon oral a eu lieu mercredi, mais l'attente de l'épreuve est un moment difficile. J'étais prêt : cela fait 6 mois que je bosse mon dossier, et je me sentais particulièrement en phase. Comme le disait mon prof de bio au lycée à propos du bac : "ça ne sert à rien d'être prêt avant, ça ne sert à rien d'être prêt après, l'important, c'est d'être prêt le jour J". Ma méthode de travail m'a permis d'être au point cette semaine, et je redoutais tout décalage (pandémie de grippe, problème de transport, annulation d'épreuve, foudre divine...).

Pour éviter tout rebondissement dut à la SNCF, je suis arrivé à Paris la veille. Je me suis baladé en tendant le dos, espérant ne pas être obligé de me rapatrier en toute vitesse à l'hôtel pour cause de pluie. Je suis quand même rentré dans ma chambre d'hôtel deux heures pour fignoler certains détails de ma prestation du lendemain, mais l'idée était quand même de m'aérer et de me changer les idées.

La nuit fut courte, le stress commençait à gagner. Je suis allé faire un saut à Notre-Dame le matin, histoire d'honorer une vieille promesse, puis me suis dirigé vers le lieu du concours. Je me suis installé à un bar, pas loin de mon ministère, puis ai attendu que l'heure fatidique arrive (en toute sobriété, hein, parce qu'arriver saoul comme un cochon à un oral de concours, ce n'est pas forcément une bonne entrée en matière). La matinée fut interminable, j'avais l'impression d'avoir un gremlin dans l'estomac.

Je me suis présenté un peu en avance, ai attendu mon tour, puis suis entré en scène. Car un oral, c'est comme une représentation : il y a le trac quand on est dans les coulisses, et on doit assurer un show parfait quels que soient les idées qui nous traversent, les humeurs qui nous habitent, la fatigue qui nous assaille.

L'oral, qui dure 20 minutes a bien débuté ; je me sentais en confiance avec le jury, et le stress était parti quand je me suis installé. Mais les dernières minutes ont été très laborieuses, car l'un des membres du jury m'a posé des questions perturbantes. En gros, il mettait en doute des choses mentionnées dans mon dossier, et m'a même attribué des propos que je n'ai jamais écrit. Bref, j'ai été un peu désarçonné, et le reste de ma prestation en a évidemment pâti. Je suis sorti très déçu, persuadé d'avoir raté le coche. Quadruple rouge du jury pour Hubiquist ?

J'étais en colère contre moi, mais n'avais plus rien à faire. Il aurait fallu réagir en douceur, sur le coup, mais récuser une affirmation d'un membre du jury, c'est plutôt casse gueule... Bref, je commençais à ressasser à peine sorti de la salle d'examen. La journée promettait d'être chouette.

Pour me faire penser à autre chose, j'ai été passer mon après-midi au Musée du Moyen Age, à l'hôtel de Cluny, dans le 5ème ; cela faisait un moment que je voulais le visiter, et cela vaut le détour (même s'il est un peu en réaménagement en ce moment). Les pièces principales de ce musée sont les six tentures de la Dame à la Licorne, des œuvres magnifiques qui ont inspiré aussi bien Barjavel que JK Rowling (et un grand écart, un). Dans tous les cas, tous ces objets qui ont traversé les siècles jusqu'à nous me touchent bien au-delà de ce que je pourrais exprimer. Mention spéciale pour la guide qui a réussi à me faire sourire en rappelant que la corne de la licorne était une dent de narval ; une copine de Matoo, probablement.

J'ai pris le chemin de retour vers Montpellier en fin de journée (avant que la pluie ne tombe sur Paris, coup de bol), puis ai pris mon mal en patience en attendant la publication des résultats, vendredi dans la soirée. Le verdict est tombé, je n'en croyais pas mes yeux : j'étais reçu. OUF. J'ai relu au moins 5 fois pour être sûr que j'étais bien dans la bonne rubrique. J'ai fermé mon navigateur web, ai attendu 15 secondes, puis l'ai réouvert, et ai été à nouveau vérifier (coupdechaud) . Si, c'était bien ça.

Je suppose donc que les dernières questions du jury n'étaient que des tentatives de déstabilisation, pour voir jusqu'au je pouvais aller. Ben c'est tout vu, merci, j'adore être poussé dans mes retranchements pour le fun.

Qu'est-ce que tout cela va changer pour moi ? D'abord, un petit plus financier, enfin quand le Ministère prendra en compte mon nouveau statut, d'ici 4 à 6 mois (compter entre 100 et 200€ par mois, personne n'a été capable de me dire plus précisément). C'est toujours appréciable. Mais le vrai changement, c'est au niveau de la reconnaissance de mon travail : on admet enfin que le boulot que je fais depuis 6 ans n'est pas celui d'un exécutant de base, et que je faisais un peu plus...

Il reste encore plusieurs étapes avant d'être satisfait de mon statut administratif, mais j'ai la sensation d'avoir enfin franchi un cap. D'ailleurs, cela s'est senti sur mon activité du week-end : allégé d'un fardeau qui me pesait depuis 6 mois, je n'ai pas réussi à me mettre à faire quoi que ce soit.

Et ça fait un bien fou de ne rien avoir à faire...





Photo barbotée sur LePost.fr.