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Mot-clé - Gaspillage

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mardi 16 décembre 2008

Montpellier est de plus en plus LED

Arbre de Noel de Montpellier - Comédie Vous me pardonnerez ce titre capillotracté : il est largement inspiré par le journal de propagande local de la ville de Montpellier ("Montpellier notre ville").

Un article parle des illuminations des rues pour les fêtes de fin d'année. Alors que la ville a augmenté de 25% la superficie des sites illuminés, elle a fait baisser de 40% sa consommation d'énergie, tout en conservant la même durée d'éclairage. Cela a évidemment été rendu possible grâce à l'utilisation de LED et d'ampoules à basse consommation d'énergie. Au passage, la ville économise 32000€ : la justification écologique a des répercutions sonnantes et trébuchantes.

Je ne veux pas gâcher la fête, mais toute cette débauche d'éclairage de plus ou moins bon goût me semble complètement déplacé. Il s'agit de l'une des périodes les plus froides de l'année et c'est celle où il faut le plus éclairer : la consommation est donc en pleine période de pointe, et je suppose que nos centrales nucléaires vieillissantes tournent à plein régime. Cela devrait être la période où l'on fait attention au gaspillage d'énergie, pour éviter les pics de surconsommation et le risque potentiel de black-out. Ben non, on fait tout le contraire en illuminant villes, villages, voire maisons. A noter que chez les particuliers, c'est souvent immonde, en plus. Quel gâchis.

Pour éviter de jeter l'énergie par les fenêtres [1], il faudrait réduire la durée d'illumination, utiliser des LED ou des lampes basse conso, et ne pas hésiter à réduire encore la durée d'illumination en cas de froid prolongé ou intense. Quand aux pignoufs qui décorent leurs maisons avec des tonnes de luminaires et qui font régulièrement les colonnes du 13h de TF1[2], je serais assez d'avis de leur créer une taxe sur les cons la consommation excessive d'énergie portant préjudice à l'environnement. Mais bon, je doute un jour de voir ce genre de mesures peu populaires face aux ardents défenseurs de la magie de Noël.

J'admets cependant que dans les villes, ça peut être beau, c'est vrai. La place de la Comédie illuminée ainsi, ça a de la gueule, quand même.

Au passage, ses habitués reconnaitront une photo de Damien, alias Petit-Chose, que je remercie pour avoir publié ses travaux sous licence Creative Commons (sur FlickR). Ses très belles photos sont un vrai plaisir, elles magnifient les lieux (ce n'est pas toujours joli-joli, la Comédie de nuit, et ce n'est pas forcément très bien famé). Ce garçon a du talent, je suis content qu'il ait décidé de ne pas arrêter de bloguer.





(c) photo : Petit Chose - original (licence : CC-By CC-By-NC).

Notes

[1] Oui, j'ai bien conscience du fait que "Jeter l'énergie par les fenêtres", ça ne veut rien dire...

[2] Oui, j'ai bien conscience du fait que le 13h de TF1 n'est pas un journal papier et qu'il n'y a pas de colonnes. Z'êtes contrariants, aujourd'hui.

samedi 18 octobre 2008

Le principe pollueur/payeur : de la nécessité de repenser notre consommation

Poubelle qui déborde Les députés ont adopté cette nuit[1] un amendement[2] appliquant le principe pollueur/payeur aux ménages. D'ici 10 ans, le coût de l'enlèvement des déchets des foyers sera en partie proportionnel au poids de déchets rejeté.

Cela n'est pas une idée absurde, je clame depuis longtemps qu'il faut imputer à tous les niveaux de notre société le coût financier réel de notre impact sur l'environnement. Mais il ne faut pas que l'on oublie que notre société ne se constitue pas que de ménages. Et que le principe pollueur/payeur, pour être équitable et efficace, doit s'appliquer à tous.

Ainsi, l'agriculture fait figure de pire exemple. Je suis pourtant un farouche partisan du maintien de l'agriculture[3]. Mais il ne faut pas se leurrer, les agriculteurs sont de gros pollueurs : usage abusif d'eau, pollution des nappes phréatiques, épandages irraisonnés d'engrais, pesticides ou insecticides... Et pourtant, ils sont loin de contribuer autant que les ménages à la dépollution de l'eau[4]. On est loin de l'équité, et encore plus loin du principe pollueur/payeur.

L'industrie n'est pas exempte de reproches non plus. Outre les accidents occasionnels qui sont plus ou moins réparés ou compensés (fuites dans les rivières, abandons sauvages de déchets, rejets dans l'atmosphère ou la mer...) l'industrie produit un énorme volume de déchets. Et le transport des produits finis (les transports en général, d'ailleurs) a un impact environnemental qui n'est pas facturé par notre société aux entreprises qui polluent. Les millions de poids-lourds qui rejettent des milliards de tonnes de CO2 et autres cochonneries (gaz sulfurés, particules...) et qui entrainent des conséquences sur la santé, la nature ou les infrastructures seraient beaucoup moins rentables s'ils devaient compenser financièrement les dégâts qu'ils provoquent. Une éco-taxe semble en bonne voie pour les camions ; elle sera reversée à des projets d’infrastructures pour le transport (on pense au ferroutage ou aux péniches).

Les déchets des foyers sont une problématique légèrement différente ; nous ne sommes pas tout à fait producteurs de déchets, nous n'en sommes que les vecteurs. Une grande partie de nos déchets nous est imposée par les producteurs de biens que nous consommons. Même si l'on sélectionne les produits que l'on achète en fonction de leur emballage, il reste beaucoup de déchets. Le problème se situe donc en amont, et si nous voulons réduire le volume de nos poubelles, il faut aussi taper sur les producteurs, et envisager une sérieuse réduction à la source de la nuisance. Deux mesures simples : il faut d'urgence cesser le gaspillage que représente les emballages multiples inutiles. Et il faudrait sérieusement penser à la suppression, voire l'interdiction des publicités qui arrivent dans nos boites à lettres. Les deux confondus représentent plus du tiers du volume de ma poubelle.

Arrivera-t-on à mettre en place ces deux mesures ? Il n'est pas sûr que cela passe très bien auprès des publicitaires et des annonceurs. Mais on risque d'y être contraint. Après tout, l'interdiction des sacs en plastique a bien finie par être acceptée, elle aussi, et pourtant, ce n'était pas gagné d'avance.

Ce n'est pas la première fois que je le dis, mais il faut d'urgence revenir sur notre consommation à outrance et notre production de déchets. Il faudra envisager aussi de repenser la diffusion de publicité, en tenant compte de la puissance des nouveaux outils informatiques qui existent. Je regarde assez peu la pub qui arrive dans ma boite à lettres (à moins de rechercher quelque chose de précis, c'est direct à la poubelle). Mais je ne serais pas opposé à la réception par mail de publicités, pour peu qu'elle soit ciblée, peu fréquence, non intrusive, fonction de ce que je cherche (je ne cherche pas toujours quelque chose) ou des boutiques que je fréquente. La limitation, c'est effectivement que seulement 53% des foyers[5] sont équipés d'Internet. Mais si la moitié de ces 53% n'était pas inondé de pub, cela représenterait déjà des montagnes de déchets en moins.

On pourrait certes d'ores et déjà refuser la pub dans sa boite à lettres. Cependant, cela me pose problème : j'aime bien recevoir la communication institutionnelle pour me tenir au courant de ce qui se passe dans mon "environnement géopolitique proche" (région, département ville, agglomération... oué, ça aussi ça en fait du papier...) mais il n'y a pas de demi-mesure avec la pub, c'est tout ou rien. Il serait tellement facile de mettre toutes ces informations sur les sites web. Pourtant, quand on regarde les sites de nos nobles institutions, on pleure ; c'est étonnant comme les architectures des sites sont tordues : il est impossible d'y trouver ce que l'on cherche... On peut récupérer les revues en version PDF, souvent, mais c'est lourd, difficilement utilisable, et assez illisible. Il y a des technologies qui pourraient pourtant faciliter les choses. Un seul exemple, le RSS : c'est un moyen très simple et peu coûteux pour diffuser des actualités[6], beaucoup de sites ne le proposent encore pas (l'Agglo a une page récapitulant ses fils RSS, mais elle n'est pas très pratique à manipuler ; la Région utilise aussi un peu la technologie, mais du bout des lèvres). Bref, il y a de la réflexion et du travail en perspective dans ce domaine...

La vraie réforme environnementale n'est pas juste l'instauration de taxes, ponctions supplémentaires sur les finances des citoyens[7]. Il faut aussi revoir complètement notre façon de consommer, en ayant une consommation plus durable.





(c) photo : Dave Hamster - original (licence : CC-By).

Notes

[1] De vendredi 17 à samedi 18/10.

[2] Proposé par le député communiste auvergnat André Chassaigne, devenu célèbre il y a quelques mois pour avoir fait rejeter (temporairement) la loi sur les OGM.

[3] Surtout l'agriculture de proximité, car quand la crise pétrolière arrivera vraiment, on sera content d'avoir des agriculteurs et des espaces prêts à produire des aliments sans qu'ils ne traversent la moitié de la planète... Il faut néanmoins que nous arrivions à une agriculture raisonnée et durable.

[4] J'ai la cagne de chercher les chiffres exacts, mais l'ordre d'idée est le suivant : la consommation d'eau est répartie entre les foyers (15%), l'industrie (25%) et l'agriculture (60%). La dépollution est financée très très très majoritairement par les taxes de dépollution sur les factures d'eau des foyers... Je crois que l'agriculture en paye moins de 10%.

[5] Cf. http://www.arcep.fr/uploads/tx_gspublication/etude-credoc-2007.pdf, page 47.

[6] Je suis un grand fan du RSS !!

[7] Avec de la chance, lors de l'application du texte en 2018, on sera sorti du sarkozysme, donc notre pouvoir d'achat devrait s'améliorer...

lundi 23 juin 2008

Propagande en direct du 57 rue de Varenne

Matignon se paye une petite réclame avec 4,3 millions d'euros de nos impôts, car de l'aveu de l'équipe qui nous gouverne, il y a eu une erreur de communication sur les mesures prises depuis un an (et notamment le paquet fiscal). C'est la seule erreur qu'ils assument d'ailleurs, étonnamment.

Pourtant, les mesures en question sont loin d'avoir les effets escomptées, et il n'est pas encore démontré qu'elles en auront, des effets. Les heures sup' ne seront données qu'au bon vouloir des patrons, en fonction des carnets de commande ; le rachat des jours de RTT n'intéresse guère les Français (comme quoi l'argent n'est pas l'unique motivation) ; la non imposition des revenus des étudiants est un foutage de gueule monstrueux (peu de jobs étudiants permettent de gagner suffisamment pour être imposable, ou alors ce sont des temps plein et cela pose la question du suivi des études...) ; etc.

"Vous êtes impatients. Nous aussi." On est surtout impatients de repasser toute cette troupe de fanfarons aux urnes.

Pour aller plus loin : un article du Monde ou un article de Nicolas DOMENACH sur Marianne2.




Photo : (c) Frédéric de Goldschmidt / cf. Wikipedia.