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Mot-clé - Economie

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lundi 16 mars 2009

Heures supplémentaires : il faut arrêter les frais (Fwd)

Alternatives Economiques Le mensuel Alternatives Economiques (soutenu par l'hebdo Marianne) lance une pétition afin d'en finir avec les exonérations faites sur les heures supplémentaires, qui accroissent mécaniquement le chômage. Voici le texte d'appel à pétition, c'est on ne peu plus clair :

Au moment où la crise provoque une vive remontée du chômage, en particulier chez les jeunes, il faut revenir sur les exonérations sociales et fiscales accordées aux heures supplémentaires. En effet, dans le contexte actuel, l’emploi doit être la priorité absolue de l’action des pouvoirs publics. Or, les exonérations fiscales et sociales décidées en 2007 ne visaient qu’à accroître le nombre des heures supplémentaires effectuées par les salariés déjà en activité. Et, en dépit de la récession, le nombre des heures supplémentaires déclarées a en effet progressé de près de 40 millions entre le quatrième trimestre de 2007 et la même période de 2008, soit l’équivalent de 90 000 emplois à plein temps. Ces mesures contribuent donc manifestement à dissuader les entreprises qui en auraient la possibilité d’embaucher des jeunes ou des chômeurs alors que les quelques trois à quatre milliards d’euros qui leur ont été consacrés en 2008 pourraient avantageusement être mis au service de la création d’emplois. C’est pourquoi nous demandons au gouvernement et au parlement d’abroger sans délai les mesures défiscalisant les heures supplémentaires et les exonérant de cotisations sociales.

Si vous partagez ce point de vue, je vous invite à signer la pétition ici.

jeudi 26 février 2009

A propos du prix du pétrole

Couchant sur les champs pétroliers J'en parlais récemment, la crise financière et économique va bloquer les investissements en matière d'environnement : le cours du pétrole est tellement bas qu'il n'est plus du tout urgent de développer des alternatives énergétiques, contrairement à il y a 6 mois, où le pétrole était 4 fois plus cher.

Grâce à Tristan Nitot (une fois de plus), j'ai découvert un article de Jean-Marc Jancovici intitulé "Méfiez vous du pétrole pas cher !". L'auteur y explique la relation entre les récessions et le cours du pétrole, pointe du doigt le danger d'un pétrole peu cher, et explique l'intérêt de la taxe carbone, non pas pour éponger la dette de la suppression d'une autre taxe, mais simplement pour préparer l'avenir et avoir les moyens d'investir.

Citation :

Dans ce contexte, le pétrole redevenu peu cher est source de tous les dangers. Il laisse croire que le problème de l'approvisionnement a disparu, alors que c'est juste le reflet d'une demande qui baisse à cause de la récession ; il dissuade de faire les investissements structurants pour économiser l'énergie fossile, alors que ces derniers ne pourront être faits en une semaine "le moment venu", puisque cela concerne les logements, l'urbanisme industriel, les transports, la production électrique et même la structure des métiers (...).

A lire absolument.





(c) photo : swisscan : original (licence : CC-ByCC-By-CACC-By-NC).

mercredi 18 février 2009

Et si ce n'était que le commencement ?

Lights and crowds Il y a différentes lectures de la crise économico-financiéro-socialo-écologico-énergétique. Il y a celle, rassurante, des médias et des politiques, qui veulent éviter un vent de panique et qui nous endorment avec leurs ronronnements : tout ne va pas bien mais tout est sous contrôle, et on vous promet que ça va s'arranger (mais faudra que vous vous seriez la ceinture, petites gens).

Et il y a d'autres voix, comme celle du psychosociologue allemand Harald Welzer, chercheur au Kulturwissenschaftlichen Institut d'Essen. Dans un article dont la traduction a été publiée en France par Le Monde, il annonce clairement la couleur : nous ne sommes qu'au début d'une crise profonde, et le pire reste à venir. Il considère en effet que, comme nous vivons l'Histoire au quotidien, nous n'avons pas le recul nécessaire pour comprendre l'époque cruciale que nous traversons.

Welzer pointe du doigt le manque d'anticipation des politiques, des économistes et des financiers, et dénonce tous ces experts qui n'ont rien vu venir (alors que bon nombre de signaux étaient au rouge depuis le début 2007). J'aime aussi la façon dont il démonte l'absurdité du système, de ce monstre qu'est le capitalisme, qui se dévore lui-même : "Et les milliards requis (...), que sont-ils, sinon de l'argent virtuel injecté dans un système lui-même au bord de l'implosion, à cause, justement, de la nature virtuelle de ses échanges ?"

Il ne s'agit pas d'une énième critique basique du capitalisme (c'est mon rayon, ça, puisqu'il est pour moi le système qui ravage les sociétés, qui aggrave les inégalités, qui uniformise les cultures, et qui rend peu à peu notre planète inhabitable). C'est une constatation supplémentaire que le système est à bout de souffle, et qu'il est en train d'hypothéquer l'avenir des générations futures.

Que s'est-il donc passé dans la tête de nos élites (qui ont libéré la France en 44, pour certains, qui ont fait Mai 68 pour d'autres), pour qu'il y ait un tel renversement, et qu'ils se soient mis à détruire scrupuleusement, mécaniquement, consciencieusement tout progrès des 50 dernières années, voire du XXème siècle ? Je ne comprends pas cette inversion totale de philosophie.

"Le sentiment d'inégalité entre générations est l'un des plus puissants catalyseurs de mutations sociales radicales", explique Welzer ; il ajoute d'ailleurs que ce ne sont pas forcément des mutations positives. L'avenir pourrait donc bien être encore plus sombre que le présent.

A l'heure actuelle, malgré l'agitation du milieu politique, la situation ne bouge pas. Les marchés ne remontent pas (le CAC40 est par exemple très stable en-dessous des 3000 points), les politiques n'ont pas d'ambitions sociétales réelles, et les populations sont dans l'expectative de solutions qui ne peuvent pas tomber du ciel. La révolte gronde, de ci, de là, sans qu'on n'en parle trop. La planète est un vaste champ de poudre, et il ne manque qu'une étincelle pour que tout s'embrase. "Puissiez-vous vivre en des temps intéressants" [1]...





Je vous invite à lire cet article, lié ci-dessus (info trouvée via l'indispensable StandBlog de Tristan NITOT) ; il n'est guère réjouissant mais a le mérite d'énoncer clairement des vérités passées sous silence.





(c) photo : *Your Guide - original (licence : CC-ByCC-By-NDCC-By-NC).

Notes

[1] Proverbe ancien, peut-être faussement attribué aux Chinois, et qui a la faculté d'être extrêmement ambigu : est-ce une bénédiction ou une malédiction ?

mardi 17 février 2009

Le Roi va parler

L'omniprésident Sa Majesté daignera s'adresser au Peuple demain soir. Encore une fois. Ce coup-ci, je vais le regarder, ça m'intrigue : quelles mesures notre illusionniste national va-t-il inventer pour montrer (ou faire croire en) sa volonté de faire avancer les choses, et de calmer le jeu ? Les attentes sont fortes et la déception pourrait l'être encore plus...

mardi 16 décembre 2008

Montpellier est de plus en plus LED

Arbre de Noel de Montpellier - Comédie Vous me pardonnerez ce titre capillotracté : il est largement inspiré par le journal de propagande local de la ville de Montpellier ("Montpellier notre ville").

Un article parle des illuminations des rues pour les fêtes de fin d'année. Alors que la ville a augmenté de 25% la superficie des sites illuminés, elle a fait baisser de 40% sa consommation d'énergie, tout en conservant la même durée d'éclairage. Cela a évidemment été rendu possible grâce à l'utilisation de LED et d'ampoules à basse consommation d'énergie. Au passage, la ville économise 32000€ : la justification écologique a des répercutions sonnantes et trébuchantes.

Je ne veux pas gâcher la fête, mais toute cette débauche d'éclairage de plus ou moins bon goût me semble complètement déplacé. Il s'agit de l'une des périodes les plus froides de l'année et c'est celle où il faut le plus éclairer : la consommation est donc en pleine période de pointe, et je suppose que nos centrales nucléaires vieillissantes tournent à plein régime. Cela devrait être la période où l'on fait attention au gaspillage d'énergie, pour éviter les pics de surconsommation et le risque potentiel de black-out. Ben non, on fait tout le contraire en illuminant villes, villages, voire maisons. A noter que chez les particuliers, c'est souvent immonde, en plus. Quel gâchis.

Pour éviter de jeter l'énergie par les fenêtres [1], il faudrait réduire la durée d'illumination, utiliser des LED ou des lampes basse conso, et ne pas hésiter à réduire encore la durée d'illumination en cas de froid prolongé ou intense. Quand aux pignoufs qui décorent leurs maisons avec des tonnes de luminaires et qui font régulièrement les colonnes du 13h de TF1[2], je serais assez d'avis de leur créer une taxe sur les cons la consommation excessive d'énergie portant préjudice à l'environnement. Mais bon, je doute un jour de voir ce genre de mesures peu populaires face aux ardents défenseurs de la magie de Noël.

J'admets cependant que dans les villes, ça peut être beau, c'est vrai. La place de la Comédie illuminée ainsi, ça a de la gueule, quand même.

Au passage, ses habitués reconnaitront une photo de Damien, alias Petit-Chose, que je remercie pour avoir publié ses travaux sous licence Creative Commons (sur FlickR). Ses très belles photos sont un vrai plaisir, elles magnifient les lieux (ce n'est pas toujours joli-joli, la Comédie de nuit, et ce n'est pas forcément très bien famé). Ce garçon a du talent, je suis content qu'il ait décidé de ne pas arrêter de bloguer.





(c) photo : Petit Chose - original (licence : CC-By CC-By-NC).

Notes

[1] Oui, j'ai bien conscience du fait que "Jeter l'énergie par les fenêtres", ça ne veut rien dire...

[2] Oui, j'ai bien conscience du fait que le 13h de TF1 n'est pas un journal papier et qu'il n'y a pas de colonnes. Z'êtes contrariants, aujourd'hui.

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