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Mot-clé - Crédit Agricole

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mercredi 17 septembre 2008

On ferme

Logo Crédit Agricole Comme prévu il y a quelques semaines, j'ai été clôturer mon compte au Crédit à bricoles Agricole. Il faut quand même que je raconte la brève histoire de ce compte, en guise d'oraison funèbre...

A l'horizon du nouveau Millénaire, une association dont je m'occupais avait un compte au Crédit Agricole. J'en avais un peu marre de La Poste et de ses quelques petits défauts, et j'avais envisagé de changer de banque. J'étais assez satisfait des prestations offertes à mon asso, je me suis tout naturellement dirigé vers l'agence du Crédit Agricole la plus proche de chez moi.

Mon envie de changement s'est brusquement renforcée quand j'ai rencontré le conseiller financier qui allait gérer mon compte. Un très charmant petit brun, avec une impressionnante moquette sur les avants-bras, qui dépassait aussi de sa chemise, et summum de la libération d'hormones chez moi, un bouc bien dense avec des poils raides qui piquent. J'adore :-p [1].

Bref, dès le premier entretient avec D. (ha oui, on s'est appelé par nos prénoms dès le premier jour), le courant est passé. Mon gaydar s'affolait, mais je n'étais pas très sûr de sa fiabilité. Il est parfois difficile de trancher entre une détection en bonne et due forme et un type qui correspond parfaitement à ses critères masculins fantasmagoriques.

D'un coup, je me suis passionné pour la gestion de mes maigres finances. J'ai ouvert un compte dès le premier rendez-vous, puis y suis retourné un bon nombre de fois, pour remplir des papiers, pour ajouter des options à mon compte, pour y déposer des chèques (20€ par 20€...). Je savais quels jours il était absent, et j'avais fini par connaître à peu près ses horaires. J'y allais aussi souvent que possible, dès que j'avais un prétexte ou une question, c'était mon coté midinette romantique fleur-bleue de 20 ans. Par chance, mon employeur de l'époque était aussi à la même agence du Crédit, et je me suis dévoué pour aller déposer les chèques en fin de journée. Terrible sacrifice...

Les doutes sur l'efficacité de mon gaydar ont été levés le jour où D. m'a proposé d'aller prendre un verre. Mon manège avait été quelque peu repéré, il faut dire que je n'avais pas été spécialement discret. On a beaucoup discuté, j'ai appris beaucoup de choses sur lui (il aimait les garçons, il n'était pas sorti du placard, il rentrait le week-end chez maman, il adorait Daho et ne ratait pas un concert...). On s'est vu plusieurs fois, on a même fait ensemble un festival de cinéma gay. C'était très sympa.

Manque de chance, deux choses allaient nous empêcher d'aller plus loin. J'étais sur le point de déménager à 200km de là. Même si ce n'était pas rédhibitoire, cela pouvait poser problèmes. Mais le pire, ce fut un soir, devant un verre. Au détour de la conversation, il me demande : "Au fait, tu as quel âge ?". Comme un con, je répondis la vérité : 21. Là, D. tira une tête de deux pieds de long en me disant : "Moi j'en ai 31". Cela ne me posait pas de problème, mais apparemment, lui ça l'embêtait. On ne s'est presque pas revu après, puis j'ai été absorbé par mon déménagement. Puis plus de nouvelles.

Ma relation avec le Crédit Agricole a quand même duré plus longtemps. Notamment à cause du crédit étudiant contracté en 2001, et terminé en début de mois. Mais ils m'ont fait tellement de crasses pour obtenir le prêt et leurs frais mensuels sont tellement élevés (plus chers que La Poste, mais avec beaucoup moins de prestations), j'étais pressé de les quitter. Et puis leur politique de tarification transforme le client en vache-à-lait, tout est prétexte à frais (virement, envoi de chéquier, ...). Ils m'ont même fait payer 20€ par an pour envoyer une lettre en tarif lent à mes parents, afin de leur rappeler qu'ils étaient caution solidaire de mon prêt. C'est un peu abusif, mais ce n'est pas de leur faute, m'ont-ils dit dans un courrier : une loi les avait obligé à prévenir les personnes qui se portent caution.

J'ai listé tous mes griefs à la conseillère avec qui j'avais rendez-vous ce matin. Je lui ai aussi dit que je n'appréciais pas non plus la politique générale de la banque depuis son introduction en bourse il y a quelques années, et tout particulièrement son investissement sur des marchés financiers hasardeux (le Crédit Agricole a bien trinqué à cause de la crise des subprimes). J'aime bien passer pour un gaucho de service devant les banquiers, c'est rafraichissant pour eux de voir qu'il n'y a pas que des clients qui s'intéressent au fric et à la maximisation des profits. Mais je sais pertinemment que cela n'aura aucun impact. C'était juste pour le fun.

Désormais, je n'ai plus qu'un seul compte bancaire. C'est mon bon vieux compte postal, ouvert quand j'avais 13 ans. Y'a rien de tel que les services publics. Même si les guichetiers sont moins sexy.

Notes

[1] Au passage, je ne remercierais jamais assez David Fincher, réalisateur du film Seven, qui a largement contribué à la remise au goût du jour du bouc (et Brad Pitt, qui le porte si bien dans le film).

lundi 1 septembre 2008

Discrédité

Pas de prêt en cours Je viens de voir sur le site internet de ma 2ème banque chérie que je n'avais "pas de prêt en cours". C'est un grand soulagement : me voilà enfin libéré de 7 ans de servitude (que j'ai un peu cherché).

En 2001, alors que je bossais depuis plus d'un an pour une association, à un poste que j'ai créé moi-même, je me suis retrouvé dans une impasse. Mon boulot était informatique (je développais des sites web), mais ma formation de base n'était pas du tout raccord. Je développais avec les connaissances que j'avais acquis par moi-même au fil des années, mais il me manquait quelques concepts que j'avais du mal à appréhender. Et l'association n'avait pas vraiment les moyens de me former (ni la volonté, pour quelques-uns des administrateurs). J'ai donc décidé de tout plaquer pour reprendre les études, un BTS informatique dans un cursus tout à fait classique (en lycée).

Ma future ex association avait accepté un montage un peu tordu, où j'effectuais l'équivalent d'un tiers temps sur forme de stage tout au long de l'année scolaire. Cela me permettait de gagner un peu ma croûte de manière plus intelligente que de faire des frittes à Mc Do', et les horaires étaient à ma guise (je bossais le samedi et le dimanche). L'association y trouvait son compte : j'assurais la transition avec mon remplaçant et je continuais à travailler sur des programmes que je maitrisais.

Cependant, un tiers de SMIC, ça ne nourrit pas son homme. J'ai donc été obligé de m'endetter en empruntant quelques sous au Crédit à bricoles Agricole. Ha, ils ne l'ont pas lâché comme ça, leur fric. J'ai crû ne jamais en finir des paperasses. Mon père à passé une engueulade monumentale à mon pauvre banquier qui demandait encore des papiers en complément. J'ai eu la honte de ma vie. Enfin, l'une des hontes de ma vie (je les collectionne). C'était d'autant plus pénible que mes parents se portaient garants, et à l'époque ils étaient tous deux fonctionnaires ; les risques étaient minimes si je ne remboursais pas.

Aujourd'hui a eu lieu l'ultime des 60 prélèvements du prêt, clôturant ainsi définitivement mes dettes vis à vis du Crédit Agricole. Mes finances s'en retrouvent dopées : voici 180€ mensuels supplémentaires qui ne vont pas être un luxe. Ce sera aussi un handicap de moins lorsque je voudrais prendre un nouveau crédit pour acheter un appart. Quoi que... Avec mes maigroulets 1600€ mensuels, je ne vous dis pas quelles possibilités immobilières ça me donne sur Montpellier. Pas grand chose de terrible. Allez les prix, on s'effondre un peu plus vite, là. Et comme mon mari ne cherche pas spécialement de travail, on n'est pas près d'acheter quelque chose tous les deux :'( .

Il va falloir que je trouve 10 minutes dans les prochains jours pour aller faire un truc jouissif : clôturer mon compte au Crédit Agricole. Ils m'ont fait tellement de misères pendant ces 7 années, à commencer par des tas de frais quelque peu abusifs dans tous les sens, que je suis pressé d'en finir avec eux, définitivement.




PS. Oui je sais, le titre est vraiment capilotracté.