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dimanche 27 janvier 2008

27 Janvier 1998 - Le bienfait des grèves

Pont-vieux Sospel Après avoir passé le cap des 30 ans, en février, je me suis surpris à regarder en arrière. 10 ans se sont écoulés depuis la fin de mon premier diplôme, un nombre rond symbolique, une excellente occasion pour ressortir mes notes et retracer quelques souvenirs de cette époque.

Le réveil du 27 fut très très difficile. Après l'épreuve de la veille, j'avais l'impression d'avoir été passé au broyeur ; mon corps tout entier n'était qu'une vaste courbature, et j'étais aussi complètement desséché, assailli d'une soif permanente. La journée promettait d'être chargée, il me fallait aller à Nice pour passer mes deux oraux.

Je m'étais levé assez tôt, car je devais prendre le train en gare de Sospel. Il s'arrêtait en gare de Nice, à quelques centaines de mètres de mon lieu d'examen, c'était donc parfait. Je n'avais pas très envie de prendre la voiture pour tenter l'expérience de la conduite dans la ville de Nice. Les nombreux péages que j'avais pu traverser pour tourner autour m'avaient vite encouragé à prendre le train.

Il faisait donc encore nuit quand je me suis pointé à la gare. Nous étions deux sur les quais, à attendre le train. L'heure prévue de passage du train arriva, puis s'en fut. Les minutes s'égrenaient et le train se faisait toujours attendre. Je commençais à m'inquiéter, à grommeler dans mon coin et à faire les cent pas sur le quai.

Au bout d'un moment, l'autre personne qui attendait sorti de l'ombre où elle s'était retranchée. Je pu voir que c'était un homme, un petit brun d'une trentaine d'année. Ma première pensée, ça a évidemment été "Mmm plutôt charmant ça..." : on ne se refait pas (et je ne me suis pas amélioré depuis). Quand il s'est approché de moi, j'ai pu constater que c'était effectivement un beau spécimen. Cependant, je n'étais pas là pour draguer, et il semblait tout aussi préoccupé que moi. Nous avons échangé quelques mots sur les retards de la SNCF, puis avons conclut à une grève [1]ou à une panne. J'étais mal : il ne me restait pas énormément de temps pour faire le trajet, juste ce qu'il fallait pour aller à Nice, mais cela excluait toute marge de secours si je me perdais. Il vit mon air désemparé, et c'est avec un soulagement énorme que j'acceptai sa proposition de m'amener à Nice. Il fallait de toute façon qu'il y aille, et c'était beaucoup plus agréable que tout seul. Je reteins une ou deux pensées peu chastes : cela ne s'appliquait pas qu'au covoiturage :-D

Nous avons beaucoup discuté pendant le trajet, mais quelque chose m'intimidait chez ce garçon. Il avait un regard trop direct, trop inquisiteur et trop baladeur pour être complètement honnête. J'étais complètement persuadé qu'il était gay. Non pas qu'il fasse tapiole, bien au contraire. Mais j'ai toujours eu un gaydar très performant, je me trompe très rarement. Et là le doute n'était pas permis, d'autant plus que les réponses évasives ou ambiguës à certaines questions étaient pour moi des indices supplémentaires. Quand on vous répond "Non" avec un grand sourire et en vous fixant droit dans les yeux à la question "Tu vis avec quelqu'un ?", moi je trouve un peu ça louche, surtout de la part d'un garçon qui a passé une demi-heure à vous regarder presque sous toutes les coutures :-)

M. connaissait Nice comme ça poche, il m'a donc déposé à proximité de mon lieu de concours. Il avait à faire à proximité lui aussi, et m'avait dit qu'il m'attendrait en fin de journée. J'étais parfaitement dans les temps et après ce trajet agréable, j'étais dans d'excellentes dispositions d'esprit et très stimulé sexuellement.

Les deux épreuves qui m'attendaient étaient beaucoup plus formelles que celle de la veille. Il m'a d'abord fallu affronter un jury pour traiter d'une question d'actualité environnementale. Le champ des sujets était donc très vaste, mais j'eus la chance de piocher le thème du nucléaire en France. Il n'y avait pas de préparation, je n'avais donc pas le loisir de travailler mes réponses. Mais je savais déjà qu'il fallait que je garde mes opinions pour moi et que je suis le plus faux-cul objectif possible ;-) Les membres du jury posaient quelques grandes questions pour aiguiller et orienter mon exposé. Comme je connaissais plutôt bien le sujet (j'ai vécu mes 18 premières années à l'ombre du panache de vapeur d'une centrale nucléaire, ça aide à se sentir concerné), l'épreuve se passa très bien et je sorti très confiant.

Le second oral était plus dangereux. Il s'agissait de traiter d'une question de culture générale puis, par glissement, d'un entretien de motivation. Normal, pour un recrutement. J'ai toujours eu beaucoup de chance avec les sujets piochés au hasard : la thématique de la question était lié à l'utilisation de l'informatique et à Internet dans les milieux scolaires et professionnels. Ils avaient la bonne personne pour en parler : parmi les 13 prétendants aux 6 postes, je pense que peu avaient accès à Internet chez eux, en ces temps reculés... L'entretien se passa plutôt bien, mais je sentais qu'ils cherchaient à me coincer. Les postes proposés étaient des postes de personnes qui encadreraient d'autres agents, et je compris (bien trop tard) que mes 20 ans posaient problème : un gamin de 20 ans tout fraîchement nommé peut-il diriger des agents qui ont 20 ou 30 ans de plus que lui ? Plusieurs questions tournèrent autour de cette problématique, et je n'avais à l'époque pas encore assez de répondant pour bien m'en sortir. La fin de l'épreuve fut donc difficile, et je quittai le jury assez éprouvé, avec une impression mitigée.

J'avais fini assez tôt toutes les épreuves, et la pression se relâcha donc pour moi dès que je quittai l'enceinte du concours. M. m'avait donné rendez-vous en fin d'après-midi, j'avais donc toute la journée pour découvrir Nice. Je ne connaissais pas la ville, je n'en ai d'ailleurs pas gardé un souvenir impérissable : la seule chose qui m'est resté gravé en mémoire, c'est la première heure que j'ai passé après ma sortie du concours. J'avais été me poser sur la plage, au très doux soleil de Janvier, et était resté un moment à faire le lézard tout en pique-niquant. J'ai toujours été héliophile et commençais à trouver mes montagnes savoyardes bien froides.

L'après-midi a été interminable, mais je finis par repartir de Nice avec M. à l'heure voulue. Apparemment, ses plans cul rendez-vous s'étaient bien passés, nous sommes donc rentrés au village de bonne humeur. Il m'invita a prendre un verre chez lui puis à rester manger, mais ne fantasmez pas, il ne s'est rien passé et je ne me suis pas attardé au delà du verre (à mon grand regret !). Le soir même, je devais accueillir à la location deux copines de mon BTS d'Ardèche, qui venaient finir le séjour avec moi. Je quittai donc M., le coeur gros. Il occupa mes pensées et mes rêves pendant plusieurs mois, d'autant que nous avions gardé un contact régulier (téléphone et courrier) durant une longue année, avant de perdre définitivement contact. A posteriori, je crois que c'est le premier garçon dont je suis tombé amoureux.

Je suis rentré à la location pour attendre mes amies. J'étais soulagé du fardeau du concours, mais un autre fardeau me pesait déjà : il me fallait attendre les résultats du concours, ce qui allait prendre quelques jours. J'étais content d'être avec ces amies : avec elles, le temps passerai beaucoup plus vite.






Photo : le Pont-Vieux de Sospel (c) mike1105 : original (licence : CC-ByCC-By-NDCC-By-NC).

Notes

[1] A posteriori, cela s'avéra effectivement être une grève.

samedi 26 janvier 2008

26 Janvier 1998 - Une épreuve très physique

Après avoir passé le cap des 30 ans, en février, je me suis surpris à regarder en arrière. 10 ans se sont écoulés depuis la fin de mon premier diplôme, un nombre rond symbolique, une excellente occasion pour ressortir mes notes et retracer quelques souvenirs de cette époque.

Vue sur le massif du Mercantour Le jour de l'épreuve physique du concours était arrivé. J'avais bien sûr mal dormi la nuit précédente, l'enjeu était de taille et je n'étais pas du tout sûr de mon niveau. J'avais défait et refait mon sac au moins 5 fois, cherchant le meilleur équilibrage possible de ma charge imposée (les fameux 12kg minimum obligatoires), et avais préparé mon ravitaillement. Deux litres de boisson énergétique, des fruits secs, des barres de céréales et des tablettes de glucose. Je n'avais pas prévu de pique-nique, j'étais certain que ce serait superflu :-)

Je me suis présenté assez tôt sur le lieu de l'épreuve, le Col de Castillon. Il avait plu pendant la nuit, mais le ciel s'était bien dégagé. Et à cause de la froideur de cette fin janvier, il avait neigé sur les sommets des préalpes niçoises et du Massif du Mercantour, sur lesquels nous avions une vue magnifique, ainsi que sur le petit bout de massif que nous allions parcourir.

Ça, ce n'était pas une bonne nouvelle : le temps accordé pour l'épreuve se basait sur la durée (dite "temps d'ouverture") qu'avaient mis trois agents des Parcs pour faire le même trajet. Nous avions donc environ 6h20 pour faire approximativement 35km (avec 1500m de dénivelé cumulé, donc 1500 en montée et 1500 en descente, puisque nous revenions à notre point de départ). Sauf qu'eux n'avaient pas eu la neige. Nous avions donc un handicap de taille.

Les 50 sélectionnés étaient prêts à partir, et il fallait bien gérer le moment du départ. Pour moi, partir trop vite, c'était m'assurer de vider mes réserves énergétiques à toute vitesse. Quant à partir trop lentement, je n'en avais pas la possibilité, ce n'était pas une balade de santé et chaque minute était comptée.

Le rythme a été infernal. Dans mes souvenirs, les deux premières heures n'ont été que montée, au travers de sentiers humides et de pierriers rendus glissants par la neige, mais dans des paysages d'une très grande beauté. Le temps manquait pour en profiter vraiment, j'aurais aimé m'arrêter à plus d'un endroit pour admirer les alentours. Nous nous sommes approchés très près de la mer, qui était d'un bleu intense, puis sommes repartis vers l'intérieur des terres pour rallier le point de départ. Le parcours nous faisait croiser beaucoup de curiosités géologiques, écologiques ou architecturales. Ainsi, nous avons traversé un grand nombre de types de végétations différents, des boisements très variés qui changeaient du tout au tout d'un versant de montagne à un autre. Ou alors le sentier approchait un petit fort, une bergerie, un blockhaus, vestiges d'autres époques... Et nous avons frôlé (franchi ?) la frontière italienne à quelques reprises.

Même si mon bagage s'allégeait avec le temps et les provisions qui s'épuisaient, mon dos me faisait souffrir. Je portais environ 1/3 de mon poids sans en avoir l'habitude, et certains objets que j'avais utilisé pour lester mon sac me rentraient dans la couenne. Les épaules me tiraient aussi, une douleur vive difficilement supportable. J'avais trouvé une méthode assez efficace pour lutter contre ce mal de dos ou les élancements de mes muscles : l'autosuggestion. J'étais devenu très fort, je transformais toutes les douleurs en sensations qui n'existaient pas. J'avais même adapté la Litanie contre la peur pour en faire une litanie contre la douleur. Figurez-vous que cela fonctionne vraiment très bien.

La fraîcheur de la ligne de départ, malgré la prise d'altitude, nous semblait très loin. Nous avions tous très vite retiré des épaisseurs de vêtements au bout de quelques minutes de marche. Je suais à très grosses gouttes et sentais mon t-shirt s'imbiber complètement. La température était aussi montée à cause du soleil, nous étions bien exposés au sud, et de la proximité de la mer. Cela aurait pu être un régal s'il n'avait pas été nécessaire de faire cette course au grand galop ! J'avais réussi à trouver mon rythme ; les plus rapides étaient déjà loin devant, et j'avais doublé quelques gars qui étaient partis comme des dératés, mais dont le physique n'avait pas suivi. Il y avait un postulant qui avait le même rythme que moi, ce qui était un appui important : nous nous soutenions l'un et l'autre, avions un rythme régulier et ne risquions plus de nous aligner sur le rythme de quelqu'un d'autre qui nous aurait ralenti ou épuisé. Le pauvre gars n'a cependant pas été jusqu'au bout : il a abandonné à l'avant-dernier point de contrôle (il y en avait à peu près un tous les heures, où nous devions signer pour prouver que nous ne trafiquions pas le parcours). Il était clair que le temps filait à toute vitesse et que les délais allaient être justes. Arriver hors-temps, c'était être éliminé d'office : il fallait donc mettre le paquet.

Je vis le point d'arrivée à peu près une heure avant la fin du temps alloué. Le hic, c'est qu'il me restait à peu près une heure de descente d'après le chronomètre de référence. Ça allait être chaud, mais j'ai tenté le coup quand même : je pris mon courage à deux mains et mes dernières réserves d'énergie, et je m'élançais dans la pire course que j'ai jamais fait. Une descente de plusieurs centaines de mètres de dénivelé en courant avec mes grosses chaussures de randonnée, dans la neige et les éboulis, avec mon sac trop lourd. Plus d'une fois je faillis déraper et me vautrer en beauté : j'aurais été incapable de me relever. Mais plus ma course me rapprochait du but, plus l'aiguille filait sur ma montre.

Finalement, je suis arrivé à temps, moins de 10 minutes avant la clôture de l'épreuve. Autrement dit, si je n'avais pas couru, j'aurais été éliminé. J'eus à peine le temps de me remettre et de vider mes bouteilles d'eau qu'il me fallait passer à la seconde partie de l'épreuve ! En effet, il y avait une deuxième partie, un QCM d'une quarantaine de questions permettant de révéler notre sens de l'observation. C'était infernal : combien de fois êtes-vous passé sous une ligne électrique ? Après le point de contrôle n°x, de quelle essence était le peuplement que vous avez traversé ? Qu'était la ruine que vous avez pu voir après la grande montée du mont machin ? Quelle était la particularité de la chapelle truc ? Et ainsi de suite. J'étais content d'avoir un peu regardé le paysage, au final, mais après avoir dépensé autant d'énergie, nous n'avions plus la moindre capacité de concentration, et j'ai un peu bâclé le questionnaire. Avec mon chrono limite au niveau du temps, je savais que j'avais eu 06/20 à la marche. J'espérais contrebalancer cette note médiocre par le QCM, mais je n'avais aucune idée de mon résultat.

J'étais trop épuisé pour reprendre la route tout de suite, et mes jambes refusaient de toute façon de me conduire pour le moment. Je pris donc un peu de temps pour nettoyer les plaques de sel et de sueur qui me recouvraient le visage, la nuque et les bras. C'était impressionnant. Mon corps était meurtri, je ne sentais plus mes épaules ni mon dos, mes pieds étaient en sang. Mes mollets et mes cuisses étaient en feu, et je n'avais jamais ressenti une aussi grande lassitude. Je savais qu'il fallait que je mange et que je boive, mais je n'avais pas envie de perdre des calories supplémentaires pour m'alimenter. J'avais peur que le simple fait de digérer m'épuise définitivement.

Dans le cours de l'après-midi, après que les derniers candidats soient arrivés ou aient été rapatriés au camp de base, les résultats sont tombés. Sur la cinquantaine de gusses partis le matin, seuls 13 avaient réussi l'épreuve. Il n'y eut donc que 13 élus à passer les deux épreuves suivantes, le lendemain, à Nice. Moi, le p'tit maigrichon pas sportif, j'avais réussi là où de solides gaillards avaient échoué. Je rentrais donc à ma location peu de temps après, rasséréné et fier de moi. Et un peu claqué, quand même.

Après une douche aussi longue que bouillante, j'ai mangé tôt, ce soir là, et ai pris une bonne quantité d'aspirine pour essayer de limiter les courbatures au réveil d'une nuit qui s'annonçait difficile. Malgré le stress inévitable pour le lendemain, je m'endormis vite et sombrai dans un profond sommeil sans rêves.

(A suivre...)






Photo : (c) mike1105 : original (licence : CC-ByCC-By-NDCC-By-NC).

vendredi 4 janvier 2008

4 Janvier 1998 - Une préparation physique

Après avoir passé le cap des 30 ans, en février, je me suis surpris à regarder en arrière. 10 ans se sont écoulés depuis la fin de mon premier diplôme, un nombre rond symbolique, une excellente occasion pour ressortir mes notes et retracer quelques souvenirs de cette époque.

Semnoz enneigé Après plus de 15 jours de vacances chez mes parents, le retour le 4 janvier à Annecy a été une petite bouffée d'oxygène. Pendant tout le séjour, j'ai senti (ou imaginé) le reproche de mes parents vis à vis de mon abandon du BTS. Ils étaient d'accord pour que j'arrête, mais avaient beaucoup investi pour que j'aille à Annecy, et tout cela n'avait finalement servi à rien.

Il me fallait donc assurer un maximum pour passer les étapes suivantes de mon concours. L'épreuve la plus redoutée était d'ailleurs la suivante, et j'avais été convoqué pour le 26 Janvier du coté de Nice. Il s'agissait de la bien nommée "épreuve physique", une rando plutôt gratinée : de l'ordre de 30 km, avec 1500m de dénivelé cumulé, un sac à dos chargé au minimum de 12kg pour les hommes (hors ravitaillement et eau), et bien sûr, en temps limité (sinon ce n'est pas drôle). Autrement dit, pour un mec taillé comme moi, un enfer.

J'avais planifié un entraînement rigoureux, j'avais que 3 semaines pour me préparer. Un jour sur deux, je sortais d'Annecy pour la montagne voisine du Semnoz. Le rituel était toujours le même : par sécurité, j'appelais mes parents le matin pour leur dire quel chemin je comptais prendre et combien de temps j'estimais mettre. Je partais arpenter ce massif que je finis par connaître sous tous les angles, au pas de course, chargé comme une mule. Le corps humain est une merveilleuse machine : à force de marcher dans la neige, de porter plus de 15kg, de monter et descendre, mon organisme s'est effectivement bien adapté. Je me suis un peu esquinté le dos, au passage, mais je me suis accoutumé à la douleur.

J'ai parcouru les pentes de ce petit massif un bon nombre de fois, mais n'ai fait qu'une seule fois le point culminant, le Crêt de Chatillon (1699m, dixit Wikipedia). Je revenais souvent fourbu en milieu d'après-midi, appelais mes parents pour leur signaler mon retour (s'ils n'avaient pas de nouvelles de moi avant 20h, ils appelaient les secours...), avalais un quelque chose de chaud rapide, puis prenais une bonne douche revigorante.

Le seul écart dans ce programme a été un week-end de deux jours en Ardèche, les 10 et 11 Janvier. Nous avions le premier Conseil d'Administration de notre association d'Anciens à Aubenas, et je n'aurais manqué cela pour rien au monde. C'était la première fois que je revoyais la plupart de mes anciens collègues de BTS, cela fut donc très festif et très heureux. Nous avons pris beaucoup de (bonnes) décisions, beaucoup de dossiers ont été avancés (nous étions tous géographiquement éloignés, cela n'aidait pas à travailler ensemble). Le départ d'Ardèche fût là encore un profond déchirement, mais nous savions que ce n'était qu'un au-revoir.

La date du concours arrivait à grande vitesse. Quelques jours avant la date fatidique, le 21, je pris encore mon fidèle destrier, ma bonne vieille fiesta, et nous avalâmes ensemble les kilomètres. J'avais loué un petit gîte dans l'arrière-pays niçois, à Sospel ; c'était un peu rudimentaire et pas très chouette, mais la propriétaire m'avait très bien accueilli, elle était adorable. Contrairement aux petites vieilles de la place où je m'étais garé, qui me regardèrent avec mépris en marmonnant quelque chose comme "Ha ! Estrangès !" Ça fait toujours plaisir.

J'ai profité de mon séjour pour visiter le village, et il m'a beaucoup étonné : à la fois joli et sale, trop vieux et trop neuf, il y avait malgré tout de belles choses à voir, et quelques curiosités architecturales. Le vieux pont sur la Bévéra, la cathédrale baroque / rococo (qui a dit Siffredi ?), des trompes-l'oeil dans les rues... Un village charmant, au creux d'une vallée, tout entouré d'oliviers. J'en ai gardé un très bon souvenir, je suis resté très attaché à ce petit bled, peut-être à cause de ce qui suivit.

Le lieu de l'épreuve physique était juste à coté : un col à quelques kilomètres de Sospel. Grâce à mes quelques jours d'avance, j'avais fait des repérages aux alentours, essayé les sentiers, regardé quelques pistes. Je me sentais prêt. J'étais loin de me douter de ce qui m'attendait.

(A suivre...)






Photo : (c) Dino8 : original (licence : CC-ByCC-By-NDCC-By-NC).

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