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jeudi 18 septembre 2008

Commentaires sur l'état de l'économie mondiale

  • Le monstre capitaliste est en train de se dévorer lui même. Et il a bon appétit, le bougre.
  • Je crois que ça pourrait finir par m'amuser. C'est bête, ça met des tas de gens dans des situations impossibles, voire critiques, mais cela ne me peine même pas. Je suis plein de compassion pour les victimes des banques (qui se retrouvent à la rue), mais je suis plein de satisfaction de voir les bases du système s'effriter.
  • Je n'arrive pas à formuler par écrit l'état de l'économie mondiale. Alors il vaut mieux l'illustrer par une petite vidéo :

Ha oui... L'effondrement du système, c'est coloré, c'est plein de surprises, ça fait hurler des tas de gens. Il ne manque que le feu d'artifice final, qu'on attend avec impatience.

mercredi 17 septembre 2008

On ferme

Logo Crédit Agricole Comme prévu il y a quelques semaines, j'ai été clôturer mon compte au Crédit à bricoles Agricole. Il faut quand même que je raconte la brève histoire de ce compte, en guise d'oraison funèbre...

A l'horizon du nouveau Millénaire, une association dont je m'occupais avait un compte au Crédit Agricole. J'en avais un peu marre de La Poste et de ses quelques petits défauts, et j'avais envisagé de changer de banque. J'étais assez satisfait des prestations offertes à mon asso, je me suis tout naturellement dirigé vers l'agence du Crédit Agricole la plus proche de chez moi.

Mon envie de changement s'est brusquement renforcée quand j'ai rencontré le conseiller financier qui allait gérer mon compte. Un très charmant petit brun, avec une impressionnante moquette sur les avants-bras, qui dépassait aussi de sa chemise, et summum de la libération d'hormones chez moi, un bouc bien dense avec des poils raides qui piquent. J'adore :-p [1].

Bref, dès le premier entretient avec D. (ha oui, on s'est appelé par nos prénoms dès le premier jour), le courant est passé. Mon gaydar s'affolait, mais je n'étais pas très sûr de sa fiabilité. Il est parfois difficile de trancher entre une détection en bonne et due forme et un type qui correspond parfaitement à ses critères masculins fantasmagoriques.

D'un coup, je me suis passionné pour la gestion de mes maigres finances. J'ai ouvert un compte dès le premier rendez-vous, puis y suis retourné un bon nombre de fois, pour remplir des papiers, pour ajouter des options à mon compte, pour y déposer des chèques (20€ par 20€...). Je savais quels jours il était absent, et j'avais fini par connaître à peu près ses horaires. J'y allais aussi souvent que possible, dès que j'avais un prétexte ou une question, c'était mon coté midinette romantique fleur-bleue de 20 ans. Par chance, mon employeur de l'époque était aussi à la même agence du Crédit, et je me suis dévoué pour aller déposer les chèques en fin de journée. Terrible sacrifice...

Les doutes sur l'efficacité de mon gaydar ont été levés le jour où D. m'a proposé d'aller prendre un verre. Mon manège avait été quelque peu repéré, il faut dire que je n'avais pas été spécialement discret. On a beaucoup discuté, j'ai appris beaucoup de choses sur lui (il aimait les garçons, il n'était pas sorti du placard, il rentrait le week-end chez maman, il adorait Daho et ne ratait pas un concert...). On s'est vu plusieurs fois, on a même fait ensemble un festival de cinéma gay. C'était très sympa.

Manque de chance, deux choses allaient nous empêcher d'aller plus loin. J'étais sur le point de déménager à 200km de là. Même si ce n'était pas rédhibitoire, cela pouvait poser problèmes. Mais le pire, ce fut un soir, devant un verre. Au détour de la conversation, il me demande : "Au fait, tu as quel âge ?". Comme un con, je répondis la vérité : 21. Là, D. tira une tête de deux pieds de long en me disant : "Moi j'en ai 31". Cela ne me posait pas de problème, mais apparemment, lui ça l'embêtait. On ne s'est presque pas revu après, puis j'ai été absorbé par mon déménagement. Puis plus de nouvelles.

Ma relation avec le Crédit Agricole a quand même duré plus longtemps. Notamment à cause du crédit étudiant contracté en 2001, et terminé en début de mois. Mais ils m'ont fait tellement de crasses pour obtenir le prêt et leurs frais mensuels sont tellement élevés (plus chers que La Poste, mais avec beaucoup moins de prestations), j'étais pressé de les quitter. Et puis leur politique de tarification transforme le client en vache-à-lait, tout est prétexte à frais (virement, envoi de chéquier, ...). Ils m'ont même fait payer 20€ par an pour envoyer une lettre en tarif lent à mes parents, afin de leur rappeler qu'ils étaient caution solidaire de mon prêt. C'est un peu abusif, mais ce n'est pas de leur faute, m'ont-ils dit dans un courrier : une loi les avait obligé à prévenir les personnes qui se portent caution.

J'ai listé tous mes griefs à la conseillère avec qui j'avais rendez-vous ce matin. Je lui ai aussi dit que je n'appréciais pas non plus la politique générale de la banque depuis son introduction en bourse il y a quelques années, et tout particulièrement son investissement sur des marchés financiers hasardeux (le Crédit Agricole a bien trinqué à cause de la crise des subprimes). J'aime bien passer pour un gaucho de service devant les banquiers, c'est rafraichissant pour eux de voir qu'il n'y a pas que des clients qui s'intéressent au fric et à la maximisation des profits. Mais je sais pertinemment que cela n'aura aucun impact. C'était juste pour le fun.

Désormais, je n'ai plus qu'un seul compte bancaire. C'est mon bon vieux compte postal, ouvert quand j'avais 13 ans. Y'a rien de tel que les services publics. Même si les guichetiers sont moins sexy.

Notes

[1] Au passage, je ne remercierais jamais assez David Fincher, réalisateur du film Seven, qui a largement contribué à la remise au goût du jour du bouc (et Brad Pitt, qui le porte si bien dans le film).

lundi 7 juillet 2008

La privatisation de La Poste est en bonne voie

La Banque Postale La privatisation partielle de La Poste est en route, plusieurs "fuites" et un article du Monde font état des projets très discrets de son actuel dirigeant, Jean-Paul BAILLY.

L'objectif serait de préparer l'ouverture totale à la concurrence, prévue pour 2011, en transformant l'entreprise publique (de statut proche de l'EPIC) en une SA. Autant dire que le Service Public, les petites agences réparties sur le Territoire et les comptes bancaires pour les plus démunis ont des soucis à se faire. Le syndicat Sud-PTT s'inquiète d'ailleurs fortement et dénonce la dérive probable vers une logique purement financière et comptable.

On nous promet que l'entreprise restera à capital public, l'Etat restant majoritaire. Oui mais... Les promesses n'engagent que ceux qui les croient, et tout le monde se rappelle par exemple celle d'un ministre de l'économie, un certain Nicolas S., qui avait ainsi promis (croix de bois, croix de fer) que l'Etat garderait coûte que coûte au moins 70% du capital de GDF. Depuis le projet de fusion Suez/GDF, on sait tous ce qu'il en est... Peut-on encore croire ce gouvernement qui tricote des annonces médiatiques d'un coté, puis les détricote ensuite dans notre dos ? (la signature d'un accord sur les 35h entre les syndicats MEDEF, CGT et CFDT, joyeusement piétiné par Xavier BERTRAND, est un autre bon exemple).

Vous savez comme je suis riche : j'ai deux comptes bancaires, un à La Poste et un au Crédit à bricoles Agricole. Quand je compare les deux, cela ne fait pas un pli[1]. Le second me coûte beaucoup plus cher pour moins de services, notamment parce qu'il facture tout un tas de frais tous plus ou moins exotiques. Il est aussi plus difficile de négocier avec eux qu'avec La Poste, qui se montre souvent arrangeante. Pour cette dernière, il est facile de trouver une agence, et elles sont toutes "compatibles" au niveau national (au CA, les agences sont régionalisées ; je ne sais pas comment c'est maintenant, mais il y a quelques années, impossible de retirer de l'argent au CA de chez mes parents sans avoir prévenu mon agence auparavant). Et dernier détail qui compte : quand je rencontre mon conseiller financier à La Poste, il n'essaye pas systématiquement de me refourguer tous les derniers produits financiers (voire même n'hésite pas à me dire qu'il ne veut pas me proposer certains des produits parce qu'il n'a jamais vu leur intérêt...) ; au CA, c'est une autre paire de manches, on ressort toujours avec des tas de contrats signé alors qu'on venait juste retirer 50€ (je suis faible à ce jeu là, moi je me fais toujours tout refiler, surtout si le commercial est craquant).

Dans trois mois, j'aurais fini de rembourser mon crédit étudiant au Crédit Agricole. C'est avec impatience que j'attends cette date pour aller clôturer mon compte, et pour me recentrer sur mon compte postal.

Pour marquer mon attachement au Service Public.

Notes

[1] Vous noterez quand même ce trait d'humour très discret...