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vendredi 4 janvier 2008

4 Janvier 1998 - Une préparation physique

Après avoir passé le cap des 30 ans, en février, je me suis surpris à regarder en arrière. 10 ans se sont écoulés depuis la fin de mon premier diplôme, un nombre rond symbolique, une excellente occasion pour ressortir mes notes et retracer quelques souvenirs de cette époque.

Semnoz enneigé Après plus de 15 jours de vacances chez mes parents, le retour le 4 janvier à Annecy a été une petite bouffée d'oxygène. Pendant tout le séjour, j'ai senti (ou imaginé) le reproche de mes parents vis à vis de mon abandon du BTS. Ils étaient d'accord pour que j'arrête, mais avaient beaucoup investi pour que j'aille à Annecy, et tout cela n'avait finalement servi à rien.

Il me fallait donc assurer un maximum pour passer les étapes suivantes de mon concours. L'épreuve la plus redoutée était d'ailleurs la suivante, et j'avais été convoqué pour le 26 Janvier du coté de Nice. Il s'agissait de la bien nommée "épreuve physique", une rando plutôt gratinée : de l'ordre de 30 km, avec 1500m de dénivelé cumulé, un sac à dos chargé au minimum de 12kg pour les hommes (hors ravitaillement et eau), et bien sûr, en temps limité (sinon ce n'est pas drôle). Autrement dit, pour un mec taillé comme moi, un enfer.

J'avais planifié un entraînement rigoureux, j'avais que 3 semaines pour me préparer. Un jour sur deux, je sortais d'Annecy pour la montagne voisine du Semnoz. Le rituel était toujours le même : par sécurité, j'appelais mes parents le matin pour leur dire quel chemin je comptais prendre et combien de temps j'estimais mettre. Je partais arpenter ce massif que je finis par connaître sous tous les angles, au pas de course, chargé comme une mule. Le corps humain est une merveilleuse machine : à force de marcher dans la neige, de porter plus de 15kg, de monter et descendre, mon organisme s'est effectivement bien adapté. Je me suis un peu esquinté le dos, au passage, mais je me suis accoutumé à la douleur.

J'ai parcouru les pentes de ce petit massif un bon nombre de fois, mais n'ai fait qu'une seule fois le point culminant, le Crêt de Chatillon (1699m, dixit Wikipedia). Je revenais souvent fourbu en milieu d'après-midi, appelais mes parents pour leur signaler mon retour (s'ils n'avaient pas de nouvelles de moi avant 20h, ils appelaient les secours...), avalais un quelque chose de chaud rapide, puis prenais une bonne douche revigorante.

Le seul écart dans ce programme a été un week-end de deux jours en Ardèche, les 10 et 11 Janvier. Nous avions le premier Conseil d'Administration de notre association d'Anciens à Aubenas, et je n'aurais manqué cela pour rien au monde. C'était la première fois que je revoyais la plupart de mes anciens collègues de BTS, cela fut donc très festif et très heureux. Nous avons pris beaucoup de (bonnes) décisions, beaucoup de dossiers ont été avancés (nous étions tous géographiquement éloignés, cela n'aidait pas à travailler ensemble). Le départ d'Ardèche fût là encore un profond déchirement, mais nous savions que ce n'était qu'un au-revoir.

La date du concours arrivait à grande vitesse. Quelques jours avant la date fatidique, le 21, je pris encore mon fidèle destrier, ma bonne vieille fiesta, et nous avalâmes ensemble les kilomètres. J'avais loué un petit gîte dans l'arrière-pays niçois, à Sospel ; c'était un peu rudimentaire et pas très chouette, mais la propriétaire m'avait très bien accueilli, elle était adorable. Contrairement aux petites vieilles de la place où je m'étais garé, qui me regardèrent avec mépris en marmonnant quelque chose comme "Ha ! Estrangès !" Ça fait toujours plaisir.

J'ai profité de mon séjour pour visiter le village, et il m'a beaucoup étonné : à la fois joli et sale, trop vieux et trop neuf, il y avait malgré tout de belles choses à voir, et quelques curiosités architecturales. Le vieux pont sur la Bévéra, la cathédrale baroque / rococo (qui a dit Siffredi ?), des trompes-l'oeil dans les rues... Un village charmant, au creux d'une vallée, tout entouré d'oliviers. J'en ai gardé un très bon souvenir, je suis resté très attaché à ce petit bled, peut-être à cause de ce qui suivit.

Le lieu de l'épreuve physique était juste à coté : un col à quelques kilomètres de Sospel. Grâce à mes quelques jours d'avance, j'avais fait des repérages aux alentours, essayé les sentiers, regardé quelques pistes. Je me sentais prêt. J'étais loin de me douter de ce qui m'attendait.

(A suivre...)






Photo : (c) Dino8 : original (licence : CC-ByCC-By-NDCC-By-NC).

samedi 8 décembre 2007

8 Décembre 1997 - La démission

Semnoz Après avoir passé le cap des 30 ans, en février, je me suis surpris à regarder en arrière. 10 ans se sont écoulés depuis la fin de mon premier diplôme, un nombre rond symbolique, une excellente occasion pour ressortir mes notes et retracer quelques souvenirs de cette époque.

A partir du moment où j'ai su que j'allais quitter le BTS, ma motivation pour me lever et aller en cours a été largement douchée. Avec mes parents, nous nous étions mis d'accord : je poursuivais les cours jusqu'aux vacances de décembre. D'abord parce que, malgré tout, je continuais à apprendre quelques trucs ; puis cela me permettait de garder un rythme de vie non larvaire, avec des horaires et des contraintes. Et puis bon, l'école était privée, on avait payé jusque décembre donc j'allais rester jusque décembre :-D C'était le coté auvergnat de ma mère qui ressortait.

Il n'y avait plus guère que les sorties sur le terrain qui me motivaient. Une expédition au Grand-Bornand m'avait particulièrement intéressé : c'était sur la thématique de la Restauration des Terrains de Montagne. Le Grand-Bornand avait été frappé dix ans auparavant par une crue de (la Borne), une rivière locale qui fit plus de 20 morts le 14 juillet 1987. Cela m'avait beaucoup marqué de ressentir le souvenir de cette catastrophe qui était encore très prégnant chez les savoyards. Ils étaient très naturellement sensibilisés aux catastrophes, et la préoccupation de restauration des terrains de montagne pour lutter contre l'érosion était sincère.

Autre catastrophe naturelle, la soirée de "bizutage" par les 2è année avait eu lieu à la toute fin novembre. J'ai toujours refusé toutes les formes de bizutage, je n'ai donc participé que de très loin à cette soirée-là. J'aurais largement préféré que ce soit une cérémonie de parrainage, les anciens accompagnant les nouveaux. Mais non, nos prédécesseurs avaient été bizutés aussi, il n'y avait donc pas de raison qu'ils ne nous bizutent pas. Oui, le forestier est parfois basique, il n'est pas toujours très futaie futé [1]. Je me suis donc ennuyé comme un rat mort, attendant patiemment que l'heure soit un peu avancée pour partir sans froisser personne. Il était donc relativement tôt quand je suis parti, mais la fête battait son plein : une bonne partie de mes collègues était déjà HS à cause de la mauvaise vinasse.

Heureusement qu'à cette époque, j'avais des occupations associatives qui me changeaient les idées et qui m'apportaient un peu de stabilité intellectuelle. Dans les dernières semaines de mon BTS n°1 (en Ardèche), nous avions monté une association des anciens élèves. L'un des outils de communication de l'asso était un gros annuaire mélangé à des actualités, des informations diverses et variées (Internet ne touchait très très petite partie de notre groupe, le "bottin" était un vecteur d'informations) et de références bibliographiques (notamment un index complet des études réalisées par les membres, une ressource de données d'une très grande richesse). J'étais le secrétaire de l'association, et je m'étais vraiment beaucoup amusé à fabriquer ce document d'une cinquantaine de pages. Quand je le regarde a posteriori, je suis assez content de mon travail (minute d'autosatisfaction annuelle). J'ai été très étonné, en le rouvrant, par la philosophie dans laquelle il avait été réalisé : avec un esprit de réseau très fort, j'étais largement en avance sur les réseaux sociaux ! Je croyais que cette notion m'était venue plus tard, avec mon premier CDI, mais apparemment non.

J'avais tu mon départ à la plupart de mes collègues de BTS et je comptais garder le plus longtemps possible l'information pour moi, mais il fallait quand même que j'annonce ma démission à l'Ecole. C'est le 8 décembre que j'ai amené ma lettre au prof de botanique, qui était aussi directeur de la formation. Il avait l'air un peu surpris, voire même peut-être un peu peiné de voir un étudiant partir en cours de route. Il m'a bien sûr demandé pourquoi je m'en allais : j'ai été honnête avec lui, et lui ai expliqué que le contenu des cours ne correspondait pas du tout à ce que j'attendais. En quittant son bureau, il me dit quelque chose de gentil qui me fit rougir : "Dommage, on perd un bon élément". J'avais un niveau correct (mais sans plus), j'interagissais peut-être plus avec les enseignants vu que j'avais un peu plus de vécu que les autres, mais je ne m'étais jamais considéré comme un bon élément. Du coup, le compliment m'a un peu laissé con, et la scène très grandiose et théâtrale de la démission s'est terminée en phrases bafouillées et retrait piteux. Prof de bota 1 point, Hub 0.

Les dix derniers jours de cours ont passé assez vite. J'étais concentré sur mon concours, que je commençais à préparer un peu, et de toute façon, je n'en avais plus rien à battre. La dernière semaine, je me souviens avoir eu une discussion vigoureuse avec la prof de communication, qui prétendait nous donner tous les conseils pour rédiger le parfait CV. En dehors de quelques règles de bon sens, d'esthétisme, de grammaire et d'orthographe, il n'y a pas de définition intemporelle du CV parfait. Chaque prof y va de ses préférences et de ses recettes. C'est comme suivre les conseils de création de CV que donnent les différentes ANPE, ils sont parfois contradictoires... Et chacun est persuadé d'avoir raison. Bref, encore un cours qui ne servait à rien, j'aurais mieux fait d'aller faire mes courses de Noël.

Mon ultime cours, le vendredi 19, avait lieu avec la jeune prof que j'aimais bien. J'avais passé l'après-midi à réfléchir à ce que j'allais dire à mes collègues. A la fin du cours, je me suis adressé à toute la promo pour leur annoncer mon départ. Beaucoup étaient étonné par mon petit discours, je jubilais de mon effet de surprise :-D Je ne m'étais malgré tout pas trop mal intégré, même si cela avait mis du temps. Je me rappelle leur avoir souhaité de devenir de bons petits forestiers, mais je ne me souviens plus des détails. Après que la plupart soit parti, j'ai un peu discuté avec l'enseignante, qui m'a dit beaucoup de choses gentilles. Puis je suis parti. Ce chapitre-là de ma vie était terminé.

Deux jours plus tard, je rentrais en train dans mon val de Loire natal, pour les fêtes de Noël. J'étais heureux d'avoir arrêté le BTS, c'était un grand soulagement. Mais cela me laissait un goût étrange dans la bouche : c'était ma première erreur, mon premier échec. Une épreuve que j'ai mis beaucoup de temps à surmonter, mais qui aura eu un impact primordial sur les années qui suivirent.

(A suivre...)






Photo : (c) mll : original (licence : CC-ByCC-By-NC).

Notes

[1] Humour forestier, désolé.

samedi 6 octobre 2007

6 Octobre 1997 - Tournée méditerranéenne

Après avoir passé le cap des 30 ans, en février, je me suis surpris à regarder en arrière. 10 ans se sont écoulés depuis la fin de mon premier diplôme, un nombre rond symbolique, une excellente occasion pour ressortir mes notes et retracer quelques souvenirs de cette époque.

Massif de l'Esterel Ce lundi 6 octobre était une journée un peu spéciale. Nous partions tous très tôt en bus en "tournée forestière", c'est à dire une expé d'une semaine complète loin d'Annecy, sur une thématique précise. Destination : le sud de la France, pour une "tournée méditerranéenne".

Le lundi, après une grosse matinée de route, nous nous sommes arrêtés du coté de Forcalquier, à quelques pas de la Montagne de Lure. Un joli village plein de charme, entouré d'une végétation un peu rude. Sur place, nous avions rendez-vous tout l'après-midi avec un agent de l'ONF qui devait nous parler de la mise en valeur des hêtraies locales. La plupart des interventions que nous avons eu n'ont pas laissé une grande trace dans ma mémoire ; comme toujours, certaines étaient de qualité, d'autres moins intéressantes, voire carrément rasantes. Dans l'ensemble, grâce à mes deux années en Ardèche, j'avais une bonne connaissance des problématiques et des acteurs de la forêt méditerranéenne, je n'ai donc pas appris énormément de choses. Par contre, j'ai découvert beaucoup de coins et paysages que je ne connaissais pas. J'avais aussi le plaisir de voir que mes connaissances botaniques n'avaient pas trop baissé, j'ai été horrifié par certaines détermination de plantes faites par les enseignants. Comment peut-on confondre la méditerranéenne Clematis flammula et la très commune Clematis vitalba, même si ce sont deux clématites ?

En fin d'après-midi, nous avons quitté Forcalquier pour prendre la direction de Digne. Je connaissais déjà le coin pour avoir été en famille dans la réserve géologique (notamment pour admirer la célèbre et impressionnante dalle aux ammonites), mais de toute façon, nous n'étions là que pour quelques heures, juste pour la nuit. Nous étions hébergés dans un centre de vacances un peu à l'extérieur de la ville. J'en garde un assez mauvais souvenir, je crois que c'était un peu vétuste et pas très propre. En plus, nous étions en dortoirs de 6 ou 8, pour les mecs, et cela ne me mettait pas très à l'aise. Même maintenant, en étant gay bien assumé, je ne suis pas sûr d'apprécier :-D 8 mecs de 18 ans bourrés d'hormones dans une même pièce, je ne vous dit pas la nuit que certains ont passé. J'ai éprouvé un certain malaise à être le seul lit qui ne couine pas quand la lumière a été éteinte. Le réveil a été dur pour certains qui ont passé la nuit à se palucher le guignol.

Nous sommes partis tôt le lendemain, après un petit-déjeuner vite expédié, et avons quitté les Alpes de Haute-Provence pour rejoindre le Var, et plus précisément la commune de Montmeyan. Ce département étant l'un des plus boisés de France, il est extrêmement exposé aux problèmes d'incendies estivaux. D'ailleurs, il fait régulièrement et tristement la une des actualités l'été sur ce sujet. Nous avons rencontré un technicien forestier qui nous a parlé de la mise en valeur de la garrigue du Haut Var, et de la défense des forêts contre l'incendie. Après les quelques semaines d'activité de pompier, j'étais forcément très sensibilisé au sujet, et je me souviens avoir beaucoup discuté avec lui des différents dispositifs de protection proposés par le département.

Le soir, nous avons gagné Saint-Raphaël : un hôtel nous attendait pour passer la nuit. La soirée a été vraiment médiocre. Je ressentais un déphasage toujours plus important avec mes collègues, et cela s'est encore accru ce soir-là. Je suis un garçon ennuyeux raisonnablement sage, qui n'a jamais cédé à la facilité des drogues et qui ne boit pas ou vraiment très peu (un verre de vin pour accompagner un repas, oui ; du whisky-coca en perfusion toute la soirée avec juste pour but de se murger, non). Du coup, je me sentais complètement extra-terrestre en étant le seul à ne pas me décalquer la tête (et à ne pas vomir tripes et boyaux à 22h30). En bon ours mal léché, je me suis vite isolé sur un bout de plage (elle n'est vraiment pas large la plage de St-Raph, quand on connaît les plages atlantiques), pour ruminer de sombres pensées. J'étais dérangé de temps en temps par un collègue qui cherchait un coin discret pour vomir, puis à un moment avancé de la nuit, deux collègues un peu plus sobres que les autres sont venus me rejoindre. Nous avons beaucoup parlé, et c'est ce soir là qu'à commencé à germer le sentiment que je ne resterais pas longtemps dans cette formation.

Le réveil a été douloureux pour beaucoup, le lendemain, surtout pour quelques uns plus jeunes pour lesquels c'était la première grande escapade loin des jupons maternels, et donc, la première grosse cuite. Nous avions rendez-vous dans le très beau massif de l'Estérel. L'exceptionnelle géologie du site et l'influence du climat méditerranéen ont façonné un lieu extraordinaire. Malheureusement, il est très régulièrement ravagé par les incendies. Le sujet de l'intervention du jour était justement la protection des forêts du littoral méditerranéens et du cas particulier de l'Estérel ; je me souviens d'une magnifique journée, d'une très belle randonnée au coeur du massif, et de deux gardes forestiers passionnants. Et de ma satisfaction de voir certains des collègues traîner la patte, à cause des excès de la nuit... Je sais, je suis mauvais (des fois)...

Nous avons passé la nuit à Boulouris (une station qui semble sur la même commune que Saint-Raphaël, mais qui ne m'a laissé aucun souvenir...), puis sommes partis le lendemain pour Cogolin, un village situé au pied du massif des Maures (ce massif jouxte l'Estérel). La fatigue, les nuits courtes et ma mauvaise humeur commençait à me peser, et j'ai pas été très réceptif ce jour-là. Le sujet (la mise en valeur des peuplements des Maures) n'était pas très excitant. Est-ce là qu'on nous a montré les plantations de chêne-liège ? Je ne sais plus, mais cette partie là n'était pas trop mal. Ces chênes qui se protègent des incendies grâce à leur écorce (mais que l'on écorche à vif pour récupérer le liège) sont donc extrêmement exposés aux incendies. Si le feu passe après que le liège ait été prélevé, on ne peut guère espérer que l'arbre s'en sorte. Je suis sûr que c'est ce jour-là, par contre, que nous avons vu les plantations d'Eucalyptus. Cela m'a marqué car nos profs nous en avaient beaucoup parlé avant le voyage : les tentatives de plantation d'eucalyptus ont été nombreuses dans cette région, donc le climat est très propice (l'eucalyptus ne supporte pas le gel). Manque de chance, à chaque fois que les arbres arrivaient à une maturité suffisante (je crois qu'il pousse assez vite), un gel ravageait les cultures. Cela amusait beaucoup mes enseignants...

Nous avons passé la nuit en Avignon, dans un hébergement sur l'île de la Barthelasse. Avec quelques uns, nous avions été nous promener de nuit dans la ville, espérant pouvoir faire un tour sur le fameux pont (tourist power), mais une cruelle déception nous attendait : le pont n'était pas en libre accès (et même, si mes souvenirs ne me trahissent pas, était payant). Vous avons donc vadrouillé quelques heures sans but avant de rentrer sagement nous coucher.

Le dernier jour, nous étions attendus sur les pentes du Mont Ventoux, du côté de Sault. Nous avons rencontré un technicien de l'Office National de la Chasse, pour parler de la gestion des réserves de chasse dans les espaces boisés du Ventoux. C'était une très belle balade, par une journée mitigée (le climat en haut du Ventoux aux prémices de l'automne, c'est pas génial). L'intervenant était très intéressant : je ne suis pas un supporter de la chasse traditionnelle, je trouve cette activité barbare (du moins telle qu'elle est pratiquée par une majeure partie des chasseurs). Il existe néanmoins de plus en plus de chasseurs qui ont une vraie conscience de leur impact et de ce qu'ils peuvent apporter à l'écologie des régions qu'ils parcourent. Les chasseurs sont devenus des acteurs incontournables pour réguler les populations de nuisibles (les sangliers, par exemple... Même si l'explosion de la population de sangliers est due aux chasseurs), ou pour entretenir certains certain secteurs, ou tout bêtement pour entretenir les sentiers. Le gars de l'Office m'a donc un peu réconcilié avec les chasseurs.

Après une journée bien remplie, nous avons repris la route de la Haute-Savoie en fin d'après-midi. Nous sommes arrivés très tard dans la soirée, et la transition entre le climat méditerranéen et le climat montagnard nous a surpris. Les Savoies avaient basculé vers l'hiver. Il a fallu gratter les voitures pour enlever la glace, alors que nous n'avions qu'une envie : nous précipiter sous la couette. Il n'était pas loin de minuit quand j'ai regagné mon appartement. Complètement fourbu, il fallait quand même que je mette le réveil pour le lendemain matin : le groupe B avait informatique... Et dire que j'aurais pu zapper... Heureusement, l'école nous avait donné le lundi pour récupérer : deux jours n'étaient pas de trop.

Et moi, j'avais besoin d'un peu de solitude, après cette semaine oppressante passée en groupe.






Photo : la corniche de l'Estérel (c) Luiginter : original (licence : CC-By).

vendredi 21 septembre 2007

21 Septembre 1997 - Vivre à Annecy

Après avoir passé le cap des 30 ans, en février, je me suis surpris à regarder en arrière. 10 ans se sont écoulés depuis la fin de mon premier diplôme, un nombre rond symbolique, une excellente occasion pour ressortir mes notes et retracer quelques souvenirs de cette époque.

Marché d'Annecy En dehors des cours, la vie à Annecy me plaisait beaucoup. Un automne radieux, de beaux et longs week-ends et l' "à-coté" des cours rendaient tout à fait supportable mon isolement dans cette grande ville. Après tout, c'était la première fois que je vivais dans une ville de cette taille (autour de 100000 habitants, à l'époque, si mes souvenirs sont bons) soit un large tiers de la population ardéchoise. C'est à Annecy que j'ai découvert que, finalement, on n'est pas si mal que ça dans les grandes villes. Avoir tout sous la main (dans tous les domaines) offre des perspectives fort plaisantes.

J'avais découvert beaucoup de choses dans mon quartier. Je ne me souviens plus de son nom, au passage, je crois que c'était quelque chose comme Novel-Teppes. Mais quelques détails m'ont marqués. Il y avait par exemple une annexe de la bibliothèque, que j'ai fréquenté très assiduement. Je crois avoir lu une large proportion de leur stock de BD. C'est là-bas que j'ai découvert plusieurs excellentes séries comme les Mondes d'Aldébaran. C'est là-bas aussi que je me suis initié aux mangas, notamment via le cultissime Akira (je ne vous parle pas du temps que j'ai passé dans les différentes annexes de la bibliothèque à chercher les tomes manquants d'Akira...).

A moins de cinq minutes de chez moi, il y avait aussi un club de Badminton. Ce sport est le seul que j'ai jamais pratiqué : je n'aime généralement pas le sport , du moins tel qu'on nous l'imposait au collège et au lycée. Mais quand j'ai découvert le Badminton (en regardant les Jeux Olympiques ?), j'ai tout de suite eu envie d'en faire. J'ai commencé quand j'étais en Seconde, au lycée, de manière assez intensive et en ai fait très régulièrement ensuite, y compris ici sur Montpellier. Cela fait partie des très rares sports qui peuvent m'intéresser ; le baseball en fait aussi partie, mais je n'avais jamais trouvé de club pour en faire. Maintenant que je suis sur Montpellier et qu'il y a un club (de très bonne qualité), je n'ose pas m'y mettre. J'ai passé l'age :-D Bref, fin de la parenthèse !

J'ai donc été très fréquemment aux entraînements de Badminton : cela m'offrait un excellent exutoire de mes journées de cours ennuyeuses. J'avais sympathisé avec quelques joueurs, l'accueil était simple et agréable (même si c'était moins familial qu'en Touraine). Il est arrivé plusieurs fois qu'après un entraînement, on aille prendre une verre en ville. Toutes les tranches d'âge étaient représentées, et il y avait évidemment quelques spécimens de beaux gosses sexy ; rien que pour 3 minutes de vestiaire avec eux, ça motive pour être à l'heure, voire même légèrement en avance, même si on est obligé d'installer les terrains et les filets :-p

Un autre atout de la ville me plaisait beaucoup : le marché du samedi matin, boulevard Taine. C'était l'un des plus beaux marchés que j'ai pu arpenter. Mon père m'en reparle encore. J'adore faire les marchés, profiter des produits locaux, voir les couleurs, humer les senteurs. La Haute-Savoie est très riche de ses produits (fromages à se pâmer, charcuteries à se damner, etc. ...), et j'en ai usé et abusé pendant tout mon séjour à Annecy. Cela ne m'a pas réussi, je ne me souviens pas d'avoir pris un seul kilo. Je regrette de ne pas avoir eu d'appareil-photo à l'époque...

En relisant ces lignes, ça me donne envie de vacances à la montagne ! Qu'est-ce que j'aimerais pouvoir y retourner, y faire un petit séjour, revoir quelques petites choses, quelques lieux. La ville devait changer, se métamorphoser. J'aimerais voir ce qu'elle est devenue. Compte tenu de tout ce que j'y ai vécu, Doudou ne veut pas. Faut dire qu'en général, pour sortir Doudou de l'Hérault, il faut se lever tôt, mais là il y a des circonstances aggravantes :-D






Photo : (c) Gauis Caecilius : original (licence : CC-By CC-By-ND CC-By-NC).