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Mot-clé - Astronomie

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vendredi 29 janvier 2010

En route vers la fin du monde (passez un bon week-end)

Ce billet n'est en aucun cas sponsorisé par le film 2012 :-) .

Eruption solaire J'ai su très tôt que notre planète, ce petit bout de caillou fragile qui nous sert d'unique refuge, ne serait pas éternelle : mon père, qui m'a initié à l'astronomie, m'a toujours raconté qu'elle disparaitrait à un moment ou à un autre.

L'hypothèse à laquelle je pensais au départ était assez simpliste : la Terre finirait avec son étoile. Comme tous les astres, le Soleil est promis à un long avenir, mais sa fin est inéluctable. Il est généralement admis que le Soleil est à la moitié de sa vie, et qu'il lui reste environ 5 milliards d'années à carburer. Une paille. Cependant, au terme de ces 10 millions d'années d'existence, il aura brûlé toutes ses réserves d'hydrogène. Il entrera alors dans une phase d'expansion[1] pour devenir une géante rouge : son nouveau diamètre atteindra sans problème les plus proches planètes qui gravitent autour de lui ; Mercure et Vénus seront absorbées, et peut-être la Terre aussi, signant évidemment son arrêt de mort. Et même si notre planète n'était pas absorbée, nous serions de toute façon trop proches pour que la vie puisse perdurer (sans parler du fait que l'atmosphère aura été soufflée, mais c'est presque du détail, là). Le Soleil aura encore quelques centaines de millions d'années à vivre, mais pour nous, le dossier serait bouclé.

Ma surprise a été grande il y a quelques années quand j'ai découvert qu'un autre évènement cosmique risquait d'interrompre un peu plus tôt notre aventure. En effet, il est probable que dans 2 à 3 milliards d'années notre galaxie[2] entre en collision avec sa voisine, la galaxie d'Andromède. L'évènement est incertain, ses effets encore plus, mais la rencontre de deux galaxies provoque généralement un sacré remue ménage (formation de nouvelles étoiles, interactions gravitationnelles nouvelles...). Les astres n'entrent pas en collision entre eux, mais les effets de marées et les déplacements engendrés risquent bien de nous causer des soucis définitifs.

Il existe cependant un danger plus proche, encore lié au vieillissement notre étoile[3] : avec le temps, le cœur du Soleil deviendra de plus en plus chaud. Sa luminosité augmentera, et dans 1 milliard d'années, elle se sera accrue de 10% ; la température moyenne à la surface de la Terre sera alors de 70°C. Autant dire que le réchauffement climatique, à coté, c'est de la rigolade, et qu'il faudra prévoir de bons ventilateurs bien avant ça...

Bien évidemment, la question de savoir quand notre planète sera annihilée est purement rhétorique, cela ne nous concerne que de loin. Depuis longtemps l'Humanité aura déserté la surface de la Terre quand cela se produira. C'est un de mes thèmes favoris : l'Homme va arriver à s'éradiquer tout seul, comme un grand, et notre planète n'aura aucun mal à s'en remettre... Jusqu'à ce que le son sort soit scellé d'une autre façon.




Crédit photo : STEREO Project, NASA (A solar prominence erupts in STEREO).

Notes

[1] Les puristes me pardonneront les raccourcis grossiers que je fais au travers du cycle de vie des étoiles...

[2] La Voie Lactée.

[3] Lu dans Ciel et Espace 476 / Janvier 2010.

dimanche 3 mai 2009

On est tellement peu de chose

Collision d'amas de galaxies - MACS J0717 Je garde une fascination très enfantine pour tout ce qui se passe loin au dessus de nos têtes, à des distances qui dépassent l'entendement. Je me suis intéressé très tôt à l'espace, j'étais encore à l'école primaire, mais je n'ai jamais été suffisamment doué en maths et en physique pour pouvoir aller plus loin et comprendre tout[1]. Pas grave, je me contenterai des images de grande beauté qu'est capable de nous fournir l'univers, et qui m'émeuvent tant.

C'est le cas de l'image[2] ci-contre, qui donne le vertige et qui nous rappelle, si besoin est, la petitesse du bout de caillou qui nous héberge. Pour les non-initiés, il s'agit de la collision de plusieurs amas de galaxies, la plus grosse jamais observée. Les points lumineux ne sont pas des simples petites étoiles, il s'agit bien de galaxies complètes. Et elles sont innombrables. (Cliquez sur la photo pour l'agrandir ; l'image est un peu lourde, donc soyez patient, mais elle est vraiment de toute beauté).

Que des galaxies se rentrent dedans, cela arrive régulièrement[3]. Mais, c'est l'échelle au dessus : il s'agit là de collisions d'amas de centaines de galaxies, des milliards d'étoiles, nombreuses à un point où les nombres ne veulent plus rien dire et donnent le tournis. Encore un nombre qui dépasse la compréhension : la collision s'est produite à une distance de 5,4 milliards d'années-lumière ; cela veut dire que la lumière que nous voyons a été émise avant que notre planète n'existe[4]. Les forces déchainées dans ce monstrueux carambolage sont inimaginables. Les nuages colorés du bleu au rouge sont chauffés à des températures de plusieurs dizaines de millions de degrés...

Fiers et arrogants humains... Il nous faudrait regarder un peu plus vers le ciel pour relativiser notre grandeur et notre position dans l'univers. La fragilité de notre système planétaire est pourtant une réalité concrète, et devant toutes les démesures auxquelles nous sommes confrontés dès que l'on regarde au delà de notre atmosphère, il conviendrait de se rappeler que la vie et l'intelligence n'ont éclot ici que grâce à l'extrèmement fine pellicule protectrice de la biosphère.

Que nous sommes en train de ravager irrémédiablement.





Pour plus d'infos, vous pouvez lire ces articles :





Crédit Photo : NASA, ESA, CXC, C. Ma, H. Ebeling, et E. Barrett (University of Hawaii/IfA), et al., et STScI. Extrait de la photothèque Hubble (original ici).

Notes

[1] Heureusement, j'ai lu le Guide du Routard Galactique, et que je connais la réponse aux questions de la vie, de l'univers et du reste.

[2] C'est une image "artificielle" : elle combine les images données par 3 appareils différents.

[3] On est d'ailleurs les premiers concernés puisque cela arrivera à notre galaxie dans quelques milliards d'années : tout semble montrer que la galaxie d'Andromède nous fonce dessus.

[4] La Terre a environ 4,5 milliards d'années.

dimanche 10 août 2008

Une bombe nucléaire pour détecter la vie sur Mars ?

Mars et les Pléïades Je suis en congés pour 3 semaines, et profite de mon temps libre pour (entre autre) rattraper mon retard de lecture. En feuilletant le mensuel Ciel et Espace de Juillet, au coeur d'un dossier sur la planète Mars, je suis tombé sur un petit encadré qui m'a fait bondir... Un exobiologiste explique que s'il y a des traces de vie sur Mars, elles sont probablement enfouies sous la terre, à 1 ou 2 km de profondeur. Il n'exclut pas que cette vie existe toujours, au sein de réservoirs d'eau dont la température serait plus clémente qu'en surface.

Pour accéder à ces traces, il n'est pas opposé à l'usage d'une bombe nucléaire sur la planète rouge (kwa) . Selon lui, les couches profondes qui seraient ramenées à la surface ne seraient pas contaminées par les rayonnements, et les éventuelles traces de vie seraient intactes. Cependant, cela ne semble pas près de se faire, car selon lui, "les gens n'aiment pas l'idée de faire exploser un engin nucléaire sur une autre planète"[1]. Bheu dis donc, les gens ne sont pas drôles : on ne peut même plus faire péter ses bonbounettes où l'on veut.

L'idée m'a particulièrement atterré. Ce n'est pas que je préfère qu'on fasse exploser nos bombes sur Terre, on est bien d'accord. Mais le fait d'aller ravager une autre planète, d'aller en polluer sa surface, d'exposer ses éventuelles formes de vie aux radiations me choque un peu. Nous continuons à ravager notre propre planète malgré le fait qu'elle soit le seul ilot vivable de notre portion d'univers, et on pense déjà à aller sagouiner les planètes voisines[2]. C'est affligeant.

Dans le même numéro mais dans un autre registre, un article très intéressant a été publié sur l'effet supposé de la pleine lune sur les affaires humaines. Que ce soit les violences, les naissances, les décès, les suicides, les accidents, les catastrophes naturelles (...) aucune corrélation n'a pu être établie par les scientifiques entre ces évènements et les phases de la lune. Une tradition populaire très ancrée affirme pourtant que le nombre de naissances est plus important les nuits de pleine lune : une étude américaine portant sur 20 ans et 70 millions de naissances (de même qu'une autre faite en Europe, mais sur un nombre de naissances non indiqué) prouve que là encore, aucune corrélation n'existe. De quoi donner un coup de boule à un mythe bien enraciné. Et moi, j'aime bien quand ce genre de mythe est démonté...


(c) photo : adriangonsalves : original (licence : CC-ByCC-By-CACC-By-NC).

Notes

[1] Ciel et espace n°457, Juin 2008, p. 41.

[2] En plus, Mars est la seule planète vraiment candidate réaliste pour pouvoir accueillir une population humaine, si cela était nécessaire dans les siècles à venir.