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mardi 21 septembre 2010

Consommer autrement

Panier 1 Cela faisait plusieurs années que je cherchais, j'ai enfin trouvé mon bonheur : depuis une semaine, j'ai adhéré à une AMAP, une association pour le maintient de l'agriculture paysanne.

Le principe de cette association est simple : des consommateurs se regroupent et contractualisent avec un (ou des) agriculteur(s), lui versent par avance le montant d'un "abonnement" pour une durée prédéfinie, et en échange, l'agriculteur fournit de manière régulière des paniers de fruits et légumes, en fonction du contrat de départ.

Je suis un grand partisan de ce système (déjà cité et ), mais je n'en avais jamais trouvé une suffisamment pratique pour moi, qui n'ai pas de véhicule. Dans mon cas, l'association a été créée et est gérée par "mes" étudiants (bravo les enfants), les livraisons se font au boulot : idéal. On s'engage sur un nombre de paniers hebdomadaires à 5 ou 10€ : pour tester, j'ai pris 10 paniers à 10€ pour le moment, cela me mènera jusqu'en décembre et me permettra de jauger du système.

A mon sens, les AMAP sont un mode de consommation d'avenir. Elles permettent de maintenir des agriculteurs à proximité des villes, en leur fournissant un revenu stable, non gagé sur les cours des marchandises : c'est un système équitable entre le consommateur et le producteur, qui ne passe pas par les intermédiaires des grossistes ou grandes surfaces. Les prix sont justes : ils ne sont pas fixés dans une recherche de profit maximal mais par un équilibre entre ce que peut normalement espérer le producteur et ce qu'il est justifié de payer, sans avoir à engraisser les actionnaires d'un gros distributeur ou d'une grande surface.

Un autre avantage des AMAP est leur impact positif sur l'environnement. Depuis des années, je suis déjà vigilant, et consomme principalement des produits agricoles de saison et du département, excluant les tomates pâles d'Espagne ou les fraises hors-saison du Chili, etc. Avec les AMAP, c'est un principe acquis : les produits sont de saison, et d'une origine géographique restreinte. Les fruits et légumes ne font plus trois fois le tour de la planète, ils ne participent pas au gaspillage monstrueux d'énergie que cela représente. Ces structures seront indispensables quand le pétrole sera hors de prix... Les produits sont cueillis à quasi maturité, puisque le circuit de distribution est très court : cela garantit un goût et une fraicheur incomparable. A noter aussi que pas mal d'AMAP fonctionnent en agriculture biologique (ce n'est pas notre cas, même si les producteurs sont engagés dans une démarche raisonnée), cela a aussi un impact favorable sur l'environnement, évitant la pulvérisation de bonnes quantités de saloperies dans l'air, l'eau et nos assiettes...

La filière agricole se porte mal depuis plusieurs années, c'est un fait. Je n'ai jamais compris pourquoi ils ne se regroupaient pas pour créer des boutiques de distribution directe de leurs produits dans les quartiers. L'investissement ne serait pas énorme, mais le résultat assuré : tout le monde s'y retrouverait. La création récente des AMAP permet de corriger et compenser cette absence. Elles permettent au consommateur de redevenir acteur de sa consommation, de redécouvrir des goûts, des produits moins standardisés, voire des fruits et légumes mis de coté par les producteurs ou oubliés.

J'ai récupéré ce soir mon premier panier des fruits et légumes, je suis très content : cela correspond assez à ma consommation hebdomadaire, on verra quels compléments il faut que je fasse. Et comme j'ai le sentiment de bien faire en devenant membre de cette association, ça a encore meilleur goût, c'est sûr 8-) .

Ha, si, les mirabelles sont exquises.




A lire ailleurs : un billet sur le Framablog, faisant le parallèle entre les AMAP et le Logiciel Libre.

mardi 25 novembre 2008

Adhésion à l'APRIL

Logo April Je viens de payer ma taxe d'habitation, et j'ai eu la bonne surprise de douiller moins que prévu (je vous rassure, à cause de la suppression de certains dégrèvements, j'ai payé 95€ euros de plus que l'an passé, mais l'augmentation est moindre que ce que j'avais estimé. Et puis j'aime payer des impôts, même s'ils sont de moins en moins équitables). Du coup, je me retrouve avec un reliquat dont je ne sais que faire j'ai profité pour faire quelques bonnes oeuvres.

J'ai versé une petite contribution à Dotclear (25€), logiciel que j'apprécie et que je trouve juste de soutenir, et je reverserais la même chose début 2009. Ça va leur servir à payer quelques menus frais (serveurs, noms de domaines...).

Puis j'ai pris ma carte de supporter de Ségolène à 20€ auprès du PS. Heu, bon, non, ça vaut pas vraiment le coup, est-ce qu'il y aura encore un PS dans 3 jours ??

Enfin, comme je le souhaitais depuis plusieurs années, j'ai adhéré à l'April, une association française dont le but est de promouvoir et défendre le logiciel libre. Cela faisait un moment que je voulais adhérer, mais une campagne d'adhésion récente m'y a incité fortement (en gros, pour accroitre le poids et la représentativité des acteurs du domaine des logiciels libres, l'association veut recruter au moins 5000 membres avant la fin de l'année). Je ne compte pas m'investir dans l'association, mais c'est toujours un soutient de plus. Le Libre n'est pas seulement un outil de travail pour moi ou des logiciels que j'utilise au quotidien à la maison. Et c'est avant tout et surtout une philosophie, avec pour base la mise en commun des ressources et capacités de chacun pour le bien de tous. Et ça, ça me plait.

Bon, il me reste encore quelques sous, ça servira bien à m'acheter un pompier quand ils passeront me vendre leur calendrier 2009 :-p .

vendredi 4 janvier 2008

4 Janvier 1998 - Une préparation physique

Après avoir passé le cap des 30 ans, en février, je me suis surpris à regarder en arrière. 10 ans se sont écoulés depuis la fin de mon premier diplôme, un nombre rond symbolique, une excellente occasion pour ressortir mes notes et retracer quelques souvenirs de cette époque.

Semnoz enneigé Après plus de 15 jours de vacances chez mes parents, le retour le 4 janvier à Annecy a été une petite bouffée d'oxygène. Pendant tout le séjour, j'ai senti (ou imaginé) le reproche de mes parents vis à vis de mon abandon du BTS. Ils étaient d'accord pour que j'arrête, mais avaient beaucoup investi pour que j'aille à Annecy, et tout cela n'avait finalement servi à rien.

Il me fallait donc assurer un maximum pour passer les étapes suivantes de mon concours. L'épreuve la plus redoutée était d'ailleurs la suivante, et j'avais été convoqué pour le 26 Janvier du coté de Nice. Il s'agissait de la bien nommée "épreuve physique", une rando plutôt gratinée : de l'ordre de 30 km, avec 1500m de dénivelé cumulé, un sac à dos chargé au minimum de 12kg pour les hommes (hors ravitaillement et eau), et bien sûr, en temps limité (sinon ce n'est pas drôle). Autrement dit, pour un mec taillé comme moi, un enfer.

J'avais planifié un entraînement rigoureux, j'avais que 3 semaines pour me préparer. Un jour sur deux, je sortais d'Annecy pour la montagne voisine du Semnoz. Le rituel était toujours le même : par sécurité, j'appelais mes parents le matin pour leur dire quel chemin je comptais prendre et combien de temps j'estimais mettre. Je partais arpenter ce massif que je finis par connaître sous tous les angles, au pas de course, chargé comme une mule. Le corps humain est une merveilleuse machine : à force de marcher dans la neige, de porter plus de 15kg, de monter et descendre, mon organisme s'est effectivement bien adapté. Je me suis un peu esquinté le dos, au passage, mais je me suis accoutumé à la douleur.

J'ai parcouru les pentes de ce petit massif un bon nombre de fois, mais n'ai fait qu'une seule fois le point culminant, le Crêt de Chatillon (1699m, dixit Wikipedia). Je revenais souvent fourbu en milieu d'après-midi, appelais mes parents pour leur signaler mon retour (s'ils n'avaient pas de nouvelles de moi avant 20h, ils appelaient les secours...), avalais un quelque chose de chaud rapide, puis prenais une bonne douche revigorante.

Le seul écart dans ce programme a été un week-end de deux jours en Ardèche, les 10 et 11 Janvier. Nous avions le premier Conseil d'Administration de notre association d'Anciens à Aubenas, et je n'aurais manqué cela pour rien au monde. C'était la première fois que je revoyais la plupart de mes anciens collègues de BTS, cela fut donc très festif et très heureux. Nous avons pris beaucoup de (bonnes) décisions, beaucoup de dossiers ont été avancés (nous étions tous géographiquement éloignés, cela n'aidait pas à travailler ensemble). Le départ d'Ardèche fût là encore un profond déchirement, mais nous savions que ce n'était qu'un au-revoir.

La date du concours arrivait à grande vitesse. Quelques jours avant la date fatidique, le 21, je pris encore mon fidèle destrier, ma bonne vieille fiesta, et nous avalâmes ensemble les kilomètres. J'avais loué un petit gîte dans l'arrière-pays niçois, à Sospel ; c'était un peu rudimentaire et pas très chouette, mais la propriétaire m'avait très bien accueilli, elle était adorable. Contrairement aux petites vieilles de la place où je m'étais garé, qui me regardèrent avec mépris en marmonnant quelque chose comme "Ha ! Estrangès !" Ça fait toujours plaisir.

J'ai profité de mon séjour pour visiter le village, et il m'a beaucoup étonné : à la fois joli et sale, trop vieux et trop neuf, il y avait malgré tout de belles choses à voir, et quelques curiosités architecturales. Le vieux pont sur la Bévéra, la cathédrale baroque / rococo (qui a dit Siffredi ?), des trompes-l'oeil dans les rues... Un village charmant, au creux d'une vallée, tout entouré d'oliviers. J'en ai gardé un très bon souvenir, je suis resté très attaché à ce petit bled, peut-être à cause de ce qui suivit.

Le lieu de l'épreuve physique était juste à coté : un col à quelques kilomètres de Sospel. Grâce à mes quelques jours d'avance, j'avais fait des repérages aux alentours, essayé les sentiers, regardé quelques pistes. Je me sentais prêt. J'étais loin de me douter de ce qui m'attendait.

(A suivre...)






Photo : (c) Dino8 : original (licence : CC-ByCC-By-NDCC-By-NC).

samedi 8 décembre 2007

8 Décembre 1997 - La démission

Semnoz Après avoir passé le cap des 30 ans, en février, je me suis surpris à regarder en arrière. 10 ans se sont écoulés depuis la fin de mon premier diplôme, un nombre rond symbolique, une excellente occasion pour ressortir mes notes et retracer quelques souvenirs de cette époque.

A partir du moment où j'ai su que j'allais quitter le BTS, ma motivation pour me lever et aller en cours a été largement douchée. Avec mes parents, nous nous étions mis d'accord : je poursuivais les cours jusqu'aux vacances de décembre. D'abord parce que, malgré tout, je continuais à apprendre quelques trucs ; puis cela me permettait de garder un rythme de vie non larvaire, avec des horaires et des contraintes. Et puis bon, l'école était privée, on avait payé jusque décembre donc j'allais rester jusque décembre :-D C'était le coté auvergnat de ma mère qui ressortait.

Il n'y avait plus guère que les sorties sur le terrain qui me motivaient. Une expédition au Grand-Bornand m'avait particulièrement intéressé : c'était sur la thématique de la Restauration des Terrains de Montagne. Le Grand-Bornand avait été frappé dix ans auparavant par une crue de (la Borne), une rivière locale qui fit plus de 20 morts le 14 juillet 1987. Cela m'avait beaucoup marqué de ressentir le souvenir de cette catastrophe qui était encore très prégnant chez les savoyards. Ils étaient très naturellement sensibilisés aux catastrophes, et la préoccupation de restauration des terrains de montagne pour lutter contre l'érosion était sincère.

Autre catastrophe naturelle, la soirée de "bizutage" par les 2è année avait eu lieu à la toute fin novembre. J'ai toujours refusé toutes les formes de bizutage, je n'ai donc participé que de très loin à cette soirée-là. J'aurais largement préféré que ce soit une cérémonie de parrainage, les anciens accompagnant les nouveaux. Mais non, nos prédécesseurs avaient été bizutés aussi, il n'y avait donc pas de raison qu'ils ne nous bizutent pas. Oui, le forestier est parfois basique, il n'est pas toujours très futaie futé [1]. Je me suis donc ennuyé comme un rat mort, attendant patiemment que l'heure soit un peu avancée pour partir sans froisser personne. Il était donc relativement tôt quand je suis parti, mais la fête battait son plein : une bonne partie de mes collègues était déjà HS à cause de la mauvaise vinasse.

Heureusement qu'à cette époque, j'avais des occupations associatives qui me changeaient les idées et qui m'apportaient un peu de stabilité intellectuelle. Dans les dernières semaines de mon BTS n°1 (en Ardèche), nous avions monté une association des anciens élèves. L'un des outils de communication de l'asso était un gros annuaire mélangé à des actualités, des informations diverses et variées (Internet ne touchait très très petite partie de notre groupe, le "bottin" était un vecteur d'informations) et de références bibliographiques (notamment un index complet des études réalisées par les membres, une ressource de données d'une très grande richesse). J'étais le secrétaire de l'association, et je m'étais vraiment beaucoup amusé à fabriquer ce document d'une cinquantaine de pages. Quand je le regarde a posteriori, je suis assez content de mon travail (minute d'autosatisfaction annuelle). J'ai été très étonné, en le rouvrant, par la philosophie dans laquelle il avait été réalisé : avec un esprit de réseau très fort, j'étais largement en avance sur les réseaux sociaux ! Je croyais que cette notion m'était venue plus tard, avec mon premier CDI, mais apparemment non.

J'avais tu mon départ à la plupart de mes collègues de BTS et je comptais garder le plus longtemps possible l'information pour moi, mais il fallait quand même que j'annonce ma démission à l'Ecole. C'est le 8 décembre que j'ai amené ma lettre au prof de botanique, qui était aussi directeur de la formation. Il avait l'air un peu surpris, voire même peut-être un peu peiné de voir un étudiant partir en cours de route. Il m'a bien sûr demandé pourquoi je m'en allais : j'ai été honnête avec lui, et lui ai expliqué que le contenu des cours ne correspondait pas du tout à ce que j'attendais. En quittant son bureau, il me dit quelque chose de gentil qui me fit rougir : "Dommage, on perd un bon élément". J'avais un niveau correct (mais sans plus), j'interagissais peut-être plus avec les enseignants vu que j'avais un peu plus de vécu que les autres, mais je ne m'étais jamais considéré comme un bon élément. Du coup, le compliment m'a un peu laissé con, et la scène très grandiose et théâtrale de la démission s'est terminée en phrases bafouillées et retrait piteux. Prof de bota 1 point, Hub 0.

Les dix derniers jours de cours ont passé assez vite. J'étais concentré sur mon concours, que je commençais à préparer un peu, et de toute façon, je n'en avais plus rien à battre. La dernière semaine, je me souviens avoir eu une discussion vigoureuse avec la prof de communication, qui prétendait nous donner tous les conseils pour rédiger le parfait CV. En dehors de quelques règles de bon sens, d'esthétisme, de grammaire et d'orthographe, il n'y a pas de définition intemporelle du CV parfait. Chaque prof y va de ses préférences et de ses recettes. C'est comme suivre les conseils de création de CV que donnent les différentes ANPE, ils sont parfois contradictoires... Et chacun est persuadé d'avoir raison. Bref, encore un cours qui ne servait à rien, j'aurais mieux fait d'aller faire mes courses de Noël.

Mon ultime cours, le vendredi 19, avait lieu avec la jeune prof que j'aimais bien. J'avais passé l'après-midi à réfléchir à ce que j'allais dire à mes collègues. A la fin du cours, je me suis adressé à toute la promo pour leur annoncer mon départ. Beaucoup étaient étonné par mon petit discours, je jubilais de mon effet de surprise :-D Je ne m'étais malgré tout pas trop mal intégré, même si cela avait mis du temps. Je me rappelle leur avoir souhaité de devenir de bons petits forestiers, mais je ne me souviens plus des détails. Après que la plupart soit parti, j'ai un peu discuté avec l'enseignante, qui m'a dit beaucoup de choses gentilles. Puis je suis parti. Ce chapitre-là de ma vie était terminé.

Deux jours plus tard, je rentrais en train dans mon val de Loire natal, pour les fêtes de Noël. J'étais heureux d'avoir arrêté le BTS, c'était un grand soulagement. Mais cela me laissait un goût étrange dans la bouche : c'était ma première erreur, mon premier échec. Une épreuve que j'ai mis beaucoup de temps à surmonter, mais qui aura eu un impact primordial sur les années qui suivirent.

(A suivre...)






Photo : (c) mll : original (licence : CC-ByCC-By-NC).

Notes

[1] Humour forestier, désolé.

dimanche 30 septembre 2007

Les associations de lutte contre l'homophobie de Montpellier sortent la hache de guerre

J'inaugure une nouvelle catégorie...

Sur Montpellier, il y a depuis des années un Collectif contre l'Homophobie (CCH), présidé par Hussein BOURGI.

Rainbow flag Depuis quelques jours, il existe aussi une antenne Montpelliéraine de la très connue et très respectable association SOS Homophobie. Cette antenne est présidée par Fred CASY, personnalité bien connue du Milieu gay local. Ce garçon, viré de AIDES (et, parait-il, de la LGP Montpellier, mais ça je n'ai pas pu le vérifier) a fait quelques déclarations (notamment un mail envoyé à toutes les sommités locales et une interview au Midi Libre du 29/09/07, édition Montpellier et sa région), et cela a hérissé quelques poils.

Hussein B. et lui ont (comment dire ça poliment ???) des caractères bien entiers, et les hostilités semblent ouvertes. Le premier dément d'ores et déjà certaines assertions du second (Fred C. avait parlé de "travail en complémentarité", Hussein B. dément toute discussion ou partage de mission). D'autres personnes s'en mêlent, et les journalistes sont mis en copie de tous les messages : ils doivent se régaler.

L'automne promet d'être animé dans le petit monde montpelliérain de la lutte contre l'homophobie. C'est très bien, les bagarres, y'a rien de tel pour se réchauffer quand il fait froid l'hiver.

Mais les gars, vous n'oubliez rien ?

Quelle perte d'énergie...

Heureusement, XIII est là pour nous rappeler que rien n'est acquis.






Photo : (c) Babydinosaur : original (licence : CC-By CC-By-NC CC-By-ND).