Éternel recommencement que le coming out...

La quasi totalité de mes amis sait que je suis gay, du moins parmi ceux qui comptent vraiment pour moi (les autres, j'm'en fous). Cependant, il en restait quelques uns qui étaient passés à travers de la "révélation", et cela faisait un moment que je voulais rectifier cela : c'était même dans mes résolutions 2009 :-D . Les choses se sont un peu précipitées il y a quelques mois, car deux d'entre eux ont eu leur troisième bébé, et ils m'ont demandé si j'acceptais d'être son parrain.

J'ai généralement un grand respect pour les convictions des autres, et me suis dit que le moment était venu de sortir du placard : si l'homosexualité les dérangeait ou les gênait, ou tout simplement s'ils préféraient que le parrain de leur bout'chou ne soit pas une tapiole, il valait mieux le leur dire avant le baptême. Je n'avais pas l'impression que l'homosexualité soit un problème pour eux, mais comment en être vraiment sûr ?

J'ai pris mon courage à deux mains, et alors que mon coeur battait la chamade, je leur ai tout expliqué. Puis je leur ai proposé de réfléchir quelques temps, pour savoir s'ils souhaitent vraiment que je sois le parrain de Numéro 3.

A posteriori, je me demande pourquoi j'ai tant tardé à leur raconter ce pan de ma vie. Voilà bientôt 10 ans que je connais ce couple. Elle, elle est arrivé dans l'association où je bossais, en remplacement d'une blonde idiote avec qui le feeling n'était pas trop passé, et je la voyais comme une nouvelle collègue, sans plus. Je m'apprêtais aussi à quitter le navire quelques mois après, je ne savais pas que nous sympathiserions et que nous nous retrouverions en dehors du boulot.

En plus d'être intelligente, elle avait su respecter ma discrétion sur certains aspects de ma vie, et cela m'arrangeait : quelques jours avant son arrivée, je m'étais fais plaquer par le premier copain avec qui j'avais passé plus d'un an, et oscillais entre tristesse et rage (je n'avais rien vu venir). J'avais une légère tendance à fondre en larmes assez vite, et n'avais donc pas envie de m'étendre sur le sujet.

Bref, on a sympathisé, on a déliré des heures au boulot en chantant des génériques de dessins-animés (j'étais très fort en blind tests, à l'époque), on a fait des soirées vidéos, des sorties ciné, des soirées jeux... J'ai rencontré assez vite son mari (avec qui je bosse maintenant) et ses amis, et notre relation a dépassé le stade des relations de travail, nous nous voyons très régulièrement. Cela fait quand même un peu plus de 6 ans que je suis avec Doudou, il était largement temps que je leur parle de mon bonheur.

Le coming out reste une petite épreuve pour un garçon sensible comme moi 8-) . Accessoirement, cela me fait penser qu'on ne fait jamais UN coming out : à moins de ne fréquenter que des homos (gasp, quelle horreur...), c'est une démarche permanente ou, à défaut, régulière. Elle déclenche toujours des questions (Doit-on le faire ? Est-ce nécessaire ? Cela ne va-t-il pas me porter préjudice ?), et, même dans certains cas, un stress : ce n'est pas normal, et c'est un bon symptôme de l'état d'ouverture de notre société (et de mon rapport à l'homosexualité ?).

On pourrait se dire qu'on s'en fout et que si les autres ne l'acceptent pas, ben c'est tant pis pour leur gueule. Les choses ne sont pas aussi simples. Certes, on peut choisir ses amis et ne plus fréquenter ceux que l'homosexualité dérange : c'est faisable. Pour le boulot, c'est autrement plus compliqué. Quant à la famille (rolleyes) ...




Sinon, pour boucler sur mon histoire de départ, c'est un happy end : je vais être parrain dans quelques jours ;-) .