Lecteur ZIP Mode "je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans, gnagnagna" activé...

Les lecteurs de disquettes Zip ont été des périphériques très à la mode à la fin du XXème siècle. Leur fabriquant (Iomega) apportait une innovation de taille : grâce à l'ajout d'un lecteur à coût relativement modique et de supports magnétiques spécifiques (les fameuses disquettes Zip), on pouvait disposer d'espaces de stockage importants pour véhiculer des données entre PC. Le Zip de base faisait 100 Mo, soit environ 70 bonnes vieilles disquettes classiques : un vrai confort. Iomega avait assuré en proposant des lecteurs internes en IDE ou SCSI, ou à brancher sur le port parallèle, puis USB. Ils étaient même compatibles Windows et Mac.

Ce système s'est répandu très vite et très largement ; j'avais moi-même acheté un lecteur en 1998, et toutes les écoles où je suis passé ensuite étaient équipées. Mais les clés USB ont eu la peau des lecteurs Zip, en atteignant puis dépassant les capacités proposées par Iomega (qui a repoussé à 250 puis 750 Mo la capacité de ses disquettes). Il faut bien avouer que l'utilisation de l'USB pour le stockage était très bien trouvée : il permettait de s'affranchir d'un lecteur et est bien plus évolutif. J'ai donc revendu mon lecteur Zip sur eBay (c'était d'ailleurs ma première vente), non sans une pensée émue pour les progrès spectaculaires à venir pour les capacités de stockage : j'avais acheté un monstrueux lecteur MP3 cette année-là, et sa capacité laissait rêveur : 128 Mo, c'était le top. Du coup, on commençait à se rendre compte de la capacité de plus en plus limité de la disquette Zip. Et de la faible évolutivité des lecteurs.

Lorsque je suis arrivé à mon poste actuel, il y a 6 ans, les clés USB commençaient à se démocratiser. Or, parmi mes (trop nombreuses) missions, j'avais la charge de salles informatiques utilisées par mes étudiants [1]. Une centaine de postes, que l'on renouvelle par cinquième, une fois tous les 5 ans. En effet, après 5 longues années passées à être traumatisées par "mes petits", les machines ont largement mérité une retraite paisible comme ordinateur d'appoint ou comme petit serveur léger.

Bref. Les derniers PC avec des lecteurs Zip ont été achetés en 2004, et ils sont arrivés à bout de souffle. Je les ai retiré de la salle informatique il y a quelques jours : les clés USB ont fini leur œuvre dans mon parc de machines. Désormais, elles s'attaquent à leurs ainées, les indéboulonnables disquettes 3 pouces 1/4. Car le temps des disquettes est révolu, cela fait deux ans qu'on nous livre des machines sans lecteur de disquettes. C'est bientôt la fin de ces chères vieilles choses, sensibles comme tout à la poussière, à la torsion, au magnétisme, et aux conjonctions astrales (surtout si vous aviez un rapport de stage stocké dessus, évidemment à rendre de toute urgence). Mais ne vous leurrez pas : les clés USB ne sont guère plus fiables, il n'y a pas une semaine sans qu'un de mes petits me demande de réanimer une clé qui a fait pschiiit...


Si la thématique de ce billet vous rappelle quelque chose, ce n'est pas trop étonnant. Un blogueur avec une certaine notoriété (même s'il est malheureusement peu prolixe depuis un moment) en a déjà parlé il y a quelques temps.

Je suis tombé sur le billet complètement par hasard : fan du blog de son homme, c'est à l'occasion d'un commentaire ou d'une citation que j'ai été visiter le blog de M. Le dernier billet de la première page parlait de lecteurs Zip, retrouvés aux milieux de cartons. Des détails très légers de ce billet m'ont mis la puce à l'oreille, ainsi qu'une allusion dans un autre article : après vérifications, j'ai eu la confirmation que M. était un ancien étudiant de mon campus :-D Nous ne nous sommes pas croisés, à 1 ou 2 ans près. Mais son billet, qui raconte quelques anecdotes sur ses études avec un peu de nostalgie, vient de lui faire gagner un curieux (et encombrant) souvenir : l'ultime lecteur Zip de mes salles informatiques, qu'il va recevoir sous peu.

J'adorerai voir sa tête quand il ouvrira le colis contenant le précieux trophée :-) . Je suis un psychopathe qui s'amuse de pas grand chose.


Note : M., si tu passes par là, ne commente pas ce billet, ou alors sans ton pseudo habituel et sans lien vers chez ton home. Tu peux aussi m'envoyer un mail via la rubrique "Contact". Même s'il est très facile de lever mon anonymat, je tiens à tenter de le préserver le plus longtemps possible...

Notes

[1] Je l'ai toujours, au passage, mais cela m'occupe beaucoup moins qu'à mon arrivée, où il m'a fallu tout remettre à plat, du matériel aux logiciels.