Benoit Hamon Comme prévu, j'étais hier soir au meeting de Benoît Hamon, à Montpellier, ultime étape de son tour de France des sections socialistes avant le vote des militants (aujourd'hui). Ces derniers ont la lourde tâche de départager les 6 motions qui prétendent à la direction du Parti.

C'était intéressant, hier soir. La belle salle Pétrarque était pleine à craquer, ça fait plutôt plaisir. Après quelques minutes un peu laborieuses, Benoît Hamon a su se mettre en route et a fait un exposé intéressant. Ses idées sont vraiment raccord avec les miennes, je suis rassuré de voir qu'il y a encore des socialistes de gauche.

Après un long (et incontournable) passage sur la crise économique, il a parlé pendant un moment de la montée du nationalisme en Europe (nationalisme qui pourrait être accentué par la crise d'ailleurs). Il a aussi longuement martelé son opposition à la social-démocratie, qui a été un échec partout en Europe (la crise nous l'a démontré), et qui reste pourtant la bannière sous laquelle ont combattu plusieurs des autres prétendants à la place de Hollande. Cette stratégie, comme je le disais il y a quelques jours, est vouée à l'échec, et ne fera pas revenir les électeurs traditionnels du PS.

Quelques autres points abordés :

  • La critique des retraites par capitalisation, surtout à la lumière de la crise (il a mis un pavé dans la mare à Gérard Collomb, sur le sujet).
  • Les défaites du PS de 2002 et 2007 n'ont pas été des défaites liées à des éléments périphériques (du genre "pauvre crédibilité d'une candidate") mais provoquées par la faiblesse des idées et de la ligne politique des programmes.
  • Les dirigeants du PS, depuis 10 ans, entretiennent une défiance et un malentendu avec les électeurs (ils pensent que le peuple ne les a pas compris lors des élections de 2002 ou du référendum sur le Traité Européen).
  • Pour rétablir le pouvoir d'achat, les salaires doivent pendant un moment être indexés sur l'augmentation des prix, puis, à terme, sur les gains de productivité des entreprises.
  • Le service public est le patrimoine de ceux qui n'en ont pas.
  • Il ne faut pas assurer des services publics en les valorisant et en les évaluant uniquement sur des critères de profitabilité.

Le vote est toujours en cours au sein du PS. Je suis assez pessimiste (le gros des troupe va probablement voter pour Delanoë, Royal ou Aubry, les 3 poids lourds). Mais qui sait ?




Note spéciale pour Pascal (dans ma série : "j'aime la politique pour les idées, pas pour les hommes") : il est encore plus charmant en vrai qu'en photo, et a des yeux bleus magnifiques (love) .