Pompes à essence Les pouvoirs publics commencent à comprendre que les agrocarburants (alias biocarburants) sont néfastes pour la planète et pour nous[1].

Le premier pas a été franchi par le Gouvernement, puisqu'il vient d'annoncer la fin (pour 2012) des avantages fiscaux accordés aux carburants d'origine agricole. Ils seront notamment taxés via la TIPP, comme les autres.

Il faut bien avouer que la folie avait gagné les agriculteurs du monde entier. Une partie des surfaces cultivées avait été convertie en production de biocarburants, de même que des espaces en jachères, et dans beaucoup de pays du sud, les défrichements de forêts déjà menacées se sont accentués. De manière complètement irrationnelle, des pays pauvres se sont lancé dans l'export d'agrocarburants en supprimant des terres agricoles alimentaires alors qu'ils n'arrivent pas à faire manger leur population. On marche sur la tête : alors que la population mondiale croît, on réduit les terres permettant de faire à manger.

Du coup, à cause d'une production alimentaire moindre et de mauvaises conditions climatiques, les réserves alimentaires mondiales ont dangereusement baissé à des niveaux jamais atteints. Nous n'avons que quelques semaines de réserve de riz ou de blé. Le stock de lait (en poudre) a aussi drastiquement baissé, pour être quasi nul. Cela a bien sûr eu un effet immédiat : la spéculation sur les produits agricoles a fait grimper les prix, de même que l'augmentation de la rareté. La FAO estime que 75% de l'augmentation du coût des aliments de base est dû aux agrocarburants. D'où les émeutes de la faim qui se sont produites régulièrement depuis 18 mois.

Le pompon sur la cerise du gâteau ? C'est qu'au final, les biocarburants ne sont pas si bons que ça pour l'environnement. Entre les engrais, les pesticides et l'irrigation, la propreté a déjà pris un coup. Et encore, je ne prends pas en compte le carburant qu'il faut brûler pour les véhicules agricoles, le transport et la transformation : le bilan est quasi-nul.

Avec la suppression des avantages fiscaux, les investissements dans les agrocarburants vont sérieusement ralentir, la production va donc baisser. Exit la fausse bonne idée. Il ne faut pas perdre de vue que les terres agricoles doivent rester en priorité des terres pour faire à manger. C'est l'un des grands défis de l'Humanité : la population de notre planète devrait atteindre 9 milliards d'individus en 2050, nous aurons besoin de toutes les terres disponibles pour espérer faire manger tout le monde.





Photo : (c) Gadl : original (licence : CC-ByCC-By-CA).

Notes

[1] Je sais, je radote ( et ).