Basura electrónica Enfer ! Tout arrive. Le Gouvernement va pondre une liste des nouveaux produits qui seront soumis au système de bonus/malus environnemental, et il y a notamment dedans beaucoup de produits électroniques (ordinateurs, mobiles...). Voir l'actualité.

L'informatique est une industrie très polluante, et même si depuis 1 ou 2 ans, un mouvement de fond commence à faire prendre conscience de son impact négatif sur l'environnement, les efforts sont quand même assez limités. Quelques constructeurs ont une politique de recyclage, ou d'économie d'énergie ; ainsi, les principaux fabricants de processeurs (Intel et AMD) ont mis en parallèle leur habituelle course à la puissance et l'amélioration des performances énergétiques des processeurs. Un bon point, d'autant que la concurrence forcenée entre les deux entreprises les pousse à investir toujours plus dans ce domaine.

L'instauration d'un malus sur les produits les plus polluants et d'un bonus sur ceux qui le sont le moins, c'est une méthode qui n'est pas absurde. Cela permet de favoriser par le prix les appareils économes en énergie ou moins préjudiciables à l'environnement [1]. Cela a aussi un impact sur les constructeurs, qui ont tout intérêt à fabriquer des produits qui se vendent bien, et donc, qui ont une nuisance moindre.

Il faudrait profiter du débat pour avoir une réflexion en profondeur sur nos usages de la technologie. Ce serait très bien si cela pouvait aussi améliorer l'évolutivité ou la "réparabilité" des produits, car c'est un point noir de l'électronique : ils tombent très vite en désuétude, alors qu'on pourrait concevoir leur évolutivité dès le départ. Et ils coûtent plus cher à réparer qu'à bazarder et à racheter (les imprimantes ou les téléviseurs sont de bons exemples). Et sans verser dans l'intégrisme antitechnologique (un comble), il serait bien qu'on ait une vision un peu plus long-termiste de la technologie. Un exemple : le format de stockage DVD commence à peine à s'imposer et à s'installer qu'on tente de le remplacer par le format blu-ray. Mais les promoteurs de ce format ont prévenu : ils ne lui prévoient pas un avenir de plus de 5 ans ! Pourquoi tant de précipitation ? Heureusement, l'engouement pour ce format HD n'a pas l'air de prendre (les foyers, qui viennent tout juste de finir de s'équiper de lecteurs DVD et ont fini de renouveler leur vidéothèque VHS sont un peu réticents, et on les comprend).

Attention cependant à la tentation d'instaurer cette taxe pour faire du fric et remplir le tonneau des Danaïdes des finances publiques. Théoriquement, les recettes apportées par le malus de la taxe serviront à financer le bonus. Néanmoins, on ne peut pas exclure qu'une partie des fonds s'égarent malencontreusement pour d'autres projets non environnementaux. Je n'ai aucune idée de la manne que cela pourra représenter, mais les guignols qui nous dirigent font feu de tout bois.

D'autre part, il faut bien prendre garde à ce que cette taxe soit équitable et qu'elle touche tout le monde, particuliers comme entreprises. Il ne faut pas se tromper de cible. Les foyers ne produisent que 4% des déchets, le reste étant dû principalement à l'industrie [2]. Il faut responsabiliser les entreprises quant à leur impact sur l'environnement, qui a un coût énorme pour la société et qui n'est imputé à personne.

Quand on voit ces bâtiments des zones industrielles pleines de bureaux dont les lumières restent allumées toutes la nuit, on se dit que ce n'est que la partie émergée de l'iceberg et qu'il y a du pain sur la planche...




(c) photo : manuelfloresv - original (licence : CC-By).

Notes

[1] Cela a plutôt bien fonctionné pour le bonus/malus sur les véhicules, puisque les ventes des gros véhicules gourmands se sont effondrées, mais cela a aussi été favorisé par le prix exorbitant des carburants.

[2] Chiffres donnés par le Canard Enchaîné du 17/09/08, p. 1.