L'omniprésident Notre Ex-Président [1] Chirac, dans le domaine de l'Environnement, avait fait quelque chose de fantastique. Il était passé pour un ardent défenseur de l'environnement au niveau international grâce à un très fameux et très juste discours "la maison brûle et nous regardons ailleurs" (sommet de Johannesburg, 2002). Cependant, au niveau national, son bilan environnemental est très médiocre, voire contraire à ses discours si l'on prend en compte sa protection de la politique agricole productiviste et la défense des subventions aux agriculteurs, qui pénalisent les pays du Sud.

Je vois poindre une jolie application du chiraquisme dans la réussite, ce week-end, du sommet de l'Union pour la Méditerranée (on ne peut pas nier que le sommet s'est bien passé, même si on ne sait pas encore sur quoi cela va déboucher... Ni même si cela va déboucher). Depuis des mois, Sarkozy a été largement malmené par les médias étrangers, et c'est une excellent occasion pour lui de redorer son blason et de passer pour un sauveur, pour un bienfaiteur, pour un rassembleur, pour un défenseur des droits de l'Homme (mais qu'est-ce que Kad faisait là ?), pour un acteur de la paix internationale.

Quid du niveau national ? On musèle et on noyaute les médias. On agresse les libertés individuelles les plus basiques, notamment en fichant la population pour le moindre prétexte. On organise la guerre entre les groupes sociaux (jeunes contre vieux / travailleurs contre chômeurs / privé contre public...). Bref, c'est rigoureusement tout le contraire : la belle façade internationale cache soigneusement l'arrière-court délabrée nationale.

Les hommes changent, les méthodes restent... Le pire, c'est qu'entre les vacances, la libération d'Ingrid et ce sommet, je suis sûr que le Nanoprésident va remonter dans les sondages. Avant une rechute magistrale à l'automne, quand les français verront que rien n'a changé, voire même que la situation a empiré ?

Notes

[1] Le number 2, parce que le number 1 sévit encore dans les sphères européennes