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samedi 28 janvier 2017

"Dune, la genèse" : des préquelles qui manquent de génie

DuneGenese.jpgZéro Janvier a publié un billet sur ce thème, du coup, comme j'ai une opinion un peu divergente, je me (re)lance aussi 8-) .

J'ai profité des vacances de Noël pour lire des bouquins qui trainaient dans la bibliothèque et que je n'avais jamais ouverts jusque là. Je me suis donc farci les trois tomes de "Dune, la genèse" (la guerre des machines, le jihad bultlérien et la bataille de Corrin). Ils n'ont pas été écrits par l'auteur original de Dune (Franck Herbert) mais par son fils Brian, à partir de notes de son père (mais bien sûr, tout le monde y croit (rolleyes) ).

L'histoire se place des milliers d'années avant celle de Dune et raconte comment les humains ont été asservis par les machines, pourquoi ils se sont rebellés, comment ils ont fini par partir en jihad contre les machines pensantes, pour au final recouvrer leur liberté. Ho mince, je spoile déjà, désolé... Mais bon, en même temps, si vous avez lu les tomes originaux de Dune, vous le savez forcément : cette partie de la trame historique de Dune est régulièrement abordée dans l’œuvre de Franck Herbert, où les machines intelligentes sont taboues.

J'attendais donc des réponses à mes questions. J'ai eu quelques éléments... Mais aussi beaucoup beaucoup beaucoup de déceptions ! Sur la forme, l'écriture semble laborieuse. Il y a d'énormes lourdeurs, des passages narrativement vides, et on sent à de nombreuses reprises que l'écrivain essaye faire de la page au kilomètre. Je n'ai pas noté combien de fois, mais il y a des explications sur certains personnages qui sont données et redonnées, presque à chaque chapitre où il est fait mention des-dits personnages. C'est particulièrement agaçant, on a le sentiment que l'auteur fait tout pour délayer. On aurait économisé des millions d'arbres en réduisant ces répétitions...

Sur le fond, il y a des choses perturbantes également. Par exemple, on pourrait ôter tous les chapitres sur les guerriers de Ginaz sans que cela ne modifie le moins du monde l'histoire. Ils n'apportent rien, ne servent à rien. Comme si Brian Herbert devait absolument replacer les légendaires guerriers (qui ont notamment engendré le Duncan Idaho de Franck Herbert), mais sans arriver à les intégrer à son histoire.

De manière générale, il y a peu de surprises : les personnages sont tellement caricaturaux qu'ils en sont parfois grotesques. Les méchants sont très méchants, les gentils sont très gentils, les machines sont incapables d'émotions et les humains sont humains. Quand un personnage apparait, on sait en quelques mots dans quel camp il sera, aucune chance de se tromper.

Mais il y a d'autres éléments dérangeants. Par exemple, le "cerveau" des machines pensantes, Omnius, est décrit comme si c'était une machine incapable d'évoluer ou de prendre en compte l'aléatoire ou l'arbitraire. L'histoire se déroule dans notre futur lointain, pour une œuvre de science-fiction c'est quand même bien peu prospectif de décrire celui qui a asservi l'humanité comme s'il était un ordinateur des années 70 ; cela manque furieusement d'imagination. On sent bien, à plusieurs titres, que le fils n'a pas le génie du père.

De plus, on dirait que Brian Herbert a construit son roman en listant tous les éléments symboliques de l’œuvre de son père, puis en essayant de les intégrer ou de les citer tant bien que mal (la découverte des boucliers ou de l'épice, la domestication des pouvoirs des sorcières Bene Gesserit, l'émergence des Fremen...). C'est très fait maladroitement, cela ne fait ni naturel ni plausible. C'en est même parfois risible, car on voit les choses arriver de loin, la trame narrative est assez grossière.

Prendre cette époque "inexplorée" de l'univers de son père était une bonne idée de la part de Brian Herbert, car le lecteur assidu de Dune se pose mille questions à l'issu de la dernière page de l’œuvre originelle. Mais, ô lecteur, si tu es un fan inconditionnel, évite ces trois tomes de "la genèse". Il y a bien peu de réponses, qui sont noyées dans 2400 longues pages, cachées derrières des personnages sans finesse. Lire des préquelles est toujours une tentation risquée, même si on a envie de se replonger dans un univers qu'on a aimé, on s'en mord souvent les doigts. J'avais plutôt apprécié les tomes "Avant Dune", commis par Brian Herbert également (malgré quelques incohérences par rapport à la trame paternelle), mais là, non, j'aurais mieux fait d'éviter !

mardi 17 mai 2011

Aux armes (un programme pour 2012 ?)

A la première écoute, j'ai été un peu rebuté par les 45 premières secondes, les paroles sont un peu faciles. Mais j'aime beaucoup, au final.




(Vu chez Yves Formentin).

jeudi 10 février 2011

Redécouverte : "Écrire pour ne pas mourir"

Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas écouté de CD d'Anne Sylvestre, et à l'occasion d'un tri dans ma CDthèque, je suis retombé sur ce superbe titre, "Écrire pour ne pas mourir". Anne n'a pas composé que ses célèbres Fabulettes pour les gamins, elle a aussi un très vaste répertoire pour les grands, avec des chansons poétiques, parfois engagées, et aux paroles toujours très finement ciselées.

"Écrire..." résonne comme un étrange écho à mon humeur du moment. Cette chanson ne peut que parler fortement à tout blogueur qui s'est dévoilé/épanché par ses écrits : pourquoi écrit-on, si ce n'est pour partager, pour mettre sur un support des choses que l'on ne peut/veut pas dire, ou juste parce qu'on est incapable de prononcer certains mots à haute voix ? Il y a bien sûr du futile et de l'inutile, mais pas uniquement.







(désolé pour l'illustration, les visuels sont parfois... hum (kwa) )





"Écrire pour ne pas mourir" - Anne Sylvestre (1985)

Que je sois née d'hier ou d'avant le déluge,
j'ai souvent l'impression de tout recommencer.
Quand j'ai pris ma revanche ou bien trouvé refuge,
dans mes chansons, toujours, j'ai voulu exister.

Que vous sachiez de moi ce que j'en veux bien dire,
que vous soyez fidèles ou bien simples passants
et que nous en soyons justes au premier sourire,
sachez ce qui, pour moi, est le plus important,
est le plus important.

Ecrire pour ne pas mourir,
écrire, sagesse ou délire,
écrire pour tenter de dire,
dire tout ce qui m'a blessée,
dire tout ce qui m'a sauvée,
écrire et me débarrasser.
Ecrire pour ne pas sombrer,
écrire, au lieu de tournoyer,
écrire et ne jamais pleurer,
rien que des larmes de stylo
qui viennent se changer en mots
pour me tenir le coeur au chaud.

Que je vive cent ans ou bien quelques décades,
je ne supporte pas de voir le temps passer.
On arpente sa vie au pas de promenade
et puis on s'aperçoit qu'il faudra se presser.

Que vous soyez tranquilles ou bien plein d'inquiétude,
ce que je vais vous dire, vous le comprendrez :
En mettant bout à bout toutes nos solitudes,
on pourrait se sentir un peu moins effrayés,
un peu moins effrayés.

Écrire pour ne pas mourir,
écrire, tendresse ou plaisir,
écrire pour tenter de dire,
dire tout ce que j'ai compris,
dire l'amour et le mépris,
écrire, me sauver de l'oubli.
Écrire pour tout raconter,
écrire au lieu de regretter,
écrire et ne rien oublier,
et même inventer quelques rêves
de ceux qui empêchent qu'on crève
lorsque l'écriture, un jour, s'achève...

En m'écoutant, passant, d'une oreille distraite,
qu'on ait l'impression de trop me ressembler,
je voudrais que ces mots qui me sont une fête,
on ne se dépêche pas d'aller les oublier.

Et que vous soyez critiques ou plein de bienveillance,
je ne recherche pas toujours ce qui vous plait.
Quand je soigne mes mots, c'est à moi que je pense.
Je me regardais sans honte et sans regrets,
sans honte et sans regrets.

Écrire pour ne pas mourir,
écrire, grimacer, sourire,
écrire et ne pas me dédire,
écrire ce que je n'ai su faire,
dire pour ne pas me défaire,
écrire, habiller ma colère.
Écrire pour être égoïste,
écrire ce qui me résiste,
écrire et ne pas vivre triste
et me dissoudre dans les mots
qui soient ma joie et mon repos.
Écrire et ne pas me foutre à l'eau.

Et me dissoudre dans les mots
qui soient ma joie et mon repos.
Écrire et pas me foutre à l'eau.

Écrire pour ne pas mourir,
pour ne pas mourir.

dimanche 9 janvier 2011

Exposition "L'Or des Incas"

Affiche de l'expo L'or des Incas Même si je suis curieux de nature, c'est probablement parce que j'ai été plongé très tôt dans l'univers des "Mystérieuses cités d'Or" que j'ai une fascination aussi intense pour les civilisations de l'Amérique précolombienne. Que ce soit pour leur art, leurs impressionnants exemples d'architectures, ou pour leurs connaissances tant astronomiques qu'agricoles, les Aztèques, les Incas ou les Mayas provoquent chez moi une admiration sans borne.

Quand j'ai eu connaissance de l'exposition "L'Or des Incas" (à la Pinacothèque, Paris, jusqu'au 06 février 2011), j'ai réorganisé un déplacement que j'avais à Paris en décembre pour pouvoir faire cette visite ; je n'ai pas été déçu.

Par les objets qu'elle regroupe, l'exposition retrace les 3000 ans de l'histoire des peuples précurseurs des Incas (de -1500 à 1500), des premières tribus à l'Empire qui s'est effondré avec l'arrivée des espagnols. Des dizaines de pièces sont exposées, avec le parti pris de démontrer l'importance et l'omniprésence de l'or : le métal précieux était utilisé pour communiquer avec les dieux, comme lien avec le soleil. Il n'est donc pas étonnant de trouver majoritairement de nombreux objets rituels, dédiés à la caste dirigeante ou aux chamans, en or ou en argent : des masques funéraires, des gobelets, des parures, des vêtements ou tissus qui ont traversé les temps. Les peuples Incas possédaient une grande maitrise des sciences, et notamment de la métallurgie : il est très impressionnant de voir dans leurs réalisations ce grand travail de précision, pourtant ouvragé avec des outils finalement assez primitifs.

J'ai trouvé cette expo très bien agencée et intéressante. Elle regroupe de nombreux objets précieux et rares de toute beauté, que l'on a pas beaucoup l'habitude de voir [1]. Les textes explicatifs sont clairs, assez concis, et les panneaux sont très pédagogiques. Et même pas rébarbatifs... J'ai bien peu de reproches à faire. Il manque peut-être quelques explications sur l'usage de certains des objets présentés (les noms sont bien indiqués, mais quid de leur utilité ou de leur usage, pas toujours évident pour les béotiens ?). De plus, la visite est un peu courte : environ 2h en prenant mon temps et en lisant tous les grands panneaux d'explications. Avec un droit d'entrée à plus de 10€, ça me parait un peu cher... La culture a un prix, et il est de moins en moins abordable.

J'ai failli dire qu'il y avait beaucoup trop de monde, mais en fait non, ça c'est de ma faute : quelle idée de faire un musée à Paris, un dimanche après-midi de Décembre, par un temps pluvieux ?? (restercalme) .

Si l'histoire des peuples précolombiens vous intéresse, je ne peux que vous inciter à vous rendre à cette exposition. Il est toujours émouvant de voir ces objets qui ont traversé les siècles pour arriver jusqu'à nous : impossible de ne pas penser aux hommes et aux femmes qui les ont utilisés, qui sont morts sous leurs coups, qui ont été sacrifiés avec ou qui en ont été parés au moment de leurs funérailles, rite commun à quasi totalité de l'Humanité. Ces reliques sont des témoignages d'un gigantesque empire qui s'est très vite effondré sous le feu nourri des espagnols. Un anéantissement qui rappelle qu'une civilisation tient à bien peu de choses, et qui devrait nous inciter à réfléchir encore et encore...

Notes

[1] Je n'ai pas encore mis les pieds au musée des Arts Premiers, au quai Branly, je suppose qu'il y a aussi de très belles pièces.

mardi 12 octobre 2010

Intermède musical

Comme je n'arrive pas à finaliser trois billets qui trainent depuis 15 jours, voici un petit intermède musical plutôt d'actualité...

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