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dimanche 17 juillet 2011

Une saison d'AMAP

Fin d'année... Mes étudiants sont partis en vacances depuis 3 semaines, et l'AMAP qu'ils gèrent a fermé ses portes pour l'été. J'avais promis de faire un petit bilan de cette année, voici donc mon ressenti au terme de mon engagement de 22 paniers, de la mi-septembre à la fin juin.

Je suis globalement extrèmement satisfait de la façon dont les choses sont organisées par les étudiants : l'association a contracté avec un agriculteur de l'ouest héraultais qui nous fourni en produits de saison, soit grâce à ses récoltes propres, soit en s'approvisionnant auprès d'exploitations voisines. Tout n'est pas bio, mais une grande partie des fruits et légumes sont issus d'une agriculture raisonnée non intensive. Le rapport qualité/prix est généralement excellent : le panier à 10 euros n'est pas prohibitif, et les proportions sont correctes. Je mets au défi d'avoir les mêmes quantités et qualités via les marchés de Montpellier, les primeurs ou les supermarchés ! Les paniers du début du printemps, avec leur livre d'asperges et leur barquette de fraises, étaient même plutôt donnés, compte tenu du prix de ces produits en début de saison !

En terme de quantité, rien à redire : elle est suffisante pour une personne et pour une semaine, à la limite c'est presque trop. J'ai souvent mis de côté certains produits pendant plusieurs semaines pour avoir le temps de les écouler à l'occasion d'une semaine où je choisissais de ne pas prendre de panier : les pommes de terres et les courges, par exemple, se conservent très bien. J'ai regretté toute l'année de ne pas avoir de congélateur, malgré tout, car cela m'aurait permis de varier un peu plus mes repas : aligner 4 soirs avec la même soupe, ou manger 3 jours de suite du chou farci, on sature un peu ! Ce problème sera résolu sous peu, j'aurais mon congel d'ici à cet hiver (merci Doudou).

Autre point positif, l'expérience m'aura obligé à varier mes repas. Cela faisait des années que j'étais installé dans une routine alimentaire assez insipide. En n'ayant pas le choix des produits livrés, je me suis retrouvé avec des fruits et légumes que je n'avais jamais goûté (christophines, courge butternut, Kakis) ou cuisiné (chou pommé, citrouille, potimarron, coing, radis noirs, navet long, topinambour, betterave (crue), fève). Cela m'a ouvert de nouveaux horizons gustatifs, et j'ai souvent adoré. Pour varier les modes de préparation, il a aussi fallu que je me remette enfin à cuisiner, et cela a été un plaisir énorme pendant les week-end. Plus jeune, alors que j'habitais encore chez mes parents, j'étais tout le temps aux fourneaux, mais cela m'a passé au lycée et au cours de mes études. J'avais envie (et besoin) de me redonner du plaisir à cuisiner, il ne me manquait plus qu'un bon prétexte pour m'y remettre :-) .

Le système proposé par mes étudiants est très flexible : par défaut, le panier est livré toutes les semaines, mais on peut demander à ne pas recevoir de panier une semaine (pendant les vacances, lorsque j'étais en déplacement, quand le frigo était trop plein, ...). Il y a eu cependant quelques périodes sans livraisons : lorsque tous les étudiants étaient en stage en Mai (dommage, c'était l'une des meilleures périodes !) ou lorsque notre agriculteur a été inondé suite à de grosses pluies.

Ne pas savoir à l'avance ce que l'on va avoir dans le panier est assez ludique, mais c'est aussi un petit inconvénient. Difficile de planifier ses repas pour la semaine quand on n'a aucune idée des ingrédients que l'on aura comme base, ni en quelle quantité. On s'y fait, mais les proportions ne sont pas toujours évidentes à gérer : que faire d'un poireau solitaire ou d'une unique courgette ? [1] Les portions ne sont pas forcément légères : à l'opposé, j'ai été livré de 25 ou 30 kiwis pas encore mûrs, qui ont évidemment tous muri en même temps, quelques jours avant que je ne parte en vacances de Noël :-) .

J'avais un peu peur de la durée moindre de conservation, à cause de l'absence de traitement, mais globalement je n'ai pas eu de soucis majeurs de ce coté-là. J'ai perdu très peu de choses, à part un peu de salade (dont j'ai été en quasi-overdose tout au long de l'année). La très bonne qualité des produits et leur fraicheur les aide à bien se tenir. Le seul bémol concerne les pommes de terre : les variétés proposées n'ont jamais été à la hauteur, soit par le goût soit par la tenue. De la vraie patate à cochons, juste bonne à faire de la purée. D'ailleurs ma seule tentative pour faire des pommes de terre farcies s'est assez vite transformée en "farce aux gros morceaux de patates"... C'est le seul point de déception.

Sauf contrordre majeur, j'ai bien l'intention de poursuivre avec les AMAP (modulo les quelques semaines d'automne où je serai trop occupé par les travaux de mon futur appart). L'expérience est très concluante, et j'apprécie ce mode de consommation alternatif qui court-circuite la consommation de masse. Accessoirement, c'est très sympa et convivial. Je n'ai pas encore fait mon choix entre rester dans l'AMAP des étudiants ou en choisir une autre qui livre à quelques pas du boulot, mais c'est un fait acquis : l'an prochain, je rempile.




J'ai essayé de prendre en photo une partie des paniers livrés. L'éclairage médiocre de mon appart et mon absence totale de talent de photographe ont fait leur oeuvre, les photos sont pourries. Mais ça donne une idée :

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Notes

[1] Non, pas la peine de me dire ce que je pourrais en faire. Je vous vois venir...

jeudi 20 janvier 2011

La cuiller à soupe

Cuillère à soupe Il y a des évènements de la vie qu'une génération subit avec un ensemble touchant et irrémédiable : le passage du bac, les copains qui se marient, les copains qui ont des enfants, les parents qui partent à la retraite... Depuis quelques mois, je constate une nouvelle éprouvante et inéluctable phase chez mes amis et sur quelques blogs : le départ des grands-parents, qui tirent tour à tour leur révérence, un peu comme si les octo ou nonagénaires jouaient les dernières notes de leur Symphonie des Adieux.

Ma grand-mère maternelle, après avoir très courageusement combattu contre le cancer pendant quelques années, a finalement perdu la partie samedi. Ce n'est pas une surprise, nous savions que la fin était proche, à Noël elle n'était plus que l'ombre d'elle-même. Cependant, cela reste une épreuve terriblement douloureuse. Autant ma grand-mère paternelle était une peste, autant ma grand-mère maternelle était l'archétype de la Mamie dont tout le monde rêve : douceur et tendresse incarnée, c'est la grand-mère que je n'ai jamais entendu hausser le ton, qui avait toujours des attentions pour nous, et qui nous gâtait-pourrissait toujours plus.

Entre elle et moi, les choses avaient mal commencé. Quand je suis né, ma mère a eu le droit à ses larmes, assorties d'un "Ho non, encore un garçon !". Heureusement, je devais être un bébé assez facile [1], et les choses se sont vite arrangées. Jeune retraitée, elle a beaucoup pouponné avec moi et a fortement contribué à mon éducation, notamment après mes trois ans, quand ma sœur est née. Elle ne m'a pas éduqué complètement, ce serait nier le travail quotidien de mes parents, mais je lui dois énormément. Notamment deux ou trois fondamentaux, anecdotes embarrassantes qu'elle aimait raconter pendant les repas de famille : quand on est en poussette, on ne soulève pas les jupes des dames [2], et qu'il ne faut pas appuyer sur les touches des caisses enregistreuses de Monoprix, quand on attend son tour.

En bonne grand-mère idéale, elle était une cuisinière hors-pair. Ce n'était pas un talent spontané : la cuisine n'était pas une spécialité de sa famille, loin s'en faut, et le premier cadeau que lui a fait mon grand-père après le mariage était un bouquin de cuisine. Il y avait du travail : le premier gâteau qu'elle avait préparé, même le chien n'en avait pas voulu (coupdechaud) . Elle a tout appris toute seule, et on se régalait à sa table, croyez-moi. Forcément, il fallait toujours en reprendre un peu pour finir le plat ou le gâteau, mais c'était toujours avec beaucoup de plaisir [3]. Gamin, j'ai aussi passé beaucoup de temps dans ses pattes en cuisine, épiant ses faits et gestes et m'initiant aux odeurs et aux ustensiles. Je pouvais jouer des heures avec quelques tupperwares, ou l'admirer sagement en train de gratter les légumes avant de les découper en rondelles. L'odeur sucrée des carottes nouvelles est pour moi une odeur madeleinedeproustienne, et quand elle en préparait, j'attendais toujours avec impatience qu'elle me donne les derniers centimètres de l'extrémité pointue, trop fine pour être découpée en rondelles honorables. On appelait cette partie de la carotte le "zizi", et je l'appréciais autant qu'une friandise 0:-) [4].

De ses 3 petits-enfants, j'étais probablement le plus proche, parce qu'elle s'est plus occupé de moi que de mon frère ou ma soeur. Nous étions très complices, mais cela ne m'empêchait pas de lui jouer régulièrement des tours. Mes grands-parents venaient dormir à la maison, à Noël, et une tradition établie de longue date voulait qu'on mette une araignée ou un serpent en plastique dans leur lit, toujours à sa place. Inévitablement, au coucher, elle poussait de grands cris effrayés, probablement plus pour nous faire plaisir que par réelle peur. Une année, mon frère et moi avions décidé de ne rien mettre : elle a cherché les bestioles pendant un moment...

Généreuse, elle avait toujours des attentions pour nous. Jamais nous ne repartions de chez elle sans bonbons ou un paquet de gâteaux. Et comme nos parents ne nous donnaient pas d'argent de poche, elle ponctionnait en douce des pièces dans les sommes que lui donnait mon grand-père pour faire les courses. Pièces qui se sont vite transformées en billet, les années aidant. Elle nous les donnait en cachette, plus ou moins discrètement, souvent au nez et à la barbe du grand-père, qui n'a jamais rien su et vu (ou voulu voir...).

Son absence va laisser un vide immense, que ce soit pour mon grand-père, après presque 64 ans de mariage, ou pour nous. Bien-sûr, la mort de nos ainés est l'issue un cycle normal, immuable, mais cela reste un événement brutal dans l'histoire d'une famille. Particulièrement chez nous, qui ne sommes pas très démonstratifs : un peu handicapés des sentiments, aucun d'entre nous ne dira son affection pour un autre. Mais ils sont pourtant là, les sentiments, d'autant plus forts qu'ils sont inexprimés.

Bien sûr, je l'aimais ma grand-mère. Parce qu'elle a toujours été là, pour consoler mes larmes et partager mes joies, parce qu'elle a toujours été aveuglément fière de la plus petite de nos réussites, parce qu'elle avait toujours une attention pour tout aille bien. J'ai reçu d'elle beaucoup de choses, en plus de l'éducation ou des principes, des tas de petites choses que nous avons en commun. L'épi indomptable et incoiffable qui orne mon front. Un appendice retrocaecal difficile à trouver [5]. L'incapacité à avaler le moindre médicament, gélule, ou comprimé. Une inappétence tenace pour les glaces.

Autre héritage de sa part, immatériel mais très important à mes yeux : ma bretonnance. En nantaise pur beurre, ma grand-mère était bretonne et aimait le rappeler. Elle avait inculqué cette appartenance à ma mère dès son plus jeune âge, qui nous l'a ensuite transmis. Pas sous l'angle détestable tel que Brassens le moquait dans "La ballade des gens qui sont nés quelque part", mais plus comme une différence géographique et culturelle à partager avec les autres. C'est à elle que je dois la distinction entre le beurre (salé, forcément) et le beurre fade... Elle conservait quelques us et coutumes anecdotiques de son enfance, notamment une habitude dont nous nous amusions beaucoup : l'usage d'une cuiller à soupe pour touiller son café, au petit-déjeuner ou au gouter. D'après elle, c'était un vieil usage breton, la petite cuiller n'était pas très utilisée dans sa jeunesse ; je n'ai jamais su si c'était très répandu, même si j'ai vu quelques petits vieux paysans faire de même dans les fermes du fin fond du Finistère.

Ce matin, j'enterre ma grand-mère. C'est le début d'une longue période de deuil, cela faisait bien longtemps que je n'avais pas autant pleuré. Avec elle disparaissent ces usages dont je vous parlais, de même que ses jurons ("Putain de moine !", quand quelque chose allait de travers) ou ses expressions favorites ("Minute, papillon !", pour tempérer notre impatience). Évidemment, je suis terriblement triste de ne plus pouvoir la voir, mais elle a vécu une longue vie, c'était dans l'ordre des choses que cela arrive. Il me reste mes souvenirs, les photos, les vidéos. Moi qui suis très attaché au souvenir, je suis tout particulièrement attristé par la disparition d'un témoin d'un XXème siècle et d'une fraction de la mémoire collective. C'est aussi un pan de l'histoire de notre famille qui s'éteint, des recettes de cuisine que je n'ai jamais réussi à refaire, des souvenirs de notre enfance et de nos premiers pas dans la vie qui s'effacent et qui sont perdus. A jamais.





(Ni fleurs, ni couronnes, ni commentaires).





(c) photo : Dark Botxy - original (licence : CC-ByCC-By-NDCC-By-NC).

Notes

[1] Mais je ne suis pas devenu un garçon facile, nanmého.

[2] Ça, ça m'a passé de toute façon.

[3] Même si, au collège ou au lycée, j'ai souvenir d'un bon nombre d'après-midi où la digestion de repas pantagruéliques a largement altéré mon attention en cours.

[4] Ce qui, fondamentalement, n'a pas trop changé. "Tout" viendrait-il de là ??

[5] Hum, bon, suite à une péritonite carabinée qui a failli me tuer il y a 20 ans, il a malgré tout été décidé de m'en débarrasser...

mercredi 22 décembre 2010

Mais c'est quoi ce truc ?

Objet non identifié Mes parents ont récupéré cet étrange objet il y a quelques temps, sur une plage de l'île de Batz, et depuis, nous nous perdons en conjectures sur ce que peut être cette chose.

Au départ, nous pensions qu'il s'agissait d'un plomb pour la pêche ou les filets, mais l'objet a des propriétés rigolotes qui ne collent pas avec cet usage : il est très dense, extrèmement lisse (comme poli), ne possède aucun point d'accroche, aucun anneau, ni aucun trou (pour passer un fil, par exemple, ou pour le rattacher à quelque chose d'autre). De plus, ce truc est fortement aimanté et il se repositionne vers le Nord quand on le tourne (cela ne peut pas être fortuit).

N'ayant aucune idée sur l'origine et l'usage de cet objet, je m'en remets à la sagesse et à la culture des visiteurs de ce blog : si vous savez ce dont il s'agit, laissez un commentaire ci-dessous.

En l'état actuel de nos connaissances, nous avons décrété que nous étions face à un item d'origine extraterrestre et que c'était probablement ça qui allait causer la fin du monde le 21/12/2012 (coupdechaud) . Détrompez-nous, siouplé.

mardi 21 septembre 2010

Consommer autrement

Panier 1 Cela faisait plusieurs années que je cherchais, j'ai enfin trouvé mon bonheur : depuis une semaine, j'ai adhéré à une AMAP, une association pour le maintient de l'agriculture paysanne.

Le principe de cette association est simple : des consommateurs se regroupent et contractualisent avec un (ou des) agriculteur(s), lui versent par avance le montant d'un "abonnement" pour une durée prédéfinie, et en échange, l'agriculteur fournit de manière régulière des paniers de fruits et légumes, en fonction du contrat de départ.

Je suis un grand partisan de ce système (déjà cité et ), mais je n'en avais jamais trouvé une suffisamment pratique pour moi, qui n'ai pas de véhicule. Dans mon cas, l'association a été créée et est gérée par "mes" étudiants (bravo les enfants), les livraisons se font au boulot : idéal. On s'engage sur un nombre de paniers hebdomadaires à 5 ou 10€ : pour tester, j'ai pris 10 paniers à 10€ pour le moment, cela me mènera jusqu'en décembre et me permettra de jauger du système.

A mon sens, les AMAP sont un mode de consommation d'avenir. Elles permettent de maintenir des agriculteurs à proximité des villes, en leur fournissant un revenu stable, non gagé sur les cours des marchandises : c'est un système équitable entre le consommateur et le producteur, qui ne passe pas par les intermédiaires des grossistes ou grandes surfaces. Les prix sont justes : ils ne sont pas fixés dans une recherche de profit maximal mais par un équilibre entre ce que peut normalement espérer le producteur et ce qu'il est justifié de payer, sans avoir à engraisser les actionnaires d'un gros distributeur ou d'une grande surface.

Un autre avantage des AMAP est leur impact positif sur l'environnement. Depuis des années, je suis déjà vigilant, et consomme principalement des produits agricoles de saison et du département, excluant les tomates pâles d'Espagne ou les fraises hors-saison du Chili, etc. Avec les AMAP, c'est un principe acquis : les produits sont de saison, et d'une origine géographique restreinte. Les fruits et légumes ne font plus trois fois le tour de la planète, ils ne participent pas au gaspillage monstrueux d'énergie que cela représente. Ces structures seront indispensables quand le pétrole sera hors de prix... Les produits sont cueillis à quasi maturité, puisque le circuit de distribution est très court : cela garantit un goût et une fraicheur incomparable. A noter aussi que pas mal d'AMAP fonctionnent en agriculture biologique (ce n'est pas notre cas, même si les producteurs sont engagés dans une démarche raisonnée), cela a aussi un impact favorable sur l'environnement, évitant la pulvérisation de bonnes quantités de saloperies dans l'air, l'eau et nos assiettes...

La filière agricole se porte mal depuis plusieurs années, c'est un fait. Je n'ai jamais compris pourquoi ils ne se regroupaient pas pour créer des boutiques de distribution directe de leurs produits dans les quartiers. L'investissement ne serait pas énorme, mais le résultat assuré : tout le monde s'y retrouverait. La création récente des AMAP permet de corriger et compenser cette absence. Elles permettent au consommateur de redevenir acteur de sa consommation, de redécouvrir des goûts, des produits moins standardisés, voire des fruits et légumes mis de coté par les producteurs ou oubliés.

J'ai récupéré ce soir mon premier panier des fruits et légumes, je suis très content : cela correspond assez à ma consommation hebdomadaire, on verra quels compléments il faut que je fasse. Et comme j'ai le sentiment de bien faire en devenant membre de cette association, ça a encore meilleur goût, c'est sûr 8-) .

Ha, si, les mirabelles sont exquises.




A lire ailleurs : un billet sur le Framablog, faisant le parallèle entre les AMAP et le Logiciel Libre.

lundi 30 août 2010

Tournant d'été (rentrée++)

Pont Van Gogh, Arles J'ai repris le boulot il y a quelques jours, après quasiment 4 semaines de vacances forcément méritées. Malgré quelques angoisses pré-reprise, je suis assez content de démarrer un nouveau cycle scolaire [1]. Il faut avouer que pour un enfant d'enseignants (oui, au pluriel), la rentrée est une chose naturelle, elle clôt une longue période de vie en famille. Le rythme des parents et des enfants est tellement bien synchronisé que cela m'a beaucoup perturbé lorsque j'ai fait mes premiers pas dans la vie active à 20 ans. Il parait que beaucoup d'enfants d'enseignants soufrent d'un déphasage en entrant sur le marché du travail : j'ai résolu le problème en choisissant un job très aligné sur les rythmes scolaires...

Quand j'étais écolier, j'adorais la période frénétique annonçant la rentrée. Nous revenions de vacances à l'extrême limite de ce qui était raisonnable, au mieux quelques jours avant la rentrée des profs, au pire, la veille. Cela me frustrait parfois un peu, car en grand amateur de papiers et de crayons, trainer dans les rayons des fournitures scolaires et des papeteries était pour moi un réel plaisir. J'aimais l'odeur des crayons de bois neufs, les couleurs attirantes des milles gadgets inutiles, la sensation magique d'écrire avec une nouvelle plume qui accroche encore un peu, et que l'on doit dompter.

La rentrée 2010 n'échappe pas à la règle, j'éprouve tous les ans cette époque une sensation de recommencement. C'est vrai à plus d'un titre. Mon boulot devrait assez peu évoluer malgré la promotion que j'ai pu obtenir avec mon concours de juin : il s'agissait surtout de faire reconnaitre que mon poste était bien un emploi de cadre. Grâce au truchement des primes que je perds en changeant de catégorie de fonctionnaire, je vais devoir faire une croix sur 15 à 20% de mon salaire [2] : mes projets immobiliers prennent un coup d'arrêt pour plusieurs années, il me faudra bien 6 ou 7 ans pour récupérer le manque à gagner...

Mais cela est assez finalement très accessoire.

Le plus gros changement de cette rentrée, c'est avant tout que mon mari retourne sur les bancs d'école. Alors qu'il habite quasiment avec moi depuis un an, il reprend le chemin de l'école pour devenir infirmier. Il ne sera pas très loin (à moins d'une heure de Montpellier), mais c'est malgré tout un changement de taille. J'ai un peu d'appréhension, forcément, ça va modifier notre quotidien. Je le vois plutôt comme un évènement positif qui nous sortira justement du quotidien et nous fera avancer. Mais chaque bouleversement révèle des peurs et une résistance au changement, que l'esprit dresse en remparts pour sa sérénité.

En attendant qu'il revienne [3], les week-end d'abord, puis définitivement dans 3 longues années, j'aurais un petit peu plus de temps libre. Par exemple pour bloguer.

Me voilà de retour ?





Illustration : le pont dit "de Van Gogh" à Arles.

Notes

[1] On en reparle à la fin du mois de septembre, bien sûr : cet état ne dure généralement pas (coupdechaud) .

[2] Vous noterez ma contribution à la réduction de la dette du pays ?

[3] Le premier qui m'appelle Pénélope, je lui pète le nez (needkill) .

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