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jeudi 28 août 2014

Le concours de dessin

2992998785_c6c8d094f7_o.jpg J'étais en CE1, je crois, lorsque cette grande entreprise en bâtiment [1] a organisé un grand concours de dessin dans les écoles, sur le thème de "la maison de tes rêves". Mon école avait été sélectionnée pour concourir (je crois que c'était un concours national, mais impossible d'en être sûr), et on nous avait donc invité à plancher sur ce sujet.

Du haut de mes 8 ou 9 ans, je ne me faisais guère d'illusion ; je n'ai jamais été un artiste ni un créateur, je n'ai pas particulièrement de patience, et je suis encore moins méticuleux [2]. Mais il y avait de nombreux lots à gagner, parmi lesquels de magnifiques sets de peinture et de crayons, et même pour le meilleur, un vélo cross, le vélo à la mode à l'époque (avant d'être supplanté par le mountain bike puis le VTT), largement de quoi me motiver. Je me suis complètement lâché : la maison était grandiose, à la limite de la forteresse ou du blockhaus, les couleurs étaient criardes à souhait, et il ne restait pas le moindre pouce de blanc sur ma feuille. Largement de quoi faire pleurer des larmes de sang aux yeux d'un jury entier pendant une bonne demi-journée.

Le truc qui ne devait pas arriver, ben il arriva [3]. C'est mon dessin qui fut sélectionné et qui reçu le premier prix 8-O . Les messieurs du jury sont venus à la maison pour me féliciter et me récompenser avec un très beau vélo cross MBK jaune qui valait probablement les yeux de la tête. Une superbe occasion pour moi de donner à mes parents un bon gros moment de honte internationale : dès que j'eus connaissance de mon gain, je fondis en grosses larmes en me réfugiant dans les jupes de ma mère et en chouinant "Moi, je voulais gagner les palettes de peintures"... (coupdechaud)

J'ai dû me contenter du vélo, et ma carrière artistique fut définitivement scellée. Heureusement, une grande carrière sportive s'ouvr... Heu... Non plus, en fait.






(c) photo : angellea (glitterbug) - original (licence : CC-ByCC-By-NC).

Notes

[1] Dont le nom commence par B et qui a acquis, depuis, la première chaine de télé française et un réseau de téléphonie.

[2] C'est ma mère qui repassait les bordures des continents et des océans sur les cartes de géographie, parce que je faisais ça mal et que je débordais tout le temps.

[3] Dans des romans de SF ou de fantastique, c'est typiquement le genre d'évènement improbable qui ne doit pas arriver et qui provoque une Apocalypse, un déferlement de démons, ou une scission de l'univers en deux principes opposés. Rien de moins.

dimanche 24 août 2014

Boycott

5102566714_70a8c3f241_b.jpg Depuis leur traitement particulièrement partisan des débats sur le mariage pour tous, je boycotte les grandes chaines d'information en continu. L'absence d'objectivité, la sur-médiatisation des manifestations anti-mariage et le traitement minimal des manifs pro-mariage m'ont définitivement convaincu qu'il fallait à tout prix éviter d'encourager ces chaines, et donc qu'il ne fallait plus les regarder. Exit donc iTélé et BFM Tv, et ce depuis le printemps 2013.

Il faut le dire, les chaines d'information en continu sont d'une inutilité crasse pendant 95% de leur temps d'antenne. Elles rabâchent en boucle les mêmes déroulés d'information sans apporter quoi que ce soit d'une fois sur l'autre, et le summum est atteint lors d'un grand évènement : la capacité des présentateurs à tenir l'antenne pendant des heures avec une actualité et zéro évolution est impressionnante. Et extrèmement horripilante. Comme si l'information n'était qu'un prétexte pour occuper le téléspectateur entre deux matraquages de pubs. Comme si l'information devait absolument chasser l'information, et que seule l'immédiateté compte (avec ou sans vérification des sources, avec ou sans recul, avec ou sans faits nouveaux), sans garder un lien avec les évènements passés et surtout sans se projeter dans l'avenir.

Désormais, quand j'ai besoin d'information à la télé, je me tourne vers France 24. La chaine est sobre, évite assez bien les marronniers insupportables et a un excellent traitement de l'international. J'aime tout particulièrement leurs "Focus" très approfondis et bien ficelés. Cette chaine est plutôt une réussite, elle mérite un peu plus d'attention (et dire que c'est un bébé de Chirac (rolleyes) ). Pour le reste, l'information est ailleurs : Arrêt sur Images, le Canard Enchainé et Mediapart restent mes sources principales.

Au final, il y a quand même un coté positif à ce boycott : depuis que je n'allume plus la télé au lever, je divise mon temps de petit-déj' par deux, je peux donc me lever plus tard 0:-) . Et je préserve mon temps de cerveau disponible...






(c) photo : Binuri Ranasinghe - original (licence : CC-ByCC-By-NDCC-By-NC).

dimanche 17 août 2014

Art pariétal primitif

DSCN0302.JPG Quand on rénove un appartement, on découvre parfois des surprises laissées par nos prédécesseurs. J'aurais adoré trouver un lingot d'or sous une brique, un coffre fort dans une cloison ou une time capsule dans un mur, comme la boite à souvenirs dans Amélie Poulain, mais non, nous n'avons rien découvert de cet ordre.

Par contre, sous trois couches de tapisserie peintes contre lesquelles il a fallu batailler furieusement, nous sommes tombés sur un message qui nous attendait depuis 30 ans : un dessin au crayon (ci-contre), laissé probablement par un peintre au moment de la construction.

Cet art pariétal très primitif était bien planqué, et nous nous perdons encore en conjectures sur sa signification. Évocation d'une déesse-mère ? Rituel religieux de la fécondité ? Ultime chapelle d'un culte wiccan ? Nous ne le saurons probablement jamais (rolleyes) .

Bien évidemment, cet art fragile se devait d'être protégé de la lumière (et de nos yeux impies qui n'avaient rien demandé) : nous nous sommes dépêchés de passer dessus un bon coup d'enduit et deux ou trois couches de peintures, histoire d'être sûrs de ne pas retomber dessus.

Souvent, quand je passe dans l'entrée de l'appartement, j'ai une petite pensée pour l'artiste qui a dessiné ça en imaginant la tête de ceux qui le découvriraient bien des années plus tard...





PS. : Ce billet aurait dû être publié en 2011, au moment où on a rénové l'appart, mais les lourds travaux ont un peu chamboulé notre temps libre...

mercredi 13 août 2014

Mise à l'index

12991385083_7d1a49dc19_z.jpg On a tous nos petites lubies. Moi (entre autres), j'indexe nos bouquins dans une base de données (avec le petit freeware Book'in, plutôt bien fichu).

A l'occasion d'un petit tri dans la base de données et dans la bibliothèque, j'ai pu faire un peu glorieux constat ; j'ai plus d'une trentaine de bouquins que je n'ai jamais lus (soit 10%, hors BD, qui elles sont lues à 100%). La plupart a été achetée sur un coup de tête, et je n'ai jamais trop eu le courage de me plonger dedans. Ou pire : je n'ai plus eu l'envie... L'exemple typique, c'est les divers tomes de préquelles des séries dont j'ai adoré l'univers (Dune, les Princes d'Ambre...) et pour lesquelles j'ai épuisé tous les tomes originels en long, en large et en travers. A leur sortie, je me suis précipité sur les préquelles, mais elles ne sont pas écrites par les auteurs d'origine et sont souvent de qualité médiocre, quand il n'y a pas en plus des discordances dans les traductions ou des incohérences dans le récit par rapport à l'original[1].

Il y a heureusement peu de bouquins que l'on m'a offert et que je n'ai jamais lu (moins d'une dizaine), et encore moins de livres dont je n'ai jamais fini la lecture (3 seulement : l'intégrale de Narnia, ennuyeuse à mourir, c'est vraiment un style d'écriture qui a mal vieilli, un bouquin de Hulot et un bouquin de Montebourg, essentiellement parce que les deux gusses m'agacent prodigieusement et que ça faisait trop monter ma tension quand je bouquinais au lit). Bon, je triche un peu pour éviter l'accumulation : j'ai facilement tendance à me débarrasser des ouvrages que j'ai acheté et qui ne me plaisent pas, ce que je n'arrive pas à faire avec des cadeaux, j'ai des scrupules et/ou je suis trop sentimental (rolleyes) .

Lors du dernier déplacement de la bibliothèque, j'ai aussi mis de coté une pile d'une bonne vingtaine de bouquins : des trucs que j'ai depuis très longtemps, acheté avec mon premier argent de poche lorsque j'étais lycéen, et que je n'ai lu qu'une seule fois, il y a maintenant une vingtaine d'années. Ils m'ont suivi au cours des 7 déménagements, mais je ne les jamais rouvert. J'ambitionne de me plonger dedans pour voir si les pages éveillent des choses en moi, que ce soit une réminiscence de souvenirs ou une émotion littéraire... Quelle surprise peut surgir d'un ouvrage refermé depuis si longtemps ? (à part la poussière accumulée depuis 20 ans et 7 appartements, on est bien d'accord (coupdechaud) ).

Je voulais annihiler cette pile de "non lus" ou de "à relire" au cours de mes vacances. Même avec 4 semaines, j'ai peut être été un chouia optimiste.

Y'a plus qu'à...






(c) photo : Noëmie Haffner - original (licence : CC-ByCC-By-ND).

Note

[1] Ces deux méfaits méritent des supplices particuliers dans des enfers dédiés.

mercredi 18 avril 2012

Un autre président, c'est maintenant (?)

Il est grand temps que cette campagne présidentielle se finisse, l'ambiance commence à devenir délétère et pesante. Les réseaux sociaux sont surchargés d'appels aux votes, tous plus méprisants envers les candidats adverses, et je ne vois pas quelle réelle avancée ils apportent : les sentences courtes agressives ou haineuses des fanboys d'un candidat envers les autres n'ont aucune chance de faire changer d'avis qui que ce soit, bien au contraire, c'est idéal pour radicaliser les positions de chacun. Ce n'est donc pas du débat, c'est de la propagande, et cela ne sert à peu près à rien. Quant à débattre via Twitter, avec 140 caractères, c'est plus frustrant qu'autre chose.

Il va être d'autant plus difficile de me faire changer d'avis que j'ai déjà fait mon choix depuis un moment. Il est aussi inutile de tenter de me convaincre de voter autrement : ce choix est le fruit d'un raisonnement qui vaut n'importe quel autre (mon raisonnement) et tenter de me convertir à tout prix à autre chose est non seulement une perte de temps, mais une insulte personnelle. Autant me traiter de con directement, vous aurez le même succès. Dans un scrutin, je doute qu'il y ait de vérité absolue assénée par un candidat, et chaque électeur doit voter en son âme et conscience. Essayer de me convaincre à voter autre chose est tyrannique ou sectaire, je ne vote pas en étant sous influence : c'est une décision réfléchie.

Mon choix est donc fait, et il est simplement pragmatique. Mon objectif est très basique : refaire basculer le pays à gauche, et dégommer Sarkozy de la présidence. Selon moi (j'insiste bien : selon moi), le seul candidat en position de le faire est Hollande, je voterai donc pour lui.

Mon inclination naturelle a toujours été orientée plus ou moins vers le PS, même si idéologiquement je suis un mélange entre les Verts, les Communistes et les Socialistes. Pour les Primaires de cet automne, j'ai voté pour l'aile gauche du PS, d'abord Montebourg, dont j'ai beaucoup aimé la campagne de premier tour, et dont j'apprécie les idées depuis très longtemps. Puis j'ai voté Aubry, avec le même succès (coupdechaud) . Mes candidats ont échoué, mais l'essence des primaires devait être respectée, mon candidat était donc Hollande. Je n'ai pas accepté cela de gaieté de cœur, mais je n'ai pas oublié pourquoi la gauche a perdu en 2007 : le PS était divisé, et tous les pontes du Parti tiraient dans les pattes de la candidate... Il ne fallait pas reproduire ce schéma malsain cette fois-ci : le candidat étant choisi, tous derrière lui.

C'est triste et cela me désole, mais on ne vote pas à la présidentielle pour un représentant idéal qui correspond parfaitement à ses idéaux. Ça, c'est le syndrome Ally McBeal, alias le syndrome du Prince Charmant : il n'existe pas, pas la peine de le chercher. On donne juste une orientation au pays (gauche/droite) en investissant un individu du pouvoir suprême. Cela ne devrait pas fonctionner ainsi, mais le système de gouvernement français est perverti depuis 1958, il faut faire avec. Accessoirement, c'est une élection à 4 tours depuis 2002, puisqu'il faut aussi remporter les législatives dans la foulée. C'est là que les choses se compliquent et que le choix de Hollande est important : il est à mon sens le seul à pouvoir rassembler assez large pour pouvoir gouverner. Je ne suis pas certain que beaucoup d'autres candidats, à commencer par Mélenchon, auraient une majorité suffisante pour adopter des lois sans difficulté. Mélenchon président, ce serait bien, ça détonnerait et ça me plairait : il est probablement le candidat le plus proche de mes idées politiques. Mais il est iconoclaste et je pense qu'il n'est pas assez rassembleur ; il aurait une majorité trop faible pour pouvoir faire autre chose que du compromis. Par contre, Hollande président avec une Assemblée Nationale où la gauche du PS et le Front de Gauche seraient forts aurait à mon sens beaucoup plus d'impact : Hollande rassemblera largement à la présidentielle et il pourra donc l'emporter, le Front de Gauche aura la capacité d'infléchir le vote des lois. Le vrai pouvoir, il est là.

Je n'ai pas oublié la nausée d'avril 2002 : j'ai encore bien en mémoire la gifle de ce tristement célèbre 1er tour, et le long désarroi qui a suivi. Je ne veux pas revivre ça. Ma peur n'est pas adoucie avec les sondages qui prédisent la victoire de Hollande : Jospin aussi était favori avant le 1er tour. L'excès de confiance dont le PS a fait preuve à l'époque (et sa campagne calamiteuse) ne doit pas être oublié, et je suis convaincu qu'il existe toujours une menace de ne pas avoir un candidat de gauche suffisamment rassembleur au second tour cette année : les sondages sont tellement trafiqués qu'ils ne correspondent pas à la réalité (les sondés répondent n'importe quoi, les sondeurs corrigent les chiffres selon des méthodes obscures dignes de la numérologie ou de la bistromatique). Et la mobilisation du jour J est impossible à prévoir : la conjonction d'une faible mobilisation des électeurs de gauche qui pensent que tout est acquis et d'un baroud d'honneur des électeurs de droite pourrait avoir un résultat cataclysmique. Je ne me fie pas aux sondages actuels, quels qu'ils soient, ce serait une erreur d'autant plus idiote qu'ils ont toujours été dans le faux à la quasi-totalité des scrutins !

Ho, je sais bien ce que vous allez dire, le vote utile c'est lâche. Mais je n'ai plus la force de supporter Sarko, et je ne veux pas prendre le risque de le voir rempiler pour 5 ans. La seule façon de me rassurer, c'est de voter Hollande. C'est mon choix.

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