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Jeudi 4 juin 2009

La musique francophone d'Amérique du Nord ne se résume pas à Céline Dion

C'est par hasard, à l'occasion d'un clip sur une chaine musicale, que j'ai découvert les Cowboys Fringants. Leur chanson "Les étoiles filantes" m'a interpelé dès la première écoute, entre autres parce qu'il tranche nettement avec le style musical en vogue en ce moment. Je n'ai pas creusé plus que ça sur le coup, jusqu'à il y a quelques semaines, où je n'arrivai plus à m'en détacher. Par curiosité, j'ai commencé à regarder les autres chansons des Cowboys, et j'ai finalement mis le doigt sur un groupe qui proposait de textes intéressants, souvent forts et engagés.

Le style des Cowboys Fringants est un savant mélange : rock, folk, country, une goutte de traditionnel. La musique sert d'appui à des paroles fines, militantes, parfois drôles, parfois très émouvantes : le groupe semble bien engagé en faveur de la protection de l'environnement, et dénonce nos modes de vie, les aberrations de notre société, la consommation, le libéralisme. Et se moque souvent de la société canadienne (enfin, québécoise, ne mélangeons pas tout) et véhicule un message très à gauche, qui parle de solidarité, invite à profiter de la vie plutôt que de se concentrer sur l'argent ou les biens matériels.

Je retrouve parfois dans les paroles et les musiques un peu de Mickey3D, de Lynda Lemay ou du Renaud-des-débuts.

J'ai acheté deux de leurs albums : La grand messe (2004, version dite "définitive") et Sur un air de déjà vu (2009), et je suis enchanté par mes acquisitions. J'ai une petite préférence pour le premier, dont au moins 7 ou 8 titres m'ont touché dès le début, mais le second est très bien aussi. Si j'avais un conseil à vous donner ce serait malgré tout de commencer par la Grande messe : certaines chansons font partie des indispensables (La reine, 8 secondes, Si tu penses un peu comme ça, Plus rien, et bien sûr, les Étoiles filantes).

Il parait que le groupe est détonnant en concert, ça fait assez envie. Ils seront en France à l'automne, je me demande si je ne vais pas trainer Doudou à Paris pour ça...

En tout cas, on se demande comment cette musique subversive peut être vendue en France : je ne suis pas certain que les Cowboys soient un jour complètement labellisés Hadopi ®. Alors, avant qu'Internet ne soit complètement filtré, je vous mets deux clips géniaux, pour le plaisir de la découverte. Disclaimer : si vous avez la corde environnementale très sensible ou que vous avez une légère tendance dépressive, évitez "Plus rien" (coupdechaud) .


Les étoiles filantes (Les cowboys fringants)

Plus rien (Les cowboys fringants)

Lundi 18 mai 2009

Européennes 2009 - A gauche toute !

agauche-33_.png Nous sommes désormais à moins de trois semaines des élections européennes et la médiocrité de la campagne m'attriste. La Droite essaye de tout faire pour que le débat ne s'amorce pas, et les autres font tout pour inciter les citoyens à voter pour sanctionner Sarkozy, ce qui n'est pas la bonne stratégie. Quelques blogs essaient de remuer tout ça, mais cela ne semble pas bien prendre. Pourtant, lors du référendum de 2005, la campagne avait été réellement lancée grâce au Net, les partis politiques ayant décidé de confisquer et verrouiller le débat. Ce qui s'est quelque peu retourné contre eux...

Pourquoi ce manque d'engouement ? Certes, l'Europe est parfois complètement déconnectée des réalités et de ses citoyens, mais elle sait aussi en assurer la protection. A commencer par les 3 ou 4 rejets de la riposte graduée par le Parlement Européen, via la notion de droit fondamental d'accès à Internet.

La Crise devrait pourtant inciter la population à se rendre massivement aux urnes : la politique actuelle de l'Europe est toujours extrêmement libérale et fait partie des catalyseurs qui ont favorisé la situation économique que nous subissons. La seule solution pour provoquer une politique nouvelle est de faire émerger une alternance au sein du parlement Européen, et mettre en minorité cette Droite dirigeante. Mettre fin au libéralisme forcené, renforcer les services publics au lieu de les démanteler, voilà la seule voie possible.

Pour qui voter ? Terrible question.

D'entrée, je vous incite à la plus grand prudence vis à vis de la "tentation Bayrou". Le choix Bayrou n'est pas un vrai choix pour un électeur de gauche ; il reste de centre-droit, conservateur socialement, libéral en économie. Parlez d'homosexualité, de mariage gay ou d'adoption dans son parti et vous verrez leur degré d'ouverture.

Le PS, pffff... Je ne suis heureusement pas militant de ce parti, juste sympathisant, sinon je ne serais pas bien dans mon PS, en ce moment. L'appel de Martine Aubry à voter utile est un appel dans le vide : nous ne sommes plus en 2007 et la cuisante claque de 2002 (pourtant toujours douloureuse) a été oubliée. Il faut un vrai programme, de vraies propositions, un discours cohérent. Je ne sais pas quel est le problème du PS pour être aussi inaudible, mais je suis catastrophé de voir que les choses ne s'arrangent pas vraiment, 6 mois après la mise en place d'une nouvelle direction. Je suis d'autant plus inquiet que le PS semble même avoir un double langage (voir chez Plume de Presse). Martine Aubry parle beaucoup en ce moment de préserver les services publics. Mais dans ce cas-là, pourquoi les socialistes on-ils voté, ces dernières années (et jusqu'au mois d'Avril) toutes les directives libéralisant les services publics, notamment ceux de l'énergie ? Pourquoi, dans une très très très large majorité des cas, votent-ils dans le même sens que la Droite Européenne ?

L'appel au vote sanction contre Sarkozy est aussi un aveu de faiblesse du programme et des idées des socialistes. En plus, si l'UMP est en tête, comme tout semble l'indiquer, on peut parier que le gouvernement criera victoire en affirmant qu'il n'y a pas eu de vote sanction et donc qu'il n'y a pas de contestation de sa politique. Il vaudrait mieux appeler à sanctionner la politique européenne des 15 dernières années, et proposer de vraies politiques modernes, sociales, environnementales, pour redéfinir notre modèle de société.

Masochiste comme je sais l'être (en politique), je voterai bien sûr pour le PS. Je ne vois pas d'autre alternative. Je ne peux pas me résoudre à voter plus à Droite, ce serait renier mes principes, et les partis plus à gauche sont trop éclatés et sont incapables de se mettre d'accord, ce qui a le don de m'horripiler. Je suis tenté par le Front de Gauche, d'autant que j'apprécie beaucoup Mélenchon, mais ce "parti" n'est pas encore assez mûr pour moi. Enfin, dernier argument, il n'y a que le PS qui a le potentiel à gauche pour battre l'UMP. C'est un argument politiquement médiocre, je le reconnais, mais il est important pour moi.

Cette campagne, comme toutes les campagnes européennes, recèle un piège énorme : c'est une campagne courte. Continuez à mobiliser et à buzzer, il ne faut pas que des voix de Gauche manquent à l'appel le 7 juin.

Dimanche 17 mai 2009

Retour sur la semaine écoulée

Jury 4x rouges La semaine passée a été rude pour mes nerfs. Mon oral a eu lieu mercredi, mais l'attente de l'épreuve est un moment difficile. J'étais prêt : cela fait 6 mois que je bosse mon dossier, et je me sentais particulièrement en phase. Comme le disait mon prof de bio au lycée à propos du bac : "ça ne sert à rien d'être prêt avant, ça ne sert à rien d'être prêt après, l'important, c'est d'être prêt le jour J". Ma méthode de travail m'a permis d'être au point cette semaine, et je redoutais tout décalage (pandémie de grippe, problème de transport, annulation d'épreuve, foudre divine...).

Pour éviter tout rebondissement dut à la SNCF, je suis arrivé à Paris la veille. Je me suis baladé en tendant le dos, espérant ne pas être obligé de me rapatrier en toute vitesse à l'hôtel pour cause de pluie. Je suis quand même rentré dans ma chambre d'hôtel deux heures pour fignoler certains détails de ma prestation du lendemain, mais l'idée était quand même de m'aérer et de me changer les idées.

La nuit fut courte, le stress commençait à gagner. Je suis allé faire un saut à Notre-Dame le matin, histoire d'honorer une vieille promesse, puis me suis dirigé vers le lieu du concours. Je me suis installé à un bar, pas loin de mon ministère, puis ai attendu que l'heure fatidique arrive (en toute sobriété, hein, parce qu'arriver saoul comme un cochon à un oral de concours, ce n'est pas forcément une bonne entrée en matière). La matinée fut interminable, j'avais l'impression d'avoir un gremlin dans l'estomac.

Je me suis présenté un peu en avance, ai attendu mon tour, puis suis entré en scène. Car un oral, c'est comme une représentation : il y a le trac quand on est dans les coulisses, et on doit assurer un show parfait quels que soient les idées qui nous traversent, les humeurs qui nous habitent, la fatigue qui nous assaille.

L'oral, qui dure 20 minutes a bien débuté ; je me sentais en confiance avec le jury, et le stress était parti quand je me suis installé. Mais les dernières minutes ont été très laborieuses, car l'un des membres du jury m'a posé des questions perturbantes. En gros, il mettait en doute des choses mentionnées dans mon dossier, et m'a même attribué des propos que je n'ai jamais écrit. Bref, j'ai été un peu désarçonné, et le reste de ma prestation en a évidemment pâti. Je suis sorti très déçu, persuadé d'avoir raté le coche. Quadruple rouge du jury pour Hubiquist ?

J'étais en colère contre moi, mais n'avais plus rien à faire. Il aurait fallu réagir en douceur, sur le coup, mais récuser une affirmation d'un membre du jury, c'est plutôt casse gueule... Bref, je commençais à ressasser à peine sorti de la salle d'examen. La journée promettait d'être chouette.

Pour me faire penser à autre chose, j'ai été passer mon après-midi au Musée du Moyen Age, à l'hôtel de Cluny, dans le 5ème ; cela faisait un moment que je voulais le visiter, et cela vaut le détour (même s'il est un peu en réaménagement en ce moment). Les pièces principales de ce musée sont les six tentures de la Dame à la Licorne, des œuvres magnifiques qui ont inspiré aussi bien Barjavel que JK Rowling (et un grand écart, un). Dans tous les cas, tous ces objets qui ont traversé les siècles jusqu'à nous me touchent bien au-delà de ce que je pourrais exprimer. Mention spéciale pour la guide qui a réussi à me faire sourire en rappelant que la corne de la licorne était une dent de narval ; une copine de Matoo, probablement.

J'ai pris le chemin de retour vers Montpellier en fin de journée (avant que la pluie ne tombe sur Paris, coup de bol), puis ai pris mon mal en patience en attendant la publication des résultats, vendredi dans la soirée. Le verdict est tombé, je n'en croyais pas mes yeux : j'étais reçu. OUF. J'ai relu au moins 5 fois pour être sûr que j'étais bien dans la bonne rubrique. J'ai fermé mon navigateur web, ai attendu 15 secondes, puis l'ai réouvert, et ai été à nouveau vérifier (coupdechaud) . Si, c'était bien ça.

Je suppose donc que les dernières questions du jury n'étaient que des tentatives de déstabilisation, pour voir jusqu'au je pouvais aller. Ben c'est tout vu, merci, j'adore être poussé dans mes retranchements pour le fun.

Qu'est-ce que tout cela va changer pour moi ? D'abord, un petit plus financier, enfin quand le Ministère prendra en compte mon nouveau statut, d'ici 4 à 6 mois (compter entre 100 et 200€ par mois, personne n'a été capable de me dire plus précisément). C'est toujours appréciable. Mais le vrai changement, c'est au niveau de la reconnaissance de mon travail : on admet enfin que le boulot que je fais depuis 6 ans n'est pas celui d'un exécutant de base, et que je faisais un peu plus...

Il reste encore plusieurs étapes avant d'être satisfait de mon statut administratif, mais j'ai la sensation d'avoir enfin franchi un cap. D'ailleurs, cela s'est senti sur mon activité du week-end : allégé d'un fardeau qui me pesait depuis 6 mois, je n'ai pas réussi à me mettre à faire quoi que ce soit.

Et ça fait un bien fou de ne rien avoir à faire...





Photo barbotée sur LePost.fr.

Lundi 11 mai 2009

Lettre à Serge

Sun on back Je n'irais finalement passer mon concours à Paris que sur deux petites journées, demain et après-demain. Mon budget est des plus serrés, c'est la crise ma bonne dame. Mes séjours à la capitale sont très rituels : le cérémonial a été établi au début du présent siècle et il repose sur quelques passages obligés. Serge, un de mes amis montpelliérain expatrié à Paris, me racontait ses aventures et ses découvertes, et c'est ainsi, par procuration, que j'ai découvert son terrain de jeux. Je l'y ai rejoint une fois, et il a été un excellent guide. Il n'y habite plus, mais je sais d'ores et déjà quels mots je lui enverrais de Paris.

Salut Sergio,

Me revoilà en aventures à la Capitale, cela me fait une drôle d'impression de revenir ici après toutes ces années. Non pas que cela ait beaucoup changé, ce sont les mêmes habitants et la même météo, tu ne serais pas dépaysé. Mais il y a toujours ton empreinte, que dis-je, ton ombre qui plane à mes côtés quand je parcours ces rues où nous avons vadrouillé tous les deux.

En attendant de pouvoir rejoindre mon hôtel, j'ai été boire un café à ce bar dont tu avais fait ton QG, du coté de la Rue Mouffetard. Je n'ai pas revu la vieille que nous suspections être la sorcière de la rue éponyme, mais elle devait probablement être en train de préparer un mauvais coup. Je n'en reviens pas qu'on ait pu passer autant de temps à parler de ce compte et de cette pauvre vieille...

Je n'ai pas été marcher sur tes pas dans le Marais. Faut pas pousser quand même, j'ai déjà en mémoire pas mal de tes frasques, pas la peine de raviver dans mon esprit toutes celles que je veux oublier :-) . Je me demande combien de tes trophées j'ai pu croiser en deux jours, vu que tu es sorti avec la quasi totalité des gays de ton arrondissement :-p . Ha, si, j'ai quand même été manger rue de Lanneau, dans ce petit resto au nom qui t'allait si bien, le Petit Prince de Paris. On y est toujours bien reçu et bien servi, en plus d'être un vrai régal : cela n'a pas changé. Je me souviens de ce fameux soir où nous cherchions un restaurant dont la carte nous plaisait vraiment. Alors que nous lisions les milles promesses du Petit Prince, nous entendîmes "Tiens, tu crois que ces deux-là sont de la famille ?". Le son venait juste d'au-dessus de nous, d'une fenêtre du resto, où deux serveurs choupinous avaient oublié qu'elle était légèrement entrebâillée... Ou bien peut-être pensaient-ils être hors de portée de nos oreilles. En tout cas, devant leur confusion, tu leur as retourné un clin d'œil qui levait toute ambiguïté, en même temps que tu me disais : "Mmmm, je crois qu'on va manger ici !". Mardi soir, j'y ai bu un verre à toi et au souvenir mémorable de cette soirée.

Entre deux séances d'hospitalisation pour ton VIH et ta tumeur au cerveau, avant que tu ne perdes la mémoire, je t'avais promis qu'à chaque passage à Paris, si je le pouvais, j'irais allumer une bougie pour toi à Notre-Dame. Tu y avais trouvé refuge à plusieurs reprises et cela semblait tellement important pour toi, je ne pouvais pas refuser. Même si on fait difficilement plus mécréant que moi (coupdechaud) , j'ai tenu ma promesse.

Cela fait quasiment 7 ans jour pour jour que tu es mort, et pourtant chacun de mes passages par ici fait ressurgir de nombreux souvenirs. Je pense toujours aussi souvent à toi, même s'il y a longtemps que je n'attends plus ton petit coup de fil hebdomadaire. Ton absence a été difficile, au début, et mes longues marches le long des grands boulevards sans ta présence douce, tactile et taquine sont accompagnées d'un vide immense.

Un seul être vous manque, et même Paris semble dépeuplé.






(c) photo : Arnoarno - original (licence : CC-ByCC-By-NC).

Mercredi 6 mai 2009

To tweet or not to tweet ?

Twitter Mon futur nouveau joujou dispose d'un client Twitter permettant par exemple de poster des photos très facilement sur TwitPic. C'est une fonction qui m'intéresse beaucoup pour le blog, même s'il n'y a pas (encore) de plug'in TwitPic pour Doctlear. Je vais essayer de me pencher sur la question.

Pour faire des tests, j'ai donc créé un compte Twitter, puis j'ai ajouté le suivi des gazouillements de deux blogueurs que je lis souvent, et qui sont assez prolifiques sur ce médium. J'ai beaucoup apprécié le retour de politesse quasi-immédiat, mais je vous rassure, les garçons, je n'ai pas l'intention de poster sur Twitter pour le moment :-p . C'est vraiment juste TwitPic qui m'intéresse...

Le premier qui dit que je suis contrariant...

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