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jeudi 28 août 2014

Le concours de dessin

2992998785_c6c8d094f7_o.jpg J'étais en CE1, je crois, lorsque cette grande entreprise en bâtiment [1] a organisé un grand concours de dessin dans les écoles, sur le thème de "la maison de tes rêves". Mon école avait été sélectionnée pour concourir (je crois que c'était un concours national, mais impossible d'en être sûr), et on nous avait donc invité à plancher sur ce sujet.

Du haut de mes 8 ou 9 ans, je ne me faisais guère d'illusion ; je n'ai jamais été un artiste ni un créateur, je n'ai pas particulièrement de patience, et je suis encore moins méticuleux [2]. Mais il y avait de nombreux lots à gagner, parmi lesquels de magnifiques sets de peinture et de crayons, et même pour le meilleur, un vélo cross, le vélo à la mode à l'époque (avant d'être supplanté par le mountain bike puis le VTT), largement de quoi me motiver. Je me suis complètement lâché : la maison était grandiose, à la limite de la forteresse ou du blockhaus, les couleurs étaient criardes à souhait, et il ne restait pas le moindre pouce de blanc sur ma feuille. Largement de quoi faire pleurer des larmes de sang aux yeux d'un jury entier pendant une bonne demi-journée.

Le truc qui ne devait pas arriver, ben il arriva [3]. C'est mon dessin qui fut sélectionné et qui reçu le premier prix 8-O . Les messieurs du jury sont venus à la maison pour me féliciter et me récompenser avec un très beau vélo cross MBK jaune qui valait probablement les yeux de la tête. Une superbe occasion pour moi de donner à mes parents un bon gros moment de honte internationale : dès que j'eus connaissance de mon gain, je fondis en grosses larmes en me réfugiant dans les jupes de ma mère et en chouinant "Moi, je voulais gagner les palettes de peintures"... (coupdechaud)

J'ai dû me contenter du vélo, et ma carrière artistique fut définitivement scellée. Heureusement, une grande carrière sportive s'ouvr... Heu... Non plus, en fait.






(c) photo : angellea (glitterbug) - original (licence : CC-ByCC-By-NC).

Notes

[1] Dont le nom commence par B et qui a acquis, depuis, la première chaine de télé française et un réseau de téléphonie.

[2] C'est ma mère qui repassait les bordures des continents et des océans sur les cartes de géographie, parce que je faisais ça mal et que je débordais tout le temps.

[3] Dans des romans de SF ou de fantastique, c'est typiquement le genre d'évènement improbable qui ne doit pas arriver et qui provoque une Apocalypse, un déferlement de démons, ou une scission de l'univers en deux principes opposés. Rien de moins.

dimanche 24 août 2014

Boycott

5102566714_70a8c3f241_b.jpg Depuis leur traitement particulièrement partisan des débats sur le mariage pour tous, je boycotte les grandes chaines d'information en continu. L'absence d'objectivité, la sur-médiatisation des manifestations anti-mariage et le traitement minimal des manifs pro-mariage m'ont définitivement convaincu qu'il fallait à tout prix éviter d'encourager ces chaines, et donc qu'il ne fallait plus les regarder. Exit donc iTélé et BFM Tv, et ce depuis le printemps 2013.

Il faut le dire, les chaines d'information en continu sont d'une inutilité crasse pendant 95% de leur temps d'antenne. Elles rabâchent en boucle les mêmes déroulés d'information sans apporter quoi que ce soit d'une fois sur l'autre, et le summum est atteint lors d'un grand évènement : la capacité des présentateurs à tenir l'antenne pendant des heures avec une actualité et zéro évolution est impressionnante. Et extrèmement horripilante. Comme si l'information n'était qu'un prétexte pour occuper le téléspectateur entre deux matraquages de pubs. Comme si l'information devait absolument chasser l'information, et que seule l'immédiateté compte (avec ou sans vérification des sources, avec ou sans recul, avec ou sans faits nouveaux), sans garder un lien avec les évènements passés et surtout sans se projeter dans l'avenir.

Désormais, quand j'ai besoin d'information à la télé, je me tourne vers France 24. La chaine est sobre, évite assez bien les marronniers insupportables et a un excellent traitement de l'international. J'aime tout particulièrement leurs "Focus" très approfondis et bien ficelés. Cette chaine est plutôt une réussite, elle mérite un peu plus d'attention (et dire que c'est un bébé de Chirac (rolleyes) ). Pour le reste, l'information est ailleurs : Arrêt sur Images, le Canard Enchainé et Mediapart restent mes sources principales.

Au final, il y a quand même un coté positif à ce boycott : depuis que je n'allume plus la télé au lever, je divise mon temps de petit-déj' par deux, je peux donc me lever plus tard 0:-) . Et je préserve mon temps de cerveau disponible...






(c) photo : Binuri Ranasinghe - original (licence : CC-ByCC-By-NDCC-By-NC).

jeudi 21 août 2014

La Ruine de Rome

Ivy-leaved Toadflax (Cymbalaria muralis Au siècle dernier, avant de devenir informaticien, j’exerçais dans le domaine plutôt lointain de la botanique. Je n'étais pas très doué et travailler sur le terrain m'a assez vite fatigué, mais je suis resté très amoureux des plantes et du génie des botanistes[1], notamment tous ceux qui ont "inventé" cette science.

Il y a deux autres aspects non scientifiques qui me séduisent chez les plantes : la beauté parfaite de leur morphologie, et les noms souvent poétiques avec lesquels nous les avons baptisées au cours des siècles.

La "Ruine de Rome" est un bel exemple des deux combinés. Cette petite fleur au délicat violet et à la gorge jaune vif ou orange vit sur les murs anciens (d'où son autre nom français officiel "Cymbalaire des murs"). Elle pousse en touffes, accompagnée de feuilles vert tendre ayant généralement 5 lobes arrondis, et colonise sans problème des pans entiers de murs. Je doute qu'elle ait pu provoquer la ruine de quelconque mur, même à Rome, mais sa présence sur ceux qui ne sont plus entretenus est caractéristique.

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La plante a un comportement assez amusant : pour maximiser les chances d'enracinement de la génération suivante, les tiges se courbent pour déposer les graines au plus profond des anfractuosités des murs, là où la lumière est minimale : la graine ne germe qu'à l'ombre.

La cymbalaire est une plante vivace (elle peut vivre plusieurs années) et est très commune. On la trouve dans tous les départements français de métropole ainsi que dans tout l'ouest de l'Europe. Elle est également présente aux USA, mais la coquine y a un comportement invasif (elle a dû être importée pour ornementation ou par accident et colonise le nouveau continent au détriment le la flore locale).

Nul doute que vous croisez régulièrement cette petite discrète, même en ville, au pied ou le long des murs peu entretenus...

Quelques liens pour en savoir plus :




(c) photo 1 : Franco Folini - original (licence : CC-ByCC-By-CA).
(c) photo 2 : Werner Witte - original (licence : CC-ByCC-By-NC).

Note

[1] Oui, j'assume mon côté sapiosexuel.

dimanche 17 août 2014

Art pariétal primitif

DSCN0302.JPG Quand on rénove un appartement, on découvre parfois des surprises laissées par nos prédécesseurs. J'aurais adoré trouver un lingot d'or sous une brique, un coffre fort dans une cloison ou une time capsule dans un mur, comme la boite à souvenirs dans Amélie Poulain, mais non, nous n'avons rien découvert de cet ordre.

Par contre, sous trois couches de tapisserie peintes contre lesquelles il a fallu batailler furieusement, nous sommes tombés sur un message qui nous attendait depuis 30 ans : un dessin au crayon (ci-contre), laissé probablement par un peintre au moment de la construction.

Cet art pariétal très primitif était bien planqué, et nous nous perdons encore en conjectures sur sa signification. Évocation d'une déesse-mère ? Rituel religieux de la fécondité ? Ultime chapelle d'un culte wiccan ? Nous ne le saurons probablement jamais (rolleyes) .

Bien évidemment, cet art fragile se devait d'être protégé de la lumière (et de nos yeux impies qui n'avaient rien demandé) : nous nous sommes dépêchés de passer dessus un bon coup d'enduit et deux ou trois couches de peintures, histoire d'être sûrs de ne pas retomber dessus.

Souvent, quand je passe dans l'entrée de l'appartement, j'ai une petite pensée pour l'artiste qui a dessiné ça en imaginant la tête de ceux qui le découvriraient bien des années plus tard...





PS. : Ce billet aurait dû être publié en 2011, au moment où on a rénové l'appart, mais les lourds travaux ont un peu chamboulé notre temps libre...

mercredi 13 août 2014

Mise à l'index

12991385083_7d1a49dc19_z.jpg On a tous nos petites lubies. Moi (entre autres), j'indexe nos bouquins dans une base de données (avec le petit freeware Book'in, plutôt bien fichu).

A l'occasion d'un petit tri dans la base de données et dans la bibliothèque, j'ai pu faire un peu glorieux constat ; j'ai plus d'une trentaine de bouquins que je n'ai jamais lus (soit 10%, hors BD, qui elles sont lues à 100%). La plupart a été achetée sur un coup de tête, et je n'ai jamais trop eu le courage de me plonger dedans. Ou pire : je n'ai plus eu l'envie... L'exemple typique, c'est les divers tomes de préquelles des séries dont j'ai adoré l'univers (Dune, les Princes d'Ambre...) et pour lesquelles j'ai épuisé tous les tomes originels en long, en large et en travers. A leur sortie, je me suis précipité sur les préquelles, mais elles ne sont pas écrites par les auteurs d'origine et sont souvent de qualité médiocre, quand il n'y a pas en plus des discordances dans les traductions ou des incohérences dans le récit par rapport à l'original[1].

Il y a heureusement peu de bouquins que l'on m'a offert et que je n'ai jamais lu (moins d'une dizaine), et encore moins de livres dont je n'ai jamais fini la lecture (3 seulement : l'intégrale de Narnia, ennuyeuse à mourir, c'est vraiment un style d'écriture qui a mal vieilli, un bouquin de Hulot et un bouquin de Montebourg, essentiellement parce que les deux gusses m'agacent prodigieusement et que ça faisait trop monter ma tension quand je bouquinais au lit). Bon, je triche un peu pour éviter l'accumulation : j'ai facilement tendance à me débarrasser des ouvrages que j'ai acheté et qui ne me plaisent pas, ce que je n'arrive pas à faire avec des cadeaux, j'ai des scrupules et/ou je suis trop sentimental (rolleyes) .

Lors du dernier déplacement de la bibliothèque, j'ai aussi mis de coté une pile d'une bonne vingtaine de bouquins : des trucs que j'ai depuis très longtemps, acheté avec mon premier argent de poche lorsque j'étais lycéen, et que je n'ai lu qu'une seule fois, il y a maintenant une vingtaine d'années. Ils m'ont suivi au cours des 7 déménagements, mais je ne les jamais rouvert. J'ambitionne de me plonger dedans pour voir si les pages éveillent des choses en moi, que ce soit une réminiscence de souvenirs ou une émotion littéraire... Quelle surprise peut surgir d'un ouvrage refermé depuis si longtemps ? (à part la poussière accumulée depuis 20 ans et 7 appartements, on est bien d'accord (coupdechaud) ).

Je voulais annihiler cette pile de "non lus" ou de "à relire" au cours de mes vacances. Même avec 4 semaines, j'ai peut être été un chouia optimiste.

Y'a plus qu'à...






(c) photo : Noëmie Haffner - original (licence : CC-ByCC-By-ND).

Note

[1] Ces deux méfaits méritent des supplices particuliers dans des enfers dédiés.

samedi 9 août 2014

La réconciliation

Ça n'est pas un scoop, je me suis complètement détourné à la fois ce blog et de Twitter depuis une bonne année.

Après la présidentielle de 2012 et la campagne anti-mariage pour tous en 2013, j'en avais un peu soupé des réseaux sociaux. Les polémiques, qui se nourrissent de désinformation, sont propagées de la vitesse de la lumière sans aucun recul ni aucune réflexion. On donne beaucoup trop d'importance aux gens qui nous détestent et on alimente cette inutile importance en partageant dans nos sphères leurs propos haineux. Pour quelqu'un d'aussi empathique que moi, c'est ravageur.

Accessoirement, j'ai l'impression qu'une illusion tenace s'accroche à Twitter : ce n'est pas un média de discussion, le débat par messages de 140 caractères est complètement impossible. Au contraire, ça rend tout échange sec et saccadé, et cela contribue à faire monter le ton. Je doute que quiconque ait vraiment changé d'avis suite à une débat par tweets interposés... Ajoutez à ça le buzz permanent, le besoin de briller en se montrant plus réactivement horrible que les autres à chaque mort/fait divers ou le Live-Tweet des émissions télé dont vous n'avez rigoureusement rien à faire... (needkill) J'ai fait un Tweet-burn-out.

Après 6 bons mois de sevrage, je recommence à lire ma time-line. J'ai drastiquement restreint mon nombre de followings, mais je reste peu loquace. J'ai toujours détesté être limité à 140 caractères, je ne sais pas m'exprimer en si peu d'espace, alors je me contenterai du minimum syndical de ce coté-là.

J'avais envie de revenir ici, de reprendre le temps d'écrire. C'est l'agréable rencontre avec @seb_stbg et #MisterGeek lundi soir, sur une terrasse montpelliéraine, qui m'aura finalement bousculé et qui aura accéléré les choses. Le bon moment que j'ai passé avec eux m'a rappelé les rencontres que j'ai pu faire grâce au blog ou à Twitter au cours de ces dernières années : une poignée de personnages attachants que je lis ou suis depuis des années, que j'ai eu plaisir à rencontrer "en vrai" pour certains, et qu'il est toujours plaisant de revoir. Comment ai-je pu oublier tout ça, tous les billets et messages partagés, toutes ces expériences, anecdotes, histoires, tranches de vie, et souvent, émotions ?

Nos deux alsaciens m'ont réconcilié avec les réseaux sociaux. Je ne sais pas combien de temps ça va durer, mais me voilà de retour ;-)

mercredi 18 avril 2012

Un autre président, c'est maintenant (?)

Il est grand temps que cette campagne présidentielle se finisse, l'ambiance commence à devenir délétère et pesante. Les réseaux sociaux sont surchargés d'appels aux votes, tous plus méprisants envers les candidats adverses, et je ne vois pas quelle réelle avancée ils apportent : les sentences courtes agressives ou haineuses des fanboys d'un candidat envers les autres n'ont aucune chance de faire changer d'avis qui que ce soit, bien au contraire, c'est idéal pour radicaliser les positions de chacun. Ce n'est donc pas du débat, c'est de la propagande, et cela ne sert à peu près à rien. Quant à débattre via Twitter, avec 140 caractères, c'est plus frustrant qu'autre chose.

Il va être d'autant plus difficile de me faire changer d'avis que j'ai déjà fait mon choix depuis un moment. Il est aussi inutile de tenter de me convaincre de voter autrement : ce choix est le fruit d'un raisonnement qui vaut n'importe quel autre (mon raisonnement) et tenter de me convertir à tout prix à autre chose est non seulement une perte de temps, mais une insulte personnelle. Autant me traiter de con directement, vous aurez le même succès. Dans un scrutin, je doute qu'il y ait de vérité absolue assénée par un candidat, et chaque électeur doit voter en son âme et conscience. Essayer de me convaincre à voter autre chose est tyrannique ou sectaire, je ne vote pas en étant sous influence : c'est une décision réfléchie.

Mon choix est donc fait, et il est simplement pragmatique. Mon objectif est très basique : refaire basculer le pays à gauche, et dégommer Sarkozy de la présidence. Selon moi (j'insiste bien : selon moi), le seul candidat en position de le faire est Hollande, je voterai donc pour lui.

Mon inclination naturelle a toujours été orientée plus ou moins vers le PS, même si idéologiquement je suis un mélange entre les Verts, les Communistes et les Socialistes. Pour les Primaires de cet automne, j'ai voté pour l'aile gauche du PS, d'abord Montebourg, dont j'ai beaucoup aimé la campagne de premier tour, et dont j'apprécie les idées depuis très longtemps. Puis j'ai voté Aubry, avec le même succès (coupdechaud) . Mes candidats ont échoué, mais l'essence des primaires devait être respectée, mon candidat était donc Hollande. Je n'ai pas accepté cela de gaieté de cœur, mais je n'ai pas oublié pourquoi la gauche a perdu en 2007 : le PS était divisé, et tous les pontes du Parti tiraient dans les pattes de la candidate... Il ne fallait pas reproduire ce schéma malsain cette fois-ci : le candidat étant choisi, tous derrière lui.

C'est triste et cela me désole, mais on ne vote pas à la présidentielle pour un représentant idéal qui correspond parfaitement à ses idéaux. Ça, c'est le syndrome Ally McBeal, alias le syndrome du Prince Charmant : il n'existe pas, pas la peine de le chercher. On donne juste une orientation au pays (gauche/droite) en investissant un individu du pouvoir suprême. Cela ne devrait pas fonctionner ainsi, mais le système de gouvernement français est perverti depuis 1958, il faut faire avec. Accessoirement, c'est une élection à 4 tours depuis 2002, puisqu'il faut aussi remporter les législatives dans la foulée. C'est là que les choses se compliquent et que le choix de Hollande est important : il est à mon sens le seul à pouvoir rassembler assez large pour pouvoir gouverner. Je ne suis pas certain que beaucoup d'autres candidats, à commencer par Mélenchon, auraient une majorité suffisante pour adopter des lois sans difficulté. Mélenchon président, ce serait bien, ça détonnerait et ça me plairait : il est probablement le candidat le plus proche de mes idées politiques. Mais il est iconoclaste et je pense qu'il n'est pas assez rassembleur ; il aurait une majorité trop faible pour pouvoir faire autre chose que du compromis. Par contre, Hollande président avec une Assemblée Nationale où la gauche du PS et le Front de Gauche seraient forts aurait à mon sens beaucoup plus d'impact : Hollande rassemblera largement à la présidentielle et il pourra donc l'emporter, le Front de Gauche aura la capacité d'infléchir le vote des lois. Le vrai pouvoir, il est là.

Je n'ai pas oublié la nausée d'avril 2002 : j'ai encore bien en mémoire la gifle de ce tristement célèbre 1er tour, et le long désarroi qui a suivi. Je ne veux pas revivre ça. Ma peur n'est pas adoucie avec les sondages qui prédisent la victoire de Hollande : Jospin aussi était favori avant le 1er tour. L'excès de confiance dont le PS a fait preuve à l'époque (et sa campagne calamiteuse) ne doit pas être oublié, et je suis convaincu qu'il existe toujours une menace de ne pas avoir un candidat de gauche suffisamment rassembleur au second tour cette année : les sondages sont tellement trafiqués qu'ils ne correspondent pas à la réalité (les sondés répondent n'importe quoi, les sondeurs corrigent les chiffres selon des méthodes obscures dignes de la numérologie ou de la bistromatique). Et la mobilisation du jour J est impossible à prévoir : la conjonction d'une faible mobilisation des électeurs de gauche qui pensent que tout est acquis et d'un baroud d'honneur des électeurs de droite pourrait avoir un résultat cataclysmique. Je ne me fie pas aux sondages actuels, quels qu'ils soient, ce serait une erreur d'autant plus idiote qu'ils ont toujours été dans le faux à la quasi-totalité des scrutins !

Ho, je sais bien ce que vous allez dire, le vote utile c'est lâche. Mais je n'ai plus la force de supporter Sarko, et je ne veux pas prendre le risque de le voir rempiler pour 5 ans. La seule façon de me rassurer, c'est de voter Hollande. C'est mon choix.

mercredi 27 juillet 2011

Un bon logiciel pour gérer ses recettes de cuisine

Sexy guy in the kitchen J'ai envisagé pendant des années de travailler dans la restauration, avant d'être délicatement invité par mes parents à tenter une autre voie... C'est un fait, j'adore cuisiner, même si je ne suis pas un grand cuistot, et j'ai accumulé pas mal de recettes avec le temps. Cela faisait quelques années que je cherchais un logiciel correct permettant de gérer toutes mes recettes, je pense avoir enfin trouvé mon bonheur !

J'en ai testé un bon nombre (libres, payants ou gratuits), mais aucun n'avait réussi à me donner entière satisfaction, que ce soit pour des raisons d'ergonomie, de fonctionnalités, de prix, ou de qualité de développement (un logiciel qui plante toutes les 48 secondes est vraisemblablement inabouti). Sans parler des logiciels qui ne sont plus maintenus.

Il y a quelques mois, je suis tombé complètement par hasard sur ChickenPing, un petit soft développé par un étudiant anglais. Il propose la plupart des fonctions classiques de ce genre de logiciel (catalogue de recettes, catégories, gestion des ingrédients, liste des instructions, association de photo, etc.), ainsi que quelques outils supplémentaires sympas :

  • La possibilité de calculer automatiquement les bonnes proportions des ingrédients si on augmente / diminue le nombre de parts.
  • Un convertisseur de mesures très complet.
  • Un outil pratique qui permet de lister les recettes que l'on peut réaliser en fonction de ce qui est disponible dans le frigo.
  • Un module qui permet de composer/imprimer la liste des courses très simplement, à partir des ingrédients des recettes.
  • Un très astucieux planificateur de repas (ça peut être pratique notamment pour les personnes suivant un régime, mais il faut que la base de données de recettes soit suffisamment étoffée pour être vraiment intéressant). La fonction est néanmoins très bien fichue.
  • Un mode permettant d'afficher la recette en gros sur l'écran (mode "Doigts collants" !) pour éviter d'avoir à toucher au PC quand on cuisine :-) .

Harry, le développeur, a beaucoup fait évoluer le logiciel depuis quelques mois ; après une période d'un an sans mise à jour, de nouvelles versions de ChickenPing sont disponibles régulièrement. Des fonctions supplémentaires liées aux vins sont notamment apparues ces dernières semaines : gestion de cave, association de vins avec les recettes, etc. Il y a aussi un gestionnaire de cocktails pour les amateurs :-p . Le logiciel est disponible en français, la traduction ayant été revue de fond en comble depuis quelques mois par une personne de ma connaissance. Si vous trouvez des fautes, envoyez-les moi (via le formulaire de contact du blog), je transmettrai.

Il y a quelques points qui pêchent un peu :

  • Depuis quelques versions, ChickenPing est devenu payant (ceci dit, 5£ ça reste vraiment très abordable).
  • Il y a des mises à jour assez fréquentes en ce moment et elles modifient souvent la structure de la base de données ; dans ce cas-là, le logiciel doit repartir d'une base vierge... Pensez à exporter les recettes avant de faire les mises à jour, puis à les importer une fois la mise à jour terminée.
  • ChickenPing ne fonctionne que sous Windows et requiert .Net. Oui, je sais, c'est moche...
  • Il y a quelques fonctionnalités avancées récentes qui ne sont encore pas très stables (mais les fonctions courantes ne posent pas de problème).

Mais sinon dans l'ensemble, c'est un bon petit logiciel bien pratique. Recommandé !

Fenêtre principale

dimanche 17 juillet 2011

Une saison d'AMAP

Fin d'année... Mes étudiants sont partis en vacances depuis 3 semaines, et l'AMAP qu'ils gèrent a fermé ses portes pour l'été. J'avais promis de faire un petit bilan de cette année, voici donc mon ressenti au terme de mon engagement de 22 paniers, de la mi-septembre à la fin juin.

Je suis globalement extrèmement satisfait de la façon dont les choses sont organisées par les étudiants : l'association a contracté avec un agriculteur de l'ouest héraultais qui nous fourni en produits de saison, soit grâce à ses récoltes propres, soit en s'approvisionnant auprès d'exploitations voisines. Tout n'est pas bio, mais une grande partie des fruits et légumes sont issus d'une agriculture raisonnée non intensive. Le rapport qualité/prix est généralement excellent : le panier à 10 euros n'est pas prohibitif, et les proportions sont correctes. Je mets au défi d'avoir les mêmes quantités et qualités via les marchés de Montpellier, les primeurs ou les supermarchés ! Les paniers du début du printemps, avec leur livre d'asperges et leur barquette de fraises, étaient même plutôt donnés, compte tenu du prix de ces produits en début de saison !

En terme de quantité, rien à redire : elle est suffisante pour une personne et pour une semaine, à la limite c'est presque trop. J'ai souvent mis de côté certains produits pendant plusieurs semaines pour avoir le temps de les écouler à l'occasion d'une semaine où je choisissais de ne pas prendre de panier : les pommes de terres et les courges, par exemple, se conservent très bien. J'ai regretté toute l'année de ne pas avoir de congélateur, malgré tout, car cela m'aurait permis de varier un peu plus mes repas : aligner 4 soirs avec la même soupe, ou manger 3 jours de suite du chou farci, on sature un peu ! Ce problème sera résolu sous peu, j'aurais mon congel d'ici à cet hiver (merci Doudou).

Autre point positif, l'expérience m'aura obligé à varier mes repas. Cela faisait des années que j'étais installé dans une routine alimentaire assez insipide. En n'ayant pas le choix des produits livrés, je me suis retrouvé avec des fruits et légumes que je n'avais jamais goûté (christophines, courge butternut, Kakis) ou cuisiné (chou pommé, citrouille, potimarron, coing, radis noirs, navet long, topinambour, betterave (crue), fève). Cela m'a ouvert de nouveaux horizons gustatifs, et j'ai souvent adoré. Pour varier les modes de préparation, il a aussi fallu que je me remette enfin à cuisiner, et cela a été un plaisir énorme pendant les week-end. Plus jeune, alors que j'habitais encore chez mes parents, j'étais tout le temps aux fourneaux, mais cela m'a passé au lycée et au cours de mes études. J'avais envie (et besoin) de me redonner du plaisir à cuisiner, il ne me manquait plus qu'un bon prétexte pour m'y remettre :-) .

Le système proposé par mes étudiants est très flexible : par défaut, le panier est livré toutes les semaines, mais on peut demander à ne pas recevoir de panier une semaine (pendant les vacances, lorsque j'étais en déplacement, quand le frigo était trop plein, ...). Il y a eu cependant quelques périodes sans livraisons : lorsque tous les étudiants étaient en stage en Mai (dommage, c'était l'une des meilleures périodes !) ou lorsque notre agriculteur a été inondé suite à de grosses pluies.

Ne pas savoir à l'avance ce que l'on va avoir dans le panier est assez ludique, mais c'est aussi un petit inconvénient. Difficile de planifier ses repas pour la semaine quand on n'a aucune idée des ingrédients que l'on aura comme base, ni en quelle quantité. On s'y fait, mais les proportions ne sont pas toujours évidentes à gérer : que faire d'un poireau solitaire ou d'une unique courgette ? [1] Les portions ne sont pas forcément légères : à l'opposé, j'ai été livré de 25 ou 30 kiwis pas encore mûrs, qui ont évidemment tous muri en même temps, quelques jours avant que je ne parte en vacances de Noël :-) .

J'avais un peu peur de la durée moindre de conservation, à cause de l'absence de traitement, mais globalement je n'ai pas eu de soucis majeurs de ce coté-là. J'ai perdu très peu de choses, à part un peu de salade (dont j'ai été en quasi-overdose tout au long de l'année). La très bonne qualité des produits et leur fraicheur les aide à bien se tenir. Le seul bémol concerne les pommes de terre : les variétés proposées n'ont jamais été à la hauteur, soit par le goût soit par la tenue. De la vraie patate à cochons, juste bonne à faire de la purée. D'ailleurs ma seule tentative pour faire des pommes de terre farcies s'est assez vite transformée en "farce aux gros morceaux de patates"... C'est le seul point de déception.

Sauf contrordre majeur, j'ai bien l'intention de poursuivre avec les AMAP (modulo les quelques semaines d'automne où je serai trop occupé par les travaux de mon futur appart). L'expérience est très concluante, et j'apprécie ce mode de consommation alternatif qui court-circuite la consommation de masse. Accessoirement, c'est très sympa et convivial. Je n'ai pas encore fait mon choix entre rester dans l'AMAP des étudiants ou en choisir une autre qui livre à quelques pas du boulot, mais c'est un fait acquis : l'an prochain, je rempile.




J'ai essayé de prendre en photo une partie des paniers livrés. L'éclairage médiocre de mon appart et mon absence totale de talent de photographe ont fait leur oeuvre, les photos sont pourries. Mais ça donne une idée :

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Notes

[1] Non, pas la peine de me dire ce que je pourrais en faire. Je vous vois venir...

samedi 21 mai 2011

Vieilleries télévisuelles (1) : le secret des Sélénites

J'ai cru pendant un moment que j'avais forgé ce souvenir, que la mélodie de quelques notes piégée dans ma mémoire et les bribes de paroles étaient le fruit de mon invention : pendant très longtemps, aucune personne de mon entourage, aucun ami de ma classe d'âge ne m'a jamais confirmé l'existence de cette série animée qu'était "Le secret des Sélénites". Il m'a d'ailleurs été difficile d'en retrouver le titre puisque je n'avais que des extraits des paroles, même pas une phrase complète...

Heureusement, le Web regorge de gens complètement frappés : je ne remercierais jamais assez les fondus qui passent leur temps à saisir les paroles des chansons de dessins animés, qui numérisent des vieilles cassettes VHS gardées (précieusement) au fond d'un placard, qui découpent les génériques enregistrés sur des cassettes audio ou des vieux 45 tours usés, et qui mettent tout ça à disposition du monde entier.

Grâce à eux, aux mots stockés au fin fond de ma mémoire (les deux tiers n'existaient pas dans les paroles, évidemment) et à quelques très vagues souvenirs de l'histoire, j'ai pu remonter la piste il y a quelques années, et finalement retomber sur le titre réel puis la chanson qu'il m'arrivait de siffloter pendant des heures sans être capable de me rappeler ce que c'était (coupdechaud) .

Le Secret des Sélénites a été diffusé en 1985 sur Antenne 2, dans Récré A2. A l'origine, il s'agissait d'un long métrage diffusé au cinéma (sorti en 1984), mais il fut découpé en plusieurs épisodes pour passer dans l'émission jeunesse.

Le générique, très réussi, est l’œuvre d'Haïm Saban et Shuki Levy, compositeurs à succès de génériques mémorables des années 80 (Les Mystérieuses Cités d'Or, Ulysse 31, Inspecteur Gadget...), et est chanté par Lionel Leroy, dont la voix était très connue à l'époque (par exemple pour des séries comme "Starsky et Hutch", "Pour l'amour du risque", et certains génériques de dessins animés comme "Goldorak" ou "Dare Dare Motus"). Un générique tellement bien ficelé que c'est resté imprimé dans mon esprit pendant plus de 20 ans, alors que je n'ai probablement vu qu'une petite partie des épisodes du "Secret des Sélénites" et que cela n'a probablement jamais été rediffusé :-) .

L'histoire ? Elle est très inspirée des aventures du Baron de Münchhausen, qui est le héros principal du film. Il est mandaté par son cousin, l'Astronome Sirius, pour accomplir un voyage vers la Lune, y rencontrer ses habitants les Sélénites, et tenter de découvrir ce qu'eux seuls possèderaient : le secret de l'immortalité.

J'ai pu revoir le film le week-end dernier (il est édité en DVD). J'ai été très surpris, il tranche très nettement avec les dessins qui se faisaient à l'époque. Le film est contemporain d'Ulysse 31 et des Cités d'Or, mais cela n'a rien à voir. L'animation est très particulière, très simpliste, les personnages bougent tout le temps, même sur des plans fixes, et la succession d'images est moyennement fluide. Cela donne un genre particulier qui n'a pas très bien vieilli (contrairement à nous, trentenaires à l'apogée de notre sex-appeal). Le recyclage des plans (mêmes séquences qu'on retrouve plusieurs fois en quelques minutes) accroit le sentiment d'un manque de moyens...

Heureusement, l'histoire assez bien ficelée compense ce petit défaut, les auteurs ont été inventifs sur la description de la Lune, de ses habitants et de ses paysages. Et ils ont mis en scène de nombreux personnages excentriques, complètement barrés. Au final, c'était plutôt un bon moment. La mémoire est quelque chose de merveilleux, mais elle ne stocke vraiment que ce qui l'arrange : heureusement qu'il y a le web pour raviver tout ces vieux souvenirs.

Notes :

mardi 17 mai 2011

Aux armes (un programme pour 2012 ?)

A la première écoute, j'ai été un peu rebuté par les 45 premières secondes, les paroles sont un peu faciles. Mais j'aime beaucoup, au final.




(Vu chez Yves Formentin).

dimanche 15 mai 2011

Adios la Fonera !

Fonera Après quelques mois d'hésitations, c'est fait : j'ai dézingué ma Fonera.

Pour mémoire, ce petit routeur WiFi permet de participer au grand réseau WiFi communautaire FON : en partageant un peu de votre connexion Internet avec les utilisateurs captant votre signal radio, vous obtenez en contrepartie un accès ouvert sur toutes les Foneras du monde entier (il y a plus de 4 millions de spots WiFi FON dans le monde). Très pratique quand vous vous déplacez.

Le réseau FON et quelques-uns de ses homologues ont révolutionné le WiFi. Ils ont fait bouger les géants des télécoms, qui proposaient des connexions itinérantes WiFi payantes à des tarifs scandaleux (10€ l'heure pour Orange, c'était juste de l'escroquerie), et les ont incité à partager leur réseau. Ainsi, SFR permet à ses abonnés de participer au réseau FON (et de bénéficier des innombrables points d'accès), et Free a mis en place un réseau WiFi "universel" accessible pour ses abonnés (et uniquement eux, si je ne me trompe pas) qui seraient à proximité d'une Freebox. Conséquence : dans les hôtels ou les lieux de mobilité, les prix du WiFi se sont effondrés, puis l'accès est même devenu gratuit dans de nombreux endroits, en tant que service à part entière. Cela ne se serait probablement pas produit sans les WiFi communautaires.

Néanmoins, maintenant que les WiFi sont gratuits presque partout (sauf dans les TGV... la SNCF a toujours quelques trains de retard), et que la 3G les concurrence dans les zones où on la reçoit bien, l'interphase militante est moins excitante. Accessoirement, la Fonera que j'ai acheté en 2006 n'a pas vraiment bénéficié de mises à jour en terme de fonctionnalités : au contraire, et cela me dérange et me désole, c'est dans ce domaine-là aussi une course permanente aux nouveaux modèles, nouveaux gadgets, nouvelles versions, et l'évolution des anciens matériels est mise de côté. Pour le durable, on repassera.

Je suis dans ma période "économie d'énergie / suppression de gadgets", dont feu mon Nabaztag a déjà fait les frais. Il y avait très peu de connexions sur ma Fonera (je suis dans un secteur résidentiel, tout le monde a déjà un accès Internet) et surtout, cela fait 6 mois qu'il n'y a pas eu de connexion du tout : la suppression de mon point d'accès ne gênera pas grand monde. Adios la Fonera, et merci pour tout.






La photo de la Fonera a été odieusement récupérée ici.

jeudi 10 février 2011

Redécouverte : "Écrire pour ne pas mourir"

Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas écouté de CD d'Anne Sylvestre, et à l'occasion d'un tri dans ma CDthèque, je suis retombé sur ce superbe titre, "Écrire pour ne pas mourir". Anne n'a pas composé que ses célèbres Fabulettes pour les gamins, elle a aussi un très vaste répertoire pour les grands, avec des chansons poétiques, parfois engagées, et aux paroles toujours très finement ciselées.

"Écrire..." résonne comme un étrange écho à mon humeur du moment. Cette chanson ne peut que parler fortement à tout blogueur qui s'est dévoilé/épanché par ses écrits : pourquoi écrit-on, si ce n'est pour partager, pour mettre sur un support des choses que l'on ne peut/veut pas dire, ou juste parce qu'on est incapable de prononcer certains mots à haute voix ? Il y a bien sûr du futile et de l'inutile, mais pas uniquement.







(désolé pour l'illustration, les visuels sont parfois... hum (kwa) )





"Écrire pour ne pas mourir" - Anne Sylvestre (1985)

Que je sois née d'hier ou d'avant le déluge,
j'ai souvent l'impression de tout recommencer.
Quand j'ai pris ma revanche ou bien trouvé refuge,
dans mes chansons, toujours, j'ai voulu exister.

Que vous sachiez de moi ce que j'en veux bien dire,
que vous soyez fidèles ou bien simples passants
et que nous en soyons justes au premier sourire,
sachez ce qui, pour moi, est le plus important,
est le plus important.

Ecrire pour ne pas mourir,
écrire, sagesse ou délire,
écrire pour tenter de dire,
dire tout ce qui m'a blessée,
dire tout ce qui m'a sauvée,
écrire et me débarrasser.
Ecrire pour ne pas sombrer,
écrire, au lieu de tournoyer,
écrire et ne jamais pleurer,
rien que des larmes de stylo
qui viennent se changer en mots
pour me tenir le coeur au chaud.

Que je vive cent ans ou bien quelques décades,
je ne supporte pas de voir le temps passer.
On arpente sa vie au pas de promenade
et puis on s'aperçoit qu'il faudra se presser.

Que vous soyez tranquilles ou bien plein d'inquiétude,
ce que je vais vous dire, vous le comprendrez :
En mettant bout à bout toutes nos solitudes,
on pourrait se sentir un peu moins effrayés,
un peu moins effrayés.

Écrire pour ne pas mourir,
écrire, tendresse ou plaisir,
écrire pour tenter de dire,
dire tout ce que j'ai compris,
dire l'amour et le mépris,
écrire, me sauver de l'oubli.
Écrire pour tout raconter,
écrire au lieu de regretter,
écrire et ne rien oublier,
et même inventer quelques rêves
de ceux qui empêchent qu'on crève
lorsque l'écriture, un jour, s'achève...

En m'écoutant, passant, d'une oreille distraite,
qu'on ait l'impression de trop me ressembler,
je voudrais que ces mots qui me sont une fête,
on ne se dépêche pas d'aller les oublier.

Et que vous soyez critiques ou plein de bienveillance,
je ne recherche pas toujours ce qui vous plait.
Quand je soigne mes mots, c'est à moi que je pense.
Je me regardais sans honte et sans regrets,
sans honte et sans regrets.

Écrire pour ne pas mourir,
écrire, grimacer, sourire,
écrire et ne pas me dédire,
écrire ce que je n'ai su faire,
dire pour ne pas me défaire,
écrire, habiller ma colère.
Écrire pour être égoïste,
écrire ce qui me résiste,
écrire et ne pas vivre triste
et me dissoudre dans les mots
qui soient ma joie et mon repos.
Écrire et ne pas me foutre à l'eau.

Et me dissoudre dans les mots
qui soient ma joie et mon repos.
Écrire et pas me foutre à l'eau.

Écrire pour ne pas mourir,
pour ne pas mourir.

jeudi 20 janvier 2011

La cuiller à soupe

Cuillère à soupe Il y a des évènements de la vie qu'une génération subit avec un ensemble touchant et irrémédiable : le passage du bac, les copains qui se marient, les copains qui ont des enfants, les parents qui partent à la retraite... Depuis quelques mois, je constate une nouvelle éprouvante et inéluctable phase chez mes amis et sur quelques blogs : le départ des grands-parents, qui tirent tour à tour leur révérence, un peu comme si les octo ou nonagénaires jouaient les dernières notes de leur Symphonie des Adieux.

Ma grand-mère maternelle, après avoir très courageusement combattu contre le cancer pendant quelques années, a finalement perdu la partie samedi. Ce n'est pas une surprise, nous savions que la fin était proche, à Noël elle n'était plus que l'ombre d'elle-même. Cependant, cela reste une épreuve terriblement douloureuse. Autant ma grand-mère paternelle était une peste, autant ma grand-mère maternelle était l'archétype de la Mamie dont tout le monde rêve : douceur et tendresse incarnée, c'est la grand-mère que je n'ai jamais entendu hausser le ton, qui avait toujours des attentions pour nous, et qui nous gâtait-pourrissait toujours plus.

Entre elle et moi, les choses avaient mal commencé. Quand je suis né, ma mère a eu le droit à ses larmes, assorties d'un "Ho non, encore un garçon !". Heureusement, je devais être un bébé assez facile [1], et les choses se sont vite arrangées. Jeune retraitée, elle a beaucoup pouponné avec moi et a fortement contribué à mon éducation, notamment après mes trois ans, quand ma sœur est née. Elle ne m'a pas éduqué complètement, ce serait nier le travail quotidien de mes parents, mais je lui dois énormément. Notamment deux ou trois fondamentaux, anecdotes embarrassantes qu'elle aimait raconter pendant les repas de famille : quand on est en poussette, on ne soulève pas les jupes des dames [2], et qu'il ne faut pas appuyer sur les touches des caisses enregistreuses de Monoprix, quand on attend son tour.

En bonne grand-mère idéale, elle était une cuisinière hors-pair. Ce n'était pas un talent spontané : la cuisine n'était pas une spécialité de sa famille, loin s'en faut, et le premier cadeau que lui a fait mon grand-père après le mariage était un bouquin de cuisine. Il y avait du travail : le premier gâteau qu'elle avait préparé, même le chien n'en avait pas voulu (coupdechaud) . Elle a tout appris toute seule, et on se régalait à sa table, croyez-moi. Forcément, il fallait toujours en reprendre un peu pour finir le plat ou le gâteau, mais c'était toujours avec beaucoup de plaisir [3]. Gamin, j'ai aussi passé beaucoup de temps dans ses pattes en cuisine, épiant ses faits et gestes et m'initiant aux odeurs et aux ustensiles. Je pouvais jouer des heures avec quelques tupperwares, ou l'admirer sagement en train de gratter les légumes avant de les découper en rondelles. L'odeur sucrée des carottes nouvelles est pour moi une odeur madeleinedeproustienne, et quand elle en préparait, j'attendais toujours avec impatience qu'elle me donne les derniers centimètres de l'extrémité pointue, trop fine pour être découpée en rondelles honorables. On appelait cette partie de la carotte le "zizi", et je l'appréciais autant qu'une friandise 0:-) [4].

De ses 3 petits-enfants, j'étais probablement le plus proche, parce qu'elle s'est plus occupé de moi que de mon frère ou ma soeur. Nous étions très complices, mais cela ne m'empêchait pas de lui jouer régulièrement des tours. Mes grands-parents venaient dormir à la maison, à Noël, et une tradition établie de longue date voulait qu'on mette une araignée ou un serpent en plastique dans leur lit, toujours à sa place. Inévitablement, au coucher, elle poussait de grands cris effrayés, probablement plus pour nous faire plaisir que par réelle peur. Une année, mon frère et moi avions décidé de ne rien mettre : elle a cherché les bestioles pendant un moment...

Généreuse, elle avait toujours des attentions pour nous. Jamais nous ne repartions de chez elle sans bonbons ou un paquet de gâteaux. Et comme nos parents ne nous donnaient pas d'argent de poche, elle ponctionnait en douce des pièces dans les sommes que lui donnait mon grand-père pour faire les courses. Pièces qui se sont vite transformées en billet, les années aidant. Elle nous les donnait en cachette, plus ou moins discrètement, souvent au nez et à la barbe du grand-père, qui n'a jamais rien su et vu (ou voulu voir...).

Son absence va laisser un vide immense, que ce soit pour mon grand-père, après presque 64 ans de mariage, ou pour nous. Bien-sûr, la mort de nos ainés est l'issue un cycle normal, immuable, mais cela reste un événement brutal dans l'histoire d'une famille. Particulièrement chez nous, qui ne sommes pas très démonstratifs : un peu handicapés des sentiments, aucun d'entre nous ne dira son affection pour un autre. Mais ils sont pourtant là, les sentiments, d'autant plus forts qu'ils sont inexprimés.

Bien sûr, je l'aimais ma grand-mère. Parce qu'elle a toujours été là, pour consoler mes larmes et partager mes joies, parce qu'elle a toujours été aveuglément fière de la plus petite de nos réussites, parce qu'elle avait toujours une attention pour tout aille bien. J'ai reçu d'elle beaucoup de choses, en plus de l'éducation ou des principes, des tas de petites choses que nous avons en commun. L'épi indomptable et incoiffable qui orne mon front. Un appendice retrocaecal difficile à trouver [5]. L'incapacité à avaler le moindre médicament, gélule, ou comprimé. Une inappétence tenace pour les glaces.

Autre héritage de sa part, immatériel mais très important à mes yeux : ma bretonnance. En nantaise pur beurre, ma grand-mère était bretonne et aimait le rappeler. Elle avait inculqué cette appartenance à ma mère dès son plus jeune âge, qui nous l'a ensuite transmis. Pas sous l'angle détestable tel que Brassens le moquait dans "La ballade des gens qui sont nés quelque part", mais plus comme une différence géographique et culturelle à partager avec les autres. C'est à elle que je dois la distinction entre le beurre (salé, forcément) et le beurre fade... Elle conservait quelques us et coutumes anecdotiques de son enfance, notamment une habitude dont nous nous amusions beaucoup : l'usage d'une cuiller à soupe pour touiller son café, au petit-déjeuner ou au gouter. D'après elle, c'était un vieil usage breton, la petite cuiller n'était pas très utilisée dans sa jeunesse ; je n'ai jamais su si c'était très répandu, même si j'ai vu quelques petits vieux paysans faire de même dans les fermes du fin fond du Finistère.

Ce matin, j'enterre ma grand-mère. C'est le début d'une longue période de deuil, cela faisait bien longtemps que je n'avais pas autant pleuré. Avec elle disparaissent ces usages dont je vous parlais, de même que ses jurons ("Putain de moine !", quand quelque chose allait de travers) ou ses expressions favorites ("Minute, papillon !", pour tempérer notre impatience). Évidemment, je suis terriblement triste de ne plus pouvoir la voir, mais elle a vécu une longue vie, c'était dans l'ordre des choses que cela arrive. Il me reste mes souvenirs, les photos, les vidéos. Moi qui suis très attaché au souvenir, je suis tout particulièrement attristé par la disparition d'un témoin d'un XXème siècle et d'une fraction de la mémoire collective. C'est aussi un pan de l'histoire de notre famille qui s'éteint, des recettes de cuisine que je n'ai jamais réussi à refaire, des souvenirs de notre enfance et de nos premiers pas dans la vie qui s'effacent et qui sont perdus. A jamais.





(Ni fleurs, ni couronnes, ni commentaires).





(c) photo : Dark Botxy - original (licence : CC-ByCC-By-NDCC-By-NC).

Notes

[1] Mais je ne suis pas devenu un garçon facile, nanmého.

[2] Ça, ça m'a passé de toute façon.

[3] Même si, au collège ou au lycée, j'ai souvenir d'un bon nombre d'après-midi où la digestion de repas pantagruéliques a largement altéré mon attention en cours.

[4] Ce qui, fondamentalement, n'a pas trop changé. "Tout" viendrait-il de là ??

[5] Hum, bon, suite à une péritonite carabinée qui a failli me tuer il y a 20 ans, il a malgré tout été décidé de m'en débarrasser...

dimanche 9 janvier 2011

Exposition "L'Or des Incas"

Affiche de l'expo L'or des Incas Même si je suis curieux de nature, c'est probablement parce que j'ai été plongé très tôt dans l'univers des "Mystérieuses cités d'Or" que j'ai une fascination aussi intense pour les civilisations de l'Amérique précolombienne. Que ce soit pour leur art, leurs impressionnants exemples d'architectures, ou pour leurs connaissances tant astronomiques qu'agricoles, les Aztèques, les Incas ou les Mayas provoquent chez moi une admiration sans borne.

Quand j'ai eu connaissance de l'exposition "L'Or des Incas" (à la Pinacothèque, Paris, jusqu'au 06 février 2011), j'ai réorganisé un déplacement que j'avais à Paris en décembre pour pouvoir faire cette visite ; je n'ai pas été déçu.

Par les objets qu'elle regroupe, l'exposition retrace les 3000 ans de l'histoire des peuples précurseurs des Incas (de -1500 à 1500), des premières tribus à l'Empire qui s'est effondré avec l'arrivée des espagnols. Des dizaines de pièces sont exposées, avec le parti pris de démontrer l'importance et l'omniprésence de l'or : le métal précieux était utilisé pour communiquer avec les dieux, comme lien avec le soleil. Il n'est donc pas étonnant de trouver majoritairement de nombreux objets rituels, dédiés à la caste dirigeante ou aux chamans, en or ou en argent : des masques funéraires, des gobelets, des parures, des vêtements ou tissus qui ont traversé les temps. Les peuples Incas possédaient une grande maitrise des sciences, et notamment de la métallurgie : il est très impressionnant de voir dans leurs réalisations ce grand travail de précision, pourtant ouvragé avec des outils finalement assez primitifs.

J'ai trouvé cette expo très bien agencée et intéressante. Elle regroupe de nombreux objets précieux et rares de toute beauté, que l'on a pas beaucoup l'habitude de voir [1]. Les textes explicatifs sont clairs, assez concis, et les panneaux sont très pédagogiques. Et même pas rébarbatifs... J'ai bien peu de reproches à faire. Il manque peut-être quelques explications sur l'usage de certains des objets présentés (les noms sont bien indiqués, mais quid de leur utilité ou de leur usage, pas toujours évident pour les béotiens ?). De plus, la visite est un peu courte : environ 2h en prenant mon temps et en lisant tous les grands panneaux d'explications. Avec un droit d'entrée à plus de 10€, ça me parait un peu cher... La culture a un prix, et il est de moins en moins abordable.

J'ai failli dire qu'il y avait beaucoup trop de monde, mais en fait non, ça c'est de ma faute : quelle idée de faire un musée à Paris, un dimanche après-midi de Décembre, par un temps pluvieux ?? (restercalme) .

Si l'histoire des peuples précolombiens vous intéresse, je ne peux que vous inciter à vous rendre à cette exposition. Il est toujours émouvant de voir ces objets qui ont traversé les siècles pour arriver jusqu'à nous : impossible de ne pas penser aux hommes et aux femmes qui les ont utilisés, qui sont morts sous leurs coups, qui ont été sacrifiés avec ou qui en ont été parés au moment de leurs funérailles, rite commun à quasi totalité de l'Humanité. Ces reliques sont des témoignages d'un gigantesque empire qui s'est très vite effondré sous le feu nourri des espagnols. Un anéantissement qui rappelle qu'une civilisation tient à bien peu de choses, et qui devrait nous inciter à réfléchir encore et encore...

Notes

[1] Je n'ai pas encore mis les pieds au musée des Arts Premiers, au quai Branly, je suppose qu'il y a aussi de très belles pièces.

mercredi 22 décembre 2010

Mais c'est quoi ce truc ?

Objet non identifié Mes parents ont récupéré cet étrange objet il y a quelques temps, sur une plage de l'île de Batz, et depuis, nous nous perdons en conjectures sur ce que peut être cette chose.

Au départ, nous pensions qu'il s'agissait d'un plomb pour la pêche ou les filets, mais l'objet a des propriétés rigolotes qui ne collent pas avec cet usage : il est très dense, extrèmement lisse (comme poli), ne possède aucun point d'accroche, aucun anneau, ni aucun trou (pour passer un fil, par exemple, ou pour le rattacher à quelque chose d'autre). De plus, ce truc est fortement aimanté et il se repositionne vers le Nord quand on le tourne (cela ne peut pas être fortuit).

N'ayant aucune idée sur l'origine et l'usage de cet objet, je m'en remets à la sagesse et à la culture des visiteurs de ce blog : si vous savez ce dont il s'agit, laissez un commentaire ci-dessous.

En l'état actuel de nos connaissances, nous avons décrété que nous étions face à un item d'origine extraterrestre et que c'était probablement ça qui allait causer la fin du monde le 21/12/2012 (coupdechaud) . Détrompez-nous, siouplé.

mardi 12 octobre 2010

Intermède musical

Comme je n'arrive pas à finaliser trois billets qui trainent depuis 15 jours, voici un petit intermède musical plutôt d'actualité...

mardi 21 septembre 2010

Consommer autrement

Panier 1 Cela faisait plusieurs années que je cherchais, j'ai enfin trouvé mon bonheur : depuis une semaine, j'ai adhéré à une AMAP, une association pour le maintient de l'agriculture paysanne.

Le principe de cette association est simple : des consommateurs se regroupent et contractualisent avec un (ou des) agriculteur(s), lui versent par avance le montant d'un "abonnement" pour une durée prédéfinie, et en échange, l'agriculteur fournit de manière régulière des paniers de fruits et légumes, en fonction du contrat de départ.

Je suis un grand partisan de ce système (déjà cité et ), mais je n'en avais jamais trouvé une suffisamment pratique pour moi, qui n'ai pas de véhicule. Dans mon cas, l'association a été créée et est gérée par "mes" étudiants (bravo les enfants), les livraisons se font au boulot : idéal. On s'engage sur un nombre de paniers hebdomadaires à 5 ou 10€ : pour tester, j'ai pris 10 paniers à 10€ pour le moment, cela me mènera jusqu'en décembre et me permettra de jauger du système.

A mon sens, les AMAP sont un mode de consommation d'avenir. Elles permettent de maintenir des agriculteurs à proximité des villes, en leur fournissant un revenu stable, non gagé sur les cours des marchandises : c'est un système équitable entre le consommateur et le producteur, qui ne passe pas par les intermédiaires des grossistes ou grandes surfaces. Les prix sont justes : ils ne sont pas fixés dans une recherche de profit maximal mais par un équilibre entre ce que peut normalement espérer le producteur et ce qu'il est justifié de payer, sans avoir à engraisser les actionnaires d'un gros distributeur ou d'une grande surface.

Un autre avantage des AMAP est leur impact positif sur l'environnement. Depuis des années, je suis déjà vigilant, et consomme principalement des produits agricoles de saison et du département, excluant les tomates pâles d'Espagne ou les fraises hors-saison du Chili, etc. Avec les AMAP, c'est un principe acquis : les produits sont de saison, et d'une origine géographique restreinte. Les fruits et légumes ne font plus trois fois le tour de la planète, ils ne participent pas au gaspillage monstrueux d'énergie que cela représente. Ces structures seront indispensables quand le pétrole sera hors de prix... Les produits sont cueillis à quasi maturité, puisque le circuit de distribution est très court : cela garantit un goût et une fraicheur incomparable. A noter aussi que pas mal d'AMAP fonctionnent en agriculture biologique (ce n'est pas notre cas, même si les producteurs sont engagés dans une démarche raisonnée), cela a aussi un impact favorable sur l'environnement, évitant la pulvérisation de bonnes quantités de saloperies dans l'air, l'eau et nos assiettes...

La filière agricole se porte mal depuis plusieurs années, c'est un fait. Je n'ai jamais compris pourquoi ils ne se regroupaient pas pour créer des boutiques de distribution directe de leurs produits dans les quartiers. L'investissement ne serait pas énorme, mais le résultat assuré : tout le monde s'y retrouverait. La création récente des AMAP permet de corriger et compenser cette absence. Elles permettent au consommateur de redevenir acteur de sa consommation, de redécouvrir des goûts, des produits moins standardisés, voire des fruits et légumes mis de coté par les producteurs ou oubliés.

J'ai récupéré ce soir mon premier panier des fruits et légumes, je suis très content : cela correspond assez à ma consommation hebdomadaire, on verra quels compléments il faut que je fasse. Et comme j'ai le sentiment de bien faire en devenant membre de cette association, ça a encore meilleur goût, c'est sûr 8-) .

Ha, si, les mirabelles sont exquises.




A lire ailleurs : un billet sur le Framablog, faisant le parallèle entre les AMAP et le Logiciel Libre.

dimanche 12 septembre 2010

Les pièces du puzzle

Puzzled "J'ai toujours su que j'étais homo", "J'ai compris tout petit que j'étais homo"... Il n'y a aucune généralité dans ce domaine, cela se passe différemment pour chacun d'entre nous. Mais ces assertions m'ont toujours fait sourire au regard de ma propre expérience : il m'a fallu très longtemps avant de comprendre que j'étais gay. Pourtant, a posteriori, il m'arrive souvent d'avoir des flashbacks de moments qui auraient dû me mettre sur la voie !

1986, 9 ans - Au centre aéré, mon frère avait un pote que j'appréciais beaucoup. Clément avait 14 ans, et je rêvais souvent de lui. J'admirais sa pilosité déjà très avancée, et refusais de croire à son âge. Dans mon raisonnement d'enfant, seuls les adultes étaient poilus... Il m'avait même montré sa carte d'identité pour me prouver qu'il avait raison ! 24 ans après, j'ai toujours la même fascination pour la pilosité : ce n'est pas une lubie récente 0:-) .

1989, 12 ans - Au détour des balades avec mes parents sur les plages de Bretagne ou mes grands-parents sur les plages de Vendée, il était régulier de tomber sur des plages de cul-nus. La maison de mes grands-parents était d'ailleurs toute proche d'une plage naturiste. Contrairement à la nudité féminine, la nudité masculine ne me dérangeait pas à l'époque ; elle produisait même au contraire un léger trouble agréable et des réactions secondaires qui nécessitaient que je m'allonge d'urgence sur le ventre sur ma serviette de plage (coupdechaud) .

1991, 14 ans - Milieu du collège. Je trainais souvent avec T. et L. Avec quelques autres, nous formions un petit groupe de copains assez soudés, plutôt sages. J'éprouvais pour L. quelque chose de très ambigu, qui dépassait l'amitié. J'aimais les moments où nous étions ensemble, j'appréciais d'aller passer quelques samedis chez lui. Nous nous ressemblions beaucoup et avions énormément de points communs (ça s'est confirmé bien plus tard : j'ai découvert il y a quelques années sur Copains d'Avant qu'il avait un mari...).

1993, 16 ans - Pourquoi me sentais-je tant attiré par ce chanteur de country si viril ? Pourquoi est-ce qu'au club de badminton j'avais pris la responsabilité de la fermeture du gymnase, le soir, surveillant du coin de l'œil la sortie de douche des mecs ? En particulier du beau Bertrand, qui jouait si bien, et dont la femme était une cruche de premier ordre, doublée d'un terrible laideron ?

1994, 17 ans - La sortie du film Philadelphia m'ouvrit les yeux sur deux ou trois choses. On peut reprocher quelques aspects négatifs à ce film, mais il me permit de découvrir que deux hommes pouvaient être amoureux, pouvaient s'aimer, exactement comme dans un couple hétérosexuel. Il brisait l'image stéréotypique de l'homosexualité engendrée par la Cage aux folles, dans laquelle je ne reconnaissais pas. L'homosexualité prenait une nouvelle existence dans mon vocabulaire : ce n'était donc pas qu'une insulte dégradante ou des mecs qui mettent les robes de leur maman.

Cela peut faire sourire qu'on ait en tête ce genre de stéréotype à 17 ans, mais au début des années 90, on ne parlait pas aussi franchement d'homosexualité qu'aujourd'hui (à mon sens, les débats sur le PACS ont énormément fait progresser les mentalités). Et puis on ne parlait guère de sexe à la maison : ma mère m'avait donné assez tôt les informations de base sur les relations homme/femme, les bébés, touça, mais on ne m'avait jamais vraiment expliqué ce qu'était l'homosexualité (je ne suis pourtant pas né dans une famille stricte ou fermée). Et il n'y avait pas encore Internet pour se renseigner.

"PD" / "homo" : c'était une insulte courante au collège ou au lycée, je n'avais aucune conscience de ce que c'était exactement. Protégé au fond de ma campagne tourangelle, isolé dans mon tout petit lycée, à l'abri dans un cocon familial très protecteur, je ne pouvais pas imaginer autre chose, et vivais entre 17 et 20 ans une vie parfaitement hétérosexuelle avec mes copines. Naïf, rêveur, empêtré dans les normes, je n'imaginais pas autre chose.

Philadelphia m'a fait me poser mes premières questions sur mon identité sexuelle. Les choses se sont enchainées par la suite : la conscience d'être gay, à 20 ans, grâce à une rencontre décisive. Puis, après beaucoup d'hésitations, le franchissement du premier pas et l'acceptation à 21 ans. Ce fut une réelle découverte d'un pan entier de mon être, un lever de voile éminemment intime : je mettais enfin des mots et des sensations sur quelque chose qui était enfoui en moi, que je venais enfin de révéler. Comme si j'avais enfin mis en place toutes les pièces d'un puzzle.






(c) photo : Wenedeux - original (licence : CC-ByCC-By-CACC-By-NC).

dimanche 5 septembre 2010

Dossier A.

Dossier A Whilhelm Endre, riche homme d'affaire Autrichien, a une passion : l'Atlantide. Il possède des documents importants qui permettent de relancer la recherche de l'île mythique, et réuni donc une poignée de mécènes pour les inciter à mettre leurs moyens en commun. Pour repartir en quête, Endre engage Iriya, un archéologue japonais déchu. Mais les mécènes, qui se rencontrent pourtant anonymement et masqués, sont assassinés les uns après les autres par une société secrète chargée de la protection de l'Atlantide. Ils finissent même pas avoir Endre. Iriya part malgré tout à la recherche de l'île, accompagné par Yuli Endre, la fille de l'homme d'affaire, sur les traces du récit de Socrate et d'illustres archéologues qui auraient approché l'Atlantide, en tentant de déjouer tous les pièges dressés sur sa route.

La trame de ce nouveau manga, publié en France depuis un an, ne semble pas d'une extrême originalité : le thème a déjà été rabâché un bon nombre de fois. Néanmoins, Dossier A. se révèle très efficace et intéressant à la lecture. Les deux héros principaux, Iriya et Yuli, voyagent beaucoup, ils nous emmènent partout sur la planète. La trame historique est très riche et très détaillée, on sent que les auteurs se sont très largement documenté : il est difficile de démêler les vraies infos (vraies données des mythes et légendes) de la partie scénarisée. Beaucoup d'informations liées aux légendes grecques, aux récits de l'Iliade / Odyssée ou aux Timée et Critias correspondent à des données réelles : le scénario emprunte beaucoup de données "exactes" pour forger son histoire, et cela le rend encore plus réaliste.

Les scénaristes ont aussi établi de nombreuses liaisons entre légendes européennes et japonaises. Je ne sais pas si elles sont réelles ou non, c'est du domaine du plausible, mais c'est une idée bien trouvée, et cela appuie les habituelles annotations sur les traditions japonaises que font les traducteurs.

L'histoire est centrée sur Iriya, mais les narrateurs ont fait le choix, entre certaines séquences très rythmées, de s'attarder sur les histoires personnelles des autres personnages, même très secondaires. Certains de ces apartés sont drôles, touchants, émouvants même, et racontent des moments de vie des personnages, des décisions qu'ils ont pris, des évènements qu'ils ont vécu, et qui expliquent leur comportement, leur mode de vie ou leur folie. Cela peut avoir un lien avec la quête de l'Atlantide, ou non : certains récits n'ont rien à voir avec l'histoire générale :-) La mère d'Iriya me fait mourir de rire... J'ai lu à gauche ou à droite que cela agaçait certains lecteurs, que l'histoire n'avançait pas très vite, mais moi cela ne m'a pas perturbé, bien au contraire : j'aime bien cet attachement aux seconds couteaux, et cela leur donne beaucoup de profondeur au récit et d'existence.

Il y a actuellement 5 tomes publiés en France (le 6ème sortira en octobre). L'histoire se déclinerait en une quinzaine de tomes au Japon (j'ai lu 14, 15 et 16 sur différents sites...). On sait donc où l'on va et à quoi on s'engage en lisant ce manga (il n'y a pas de mauvaise surprise, ce n'est pas le cas de tous : certains peuvent cumuler des dizaines de tomes sans véritable fin, d'autres semblent plus ou moins abandonné, comme le génial mais presque inachevé XXX Holic).

A titre personnel, j'y ai trouvé un attrait supplémentaire à la lecture : je trouve Iriya, le héros, extrèmement sexy. Moui, je sais, il faut être sacrément désaxé pour trouver un héros de manga sexy, mais ce n'est pas la première fois. Ulysse, Audric (le père de Jayce), Rock (le samouraï de la Terre dans Yoroiden Samurai Torūpā) : je les collectionne et les affectionne :-) . Je dois avoir un problème avec la représentation masculine dessinée. Cela me rappelle une anecdote : à ma première visite du grand musée de Montpellier, le Musée Fabre, lorsque je me suis installé ici en 2000, je suis tombé fou amoureux d'un jeune homme d'une vingtaine d'année, anonyme, dont le portait avait été peint au XIXème siècle... Le petit portrait, qui ne devait pas faire 20cm de coté et de haut m'a littéralement transporté et fait fantasmer pendant des jours... (coupdechaud)

Bref, je m'égare.

Un thème pas trop original mais un excellent traitement et une grande richesse dans la documentation : vous passerez un très bon moment avec Dossier A. !

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